mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403052 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DABBAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mai 2024, Mme B D, représentée par Me Dabbaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 février 2024 par lequel le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande de reconnaissance de la qualité d'apatride ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de lui accorder le statut d'apatride dans un délai de 2 mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnait l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2024, l'Office français de protection des refugies et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de Mme D ne sont pas fondés.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sauveplane,
- les conclusions de Mme A,
- et les observations de Me Dabbaoui, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, qui indiquait initialement être née à Moussoul (Irak), est entrée en France en juillet 2001 alors âgée de 3 mois, avec ses parents. La demande d'asile de ses parents a été définitivement rejetée par la Commission de recours des réfugiés le 19 octobre 2006. Elle est titulaire d'un titre de séjour valable du 30 juillet 2020 jusqu'au 29 juillet 2024. Elle a projeté de se marier avec son concubin mais en raison de l'absence d'état-civil, le maire de la Roche-sur-Foron a refusé de célébrer cette union. Elle a alors sollicité la reconnaissance de la qualité d'apatride auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui lui a été refusée par une décision du 27 février 2024.
2. En premier lieu, la décision mentionne les circonstances de fait et de droit qui la fondent. Par suite, elle est suffisamment motivée.
3. En second lieu, d'une part, la seule circonstance que Mme D est dépourvue d'état-civil ne saurait valoir preuve de sa qualité d'apatride. D'autre part, il lui revient d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées auprès du ou des Etats de la nationalité desquelles elle se prévaut, ont refusé de donner suite à ses démarches. Or en l'espèce, Mme D n'apporte la preuve que d'une seule démarche auprès de l'ambassade d'Irak à Paris pour l'obtention d'un passeport mais qui n'a pas pu aboutir en raison de la fermeture du système de délivrance des passeports. Par suite, elle ne peut être regardée comme apportant la preuve que l'Irak ne la reconnaitrait pas comme un de ses nationaux. De surcroit, Mme D ne revendique plus à présent la nationalité irakienne, mais affirme pour la première fois, que sa mère serait de nationalité arménienne et qu'elle serait née en Allemagne, tout en ayant entretemps changé son état-civil, mais sans apporter toutefois la preuve d'aucune démarche auprès de ces pays, à l'exception d'un courriel envoyé au consulat d'Arménie à Lyon mais postérieur à la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de la convention de New-York doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être également écarté.
4. En dernier lieu, la reconnaissance du statut d'apatride est exclusivement régie par la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant.
5. Si l'absence d'état civil est de nature à empêcher Mme D de se marier en France, il lui revient de saisir le juge judiciaire pour que celui-ci, par un jugement déclaratif de naissance, lui reconstitue un état-civil.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 27 février 2024 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Il y a donc lieu de rejeter, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme B D et à l'Office français de protection des refugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme E, première-conseillère,
- Mme C, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
C. E
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026