mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2402389 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 avril 2024 et le 10 juillet 2024, Mme A B et Messieurs Lionel, Keyne et Nans B, représentés par la société d'avocats Gaillard et Oster, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2023 par lequel le maire de la commune des Contamines-Montjoie a accordé à la SCCV Chalets Laska un permis de construire modificatif PC 07408518A0026M04, ensemble la décision du 8 février 2024 portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune des Contamines-Montjoie et la SCCV Chalets Laska une somme de 4500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les consorts B soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- le dossier de permis de construire modificatif est incomplet, imprécis et entaché d'erreurs en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire modificatif méconnait les prescriptions du PPNR qui classe le terrain d'assiette du projet en zones de risque torrentiel et avalanche ;
- le permis de construire modificatif méconnait les dispositions de l'article UH 4.1 du règlement du plan local d'urbanisme quant à la hauteur, de l'article UH 4.4. de ce document quant à la distance entre le projet de construction et la limite séparative de propriété ;
- il méconnait les dispositions de l'article UH 8 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ; l'accord du gestionnaire du domaine public, mentionné à l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme, fait d'ailleurs défaut dans le dossier de permis de construire modificatif ;
- il méconnait les dispositions de l'article UH 9.4. du règlement du plan local d'urbanisme quant à la gestion des ordures ménagères ;
- il méconnait les dispositions des articles UH 1 et UH 2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnait les dispositions de l'article UH 4.2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnait les dispositions des articles 1 et 2 de la zone Ap du règlement du plan local d'urbanisme sur laquelle le projet de construction est en partie édifié irrégulièrement.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 10 juin 2024 et le 28 août 2024, la commune des Contamines-Montjoie, représentée par la société d'avocats Itinéraires, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune des Contamines-Montjoie fait valoir que la requête est irrecevable et subsidiairement, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, la SCCV Les Chalets Laska, représentée par la société d'avocats Ballaloud, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SCCV Les Chalets Laska fait valoir que la requête est irrecevable et subsidiairement, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une lettre du 29 juillet 2024, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 3 septembre 2024, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 1er octobre 2024.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Letellier,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- les observations de Me Lacroix, représentant la commune des Contamines-Montjoie,
- et les observations de Me Planchet, représentant la SCCV Les Chalets Laska.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 8 avril 2019, le maire des Contamines-Montjoie a accordé un permis de construire à la société MGM pour la construction d'une résidence de tourisme de 48 logements et d'espaces collectifs, répartis en quatre bâtiments, sur des parcelles situées 297 Chemin des Drêts, sur le territoire communal. Le permis de construire a été transféré à la SCCV Les Chalets Laska. Le 5 juin 2023, la SCCV Les Chalets Laska a déposé une demande de permis de construire modificatif n° 4. Par arrêté du 27 octobre 2023, le maire de la commune des Contamines-Montjoie a accordé à la SCCV Chalets Laska ce permis de construire modificatif PC 07408518A0026M04. Les consorts B sont propriétaires d'une parcelle cadastrée à la section B n° 769 d'une surface de 661 m² sur laquelle est édifié un chalet. Cette parcelle se situe à l'extrémité du projet de construction, à proximité du bâtiment D. Le 20 décembre 2023, ils ont présenté un recours gracieux qui a été rejeté par décision du 8 février 2024.
Sur la recevabilité des conclusions d'annulation :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Le permis de construire modificatif du 27 octobre 2023 autorise la modification du tracé de la voirie, des abords, de l'unité foncière, de la volumétrie, de la hauteur, de la surface de plancher, portée de 5113 m² à 5270 m², des façades et du nombre de logements.
5. Les requérants soutiennent qu'en leur qualité de voisins immédiats, les modifications apportées au permis de construire initial affectent leurs conditions de jouissance dès lors que la construction a été édifiée en partie sur leur terrain, qu'elle a entrainé la suppression de la partie du chemin des Drêts qui desservait jusqu'alors leur parcelle et qui se trouve désormais enclavée et que les modifications apportées à la construction affectent les conditions de jouissance de leur bien.
6. Toutefois, et en premier lieu, si les requérants invoquent l'existence de 59 tirants d'ancrage implantés irrégulièrement dans leurs tréfonds, il ressort des pièces du dossier que ceux-ci résultent des travaux exécutés en application du permis de construire initial, lesquels ont été portés devant le juge pénal et que le permis de construire modificatif n° 4 n'a pas pour objet de régulariser.
7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de masse du dossier de permis de construire initial et des photographies de l'état existant que l'accès à leur parcelle, qui se situe à l'extrémité du chemin des Drêts, se fait à la jonction des parcelles OB n° 2498 et n° 874, l'accès à leur chalet situé sur la parcelle B n° 769 se faisant à pied. Il ressort du plan de masse du permis de construire modificatif n° 4 que l'accès à la parcelle des requérants se fait désormais par une voie nouvelle créée sous la forme d'une servitude de passage et de tréfonds à créer. Celle-ci se termine également à la jonction des parcelles n° 2498 et n° 874. Ainsi, leur parcelle ne se trouve pas enclavée du fait du permis de construire modificatif n° 4 et les conditions d'accès à leur parcelle ne sont pas aggravées.
8. En dernier lieu, les requérants invoquent la création d'ouvertures sur la façade Sud du bâtiment D qui donnent sur leur tènement. Toutefois, il ressort de la notice descriptive et des plans de coupe du bâtiment D que ces modifications se limitent à la suppression d'un balcon installé en façade Ouest en R+4, donnant en son extrémité sur la façade Sud et en la création d'une fenêtre en rez-de-chaussée sur la façade Sud qui n'offre pas de vue sur leur chalet. Par ailleurs, il ressort de la notice descriptive que le permis de construire modificatif n° 4 accroît la hauteur du bâtiment D de 37 cm, en dessous de 18 m, par rapport au permis de construire initial, ce qui est ténu. En outre, le projet de construction est porté de 48 à 53 logements, correspondant à une surface de plancher supplémentaire de 157 m², dont la pétitionnaire précise qu'elle est permise par la fermeture de balcons dans le bâtiment A et que l'augmentation du nombre de logements s'opère à volumétrie constante. Pour l'ensemble de ces modifications autorisées par le permis modificatif au projet de construction initial, les requérants ne précisent pas en quoi elles portent, de par leur nature, leur importance ou leur localisation, une quelconque atteinte supplémentaire aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien. Dans ces conditions, et eu égard aux explications et pièces fournies par la pétitionnaire, les requérants ne justifient pas, à l'appui des conclusions tendant à l'annulation pour excès de pouvoir du permis de construire modificatif contesté, d'un intérêt à agir au regard des exigences de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme malgré leur qualité de voisins immédiats.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres fins de non-recevoir tirées de la tardiveté de la requête, que les conclusions d'annulation présentées par les consorts B sont irrecevables et, par suite, doivent être rejetées.
Sur les frais de justice :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune des Contamines-Montjoie et de la SCCV Les Chalets Laska, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que les consorts B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la commune des Contamines-Montjoie et par la SCCV Les Chalets Laska au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :La requête des consorts B est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la commune des Contamines-Montjoie et la SCCV Les Chalets Laska présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme A B, en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, la SCCV Les Chalets Laska et à la commune des Contamines-Montjoie.
Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026