jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403055 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BODARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mai 2024, Mme F, représentée par Me Bodard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 novembre 2023 par laquelle le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de l'admettre au séjour en qualité d'étranger malade ;
2°) d'enjoindre au préfet à titre principal de lui délivrer une carte de séjour temporaire, ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, au profit de Me Bodard.
Elle soutient que :
- le signataire de l'acte attaqué ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnait l'article L. 426-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnait son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2023, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de Mme F ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 12 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 26 septembre 2024.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 février 2024.
Vu l'ordonnance du 30 avril 2024 du vice-président du Tribunal administratif de Pau renvoyant la requête de Mme F au tribunal administratif de Grenoble.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Sauveplane a été entendu au cours de l'audience publique ; les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, ressortissante congolaise née le 18 novembre 1983 à Brazzaville (République du Congo), est entrée en France le 6 mars 2020 pour déposer une demande d'asile qui a été définitivement rejetée par un arrêt de la Cour nationale du droit d'asile du 14 septembre 2021. Elle a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français le 15 octobre 2021 à laquelle elle n'a pas déféré. Elle alors déposé le 21 juillet 2023 une demande de titre de séjour en raison de son état de santé. Par avis du 31 octobre 2023, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que si son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle pouvait toutefois bénéficier d'un traitement effectif dans son pays d'origine. Il a également estimé que son état de santé était compatible avec un voyage sans risque. Par décision du 27 novembre 2023, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a rejeté la demande de Mme F.
2. En premier lieu, M. Martin Lesage, secrétaire général de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a reçu délégation par arrêté du 2 octobre 2023, régulièrement publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer notamment les décisions relevant des attributions de l'Etat, au nombre desquelles figure la décision attaquée de refus d'admission au séjour. Par suite, le moyen n'est pas fondé et doit être écarté.
3. En second lieu, la décision mentionne, au visa de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que si son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle pouvait toutefois bénéficier d'un traitement effectif dans son pays d'origine et qu'elle pouvait également voyager sans risque et que les conditions posées par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étaient pas remplies pour l'admettre au séjour. Par suite, la décision, qui mentionne les circonstances de fait et de droit qui la fondent, est suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, il est constant que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que Mme F pouvait bénéficier d'un traitement dans son pays d'origine. Cette constatation n'est pas remise en cause par le certificat du 1er avril 2024 d'un médecin du centre hospitalier universitaire de Brazzaville qui ne conclut pas à l'indisponibilité des traitements au Congo mais à leur caractère onéreux. Par suite, le préfet n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant d'admettre au séjour Mme F. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
5. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de la requérante.
6. En dernier lieu, Mme F n'est présente en France que depuis mars 2020 alors qu'elle a vécu le reste de sa vie dans son pays d'origine où elle a nécessairement des attaches personnelles et familiales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 27 novembre 2023. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, ses conclusions accessoires à fin d'injonction ainsi que celles de son avocat tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de Me Bodard tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme D F, à Me Bodard et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme B E, première-conseillère,
- Mme C A, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
C. E
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026