mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2402529 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 3 |
| Avocat requérant | MARGAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2024, Mme B, représentée par Me Margat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2024 par lequel la préfète du Rhône a ordonné sa remise aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète du Rhône, dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile, de lui remettre le dossier de demande d'asile et de l'admettre au séjour en qualité de demandeur d'asile ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que l'arrêté :
- méconnaît l'article 4 du règlement UE n°604/2013 et l'article 29 du règlement n°603/2013 dès lors qu'il n'est démontré ni qu'elle a été informée dans une langue qu'elle comprend des conditions d'application du règlement, ni que lui ont été remises les brochures d'information A et B ;
- méconnaît l'article 5 du règlement UE n°604/2013 relatif aux conditions dans lesquelles l'entretien a été mené ;
- est insuffisamment motivé, est entaché d'erreur de fait et est entaché d'un défaut d'examen sérieux ;
-méconnaît l'article 17 du règlement UE n°604/2013 et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2024, la préfère du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- les règlements (UE) n° 603/2013 et n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Triolet, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Bonino, greffière d'audience, Mme Triolet a lu son rapport et entendu les observations de Me Margat, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante angolaise née en décembre 1952, est entrée en France le 15 janvier 2024. Elle a formé une demande d'asile auprès de la préfecture du Rhône le 22 janvier 2024. La consultation d'un fichier informatique a révélé qu'elle était titulaire d'un visa délivré par les autorités allemandes, valable du 5 septembre 2023 au 4 septembre 2025. Le 16 février 2024, les autorités allemandes ont explicitement accepté sa réadmission dans le cadre de l'examen de sa demande d'asile. La préfète du Rhône a ordonné sa remise aux autorités allemandes par l'arrêté contesté du 28 mars 2024.
Sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme B de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
3. En premier lieu, la préfète justifie par des copies de la première page de chacune des deux brochures d'information revêtues de la signature de l'intéressée, qu'elles ont bien été remises à Mme B en langue française, langue dans laquelle s'est déroulé l'entretien et qu'elle a déclaré comprendre. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il résulte de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 que le demandeur d'asile doit pouvoir bénéficier d'un entretien individuel par une " personne qualifiée en vertu du droit national ". En l'espèce, le compte-rendu de cet entretien mentionne qu'il a été conduit par un agent qualifié de la préfecture de l'Isère. En l'absence de tout élément de preuve contraire, cette mention suffit à regarder cet agent comme ayant la qualité requise au sens de l'article 5 du règlement.
5. En troisième lieu, l'arrêté en litige énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde et contient des éléments précis justifiant que la demande d'asile de l'intéressée relève de la compétence des autorités allemandes, qui ont délivré le visa ayant permis à Mme B d'entrer dans l'espace Shenghen. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée.
6. En quatrième lieu, il ressort du compte-rendu de l'entretien mené le 22 janvier 2024 que Mme B a dit n'avoir aucune famille en France et n'a pas fait état de problèmes de santé. La décision attaquée précise que lorsqu'elle s'est présentée en préfecture le 28 mars 2024, jour de la décision, elle a produit diverses ordonnances ne permettant pas de caractériser un état de vulnérabilité ou une situation médicale empêchant sa réadmission.
7. En se bornant à faire état de ce qu'elle est âgée de 72 ans, présente des troubles de santé et aurait une sœur en France, la requérante n'établit aucun défaut d'examen alors que les deux premières circonstances ont été évoquées, sans erreur, dans la décision et que la troisième n'était pas connue du préfet.
8. Par ailleurs, Mme B ne justifie de son identité que par la seule production d'un acte de naissance en portugais. Elle indique que le passeport délivré le 2 janvier 2023 et lui ayant permis d'obtenir un visa des autorités allemandes lui aurait été volé dans des circonstances non précisées, ce que la chronologie de son voyage ne tend pas à accréditer dès lors qu'elle a quitté l'Angola le 14 janvier 2024 et est arrivée en France le lendemain avant de demander l'asile le 22 janvier 2024. Ainsi et en admettant même que la personne dont elle produit le récépissé de demande de titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire serait effectivement sa sœur, cette éventuelle erreur de fait demeure, en l'espèce, sans incidence sur le sens de la décision ainsi qu'il va être dit au point suivant. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut d'examen doivent être écartés.
9. En cinquième lieu, Mme B soutient être isolée en Allemagne alors que sa sœur réside à Grenoble. Toutefois et alors qu'elle a dit n'avoir pas de famille en France lors de l'entretien préalable, la requérante ne justifie pas de liens particuliers et intenses avec cette sœur en se bornant à produire le récépissé de demande de titre de séjour de celle-ci. Par ailleurs, les éléments médicaux versés au dossier, essentiellement composés d'ordonnances et dépourvus de certificat médical, ne permettent pas de considérer que Mme B ne pourrait recevoir des traitements appropriés en Allemagne. Dans ces circonstances, la préfète du Rhône n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation en décidant de sa remise aux autorités allemandes au lieu de mettre en œuvre la clause dérogatoire de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Margat et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2024.
La magistrate désignée,
A. TRIOLETLa greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026