mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2402819 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MARGAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 avril 2024, M. B A, représenté par Me Margat, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision orale du 19 mars 2024 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, renouvelable jusqu'à la délivrance du titre de séjour ou jusqu'à qu'il soit statué au fond sur sa demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de l'Isère, de réexaminer sa situation dans un délai de 30 jours à compter de l'ordonnance à intervenir et, dans l'attente, d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans un délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir jusqu'à la délivrance du titre de séjour ou jusqu'à qu'il soit statué au fond sur sa demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence est remplie ; la décision en litige le maintient dans une situation précaire dès lors qu'outre le refus de délivrance d'un titre de séjour de plein droit, aucune attestation de prolongation d'instruction ne lui a été remise, ce qui l'empêche de travailler et de percevoir des prestations sociales ; n'ayant pas d'hébergement, il est hébergé de manière précaire chez un tiers ; sa conjointe et ses enfants dont l'un bénéficie du statut de réfugié, ont vocation à demeurer en France et sont hébergés dans un centre d'hébergement d'urgence ;
- il existe un doute sérieux concernant la légalité de la décision en litige :
*elle est entachée d'incompétence ;
*elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour en méconnaissance de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
*elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
*elle méconnaît l'article R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
*elle méconnaît les articles L. 424-1, L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
*elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
*elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
*elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- aucune décision orale refusant de délivrer un titre de séjour à M. A n'a été prise dès lors que le requérant a sollicité de sa propre initiative un rendez-vous pour retirer son titre de séjour alors qu'aucun titre de séjour n'a été émis et que sa demande de titre de séjour est toujours en cours d'instruction ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens n'est sérieux.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2402681 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bedelet, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 7 mai 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme Bedelet, juge des référés ;
- les observations de Me Mathis représentant M. A qui fait valoir, en outre, que lorsque le titre de séjour est disponible, les services de la préfecture adressent un message " SMS " à l'étranger l'invitant à prendre rendez-vous pour la remise de son titre de séjour.
Le préfet de l'Isère n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été produite le 7 mai 2024 pour M. A qui n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de suspension d'exécution :
2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
3. M. A, ressortissant guinéen et entré en France à la fin de l'année 2017, a sollicité le 20 octobre 2023 la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant réfugié. Le conseil de M. A fait valoir, au cours de l'audience, que lorsqu'un titre de séjour est disponible, les services de la préfecture adressent un message " SMS " à l'étranger l'invitant à prendre rendez-vous pour retirer son titre de séjour. M. A soutient également, dans ses écritures, qu'il s'est présenté au guichet de la préfecture le 19 mars 2024 pour retirer son titre de séjour conformément à la convocation du 8 mars 2024 mais que l'agent qui l'a reçu a refusé de lui remettre son titre de séjour au motif d'une divergence entre la date de naissance figurant sur son passeport et celle figurant sur l'attestation de demande d'asile. M. A doit ainsi être regardé comme demandant au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision orale du 19 mars 2024 portant refus de lui remettre son titre de séjour. Cependant, il n'apporte pas la preuve de la réception d'un message SMS des services de la préfecture l'invitant à prendre rendez-vous pour retirer son titre de séjour. Par ailleurs, la production de la convocation du 8 mars 2024 ne suffit pas à établir la véracité de ses allégations alors que le préfet de l'Isère fait valoir que le requérant a sollicité de sa propre initiative un rendez-vous pour retirer son titre de séjour et qu'aucun titre de séjour n'a été émis pour le moment. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas l'existence d'une décision orale de refus de remise d'un titre de séjour. Ainsi, les conclusions à fin de suspension de la décision en litige, qui sont irrecevables, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions d'injonction et les conclusions présentées au titre des frais irrépétibles doivent être rejetées.
O R D O N N E
Article 1er :M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :La requête de M. A est rejetée.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Margat et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 21 mai 2024.
La juge des référés,
A. Bedelet
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2402819
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026