mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2402933 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | VIAL-GRELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 avril 2024, M. E A, représenté par Me Vial-Grelier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté, en date du 17 avril 2024, par lequel le préfet de la Savoie l'a assignée à résidence pour une durée de 45 jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant ;
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de l'arrêté du 26 octobre 2023 portant obligation de quitter le territoire français ;
- le signataire de l'acte était incompétent ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a délégué à M. C les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 30 avril 2024 à 14h, le magistrat désigné a présenté son rapport, et entendu les observations de Me Vial-Grelier.
La clôture de l'instruction a, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, été prononcée à 14h30.
Considérant ce qui suit :
1.M. E A, ressortissant albanais né le 5 août 1986, déclare être entré irrégulièrement en France le 1er novembre 2021. Il a sollicité le statut de réfugié qui lui a été refusé par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 9 mai 2022, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 19 septembre 2022. Par un arrêté du 26 août 2022, il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français, qu'il s'est abstenu d'exécuter malgré le rejet du recours qu'il avait formé à son encontre par un jugement du 1er décembre 2022 du tribunal de céans. Le 25 octobre 2023, il a été interpellé et a fait l'objet le lendemain d'un second arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour pour une durée de deux ans, qu'il n'a pas contesté. Par sa requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 17 avril 2024, notifié le 24, par lequel le préfet de la Savoie l'a assigné à résidence pour une durée de quarante cinq jours avec obligation de se présenter trois fois par semaine au poste de gendarmerie du Val d'Arc.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2.Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de l'assignation à résidence :
3.Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-1 du même code : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".
4.En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par Mme D B, directrice de la citoyenneté et de la légalité de la préfecture de la Savoie, qui disposait d'une délégation de signature concernant la police des étrangers, consentie par un arrêté du 25 février 2022, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Savoie. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
5.En deuxième lieu, la décision par laquelle le préfet de la Savoie a assigné à résidence M. A énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, notamment la circonstance qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai le 26 octobre 2023 et a déjà été assigné à résidence pour une durée de six mois le même jour, et permettent ainsi à l'intéressée de la contester utilement. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.
6.En troisième lieu, M. A soutient que la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant en raison de l'état de santé de deux de ses enfants, dont l'un souffre du syndrome de Goldenhar et l'autre est suivie en neurologie pour des soupçons d'épilepsie et doit être hospitalisée le 13 mai prochain pour une mise en traction suite à un dépistage tardif d'une luxation de la hanche. Cependant, l'illégalité d'un acte administratif non réglementaire ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. Une exception d'illégalité soulevée à l'encontre d'une décision individuelle n'est recevable que tant que cette décision ne présente pas de caractère définitif. Une décision administrative devient définitive à l'expiration du délai de recours contentieux ou, si elle a fait l'objet d'un recours contentieux dans ce délai, à la date à laquelle la décision rejetant ce recours devient irrévocable. Or, si M. A excipe de l'illégalité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai du 26 octobre 2023, notifié le même jour, celui-ci est devenu définitif dès lors qu'il n'est pas même allégué qu'il aurait fait l'objet d'un recours introduit dans les délais de recours contentieux. Par suite, l'exception d'illégalité soulevée par M. A à l'encontre de l'arrêté en litige portant assignation à résidence du 17 avril 2024 n'est pas recevable.
7.En quatrième lieu, si M. A fait valoir que sa femme est enceinte et arrivera à terme dans le courant de l'été, que sa plus jeune fille sera hospitalisée le 13 mai prochain, et que ses enfants doivent se rendre à divers rendez-vous médicaux, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'obligation qui lui est faite de se présenter trois fois par semaine au poste de gendarmerie du Val d'Arc serait de nature à l'empêcher d'assumer ses obligations familiales. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que cette mesure méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant.
8.Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ces dispositions faisant obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par le requérant à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête susvisée de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de la Savoie, ainsi qu'à Me Vial-Grelier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
Le magistrat désigné,
N. CLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2402933
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026