mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403097 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LE NORMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mai 2024 et un mémoire du 27 mai 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Soho Habitat, représentée par Me Le Normand, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 5 mars 2024 du préfet de la Haute-Savoie, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie, dans un délai de cinq jours à compter du jugement à intervenir, d'écrire à l'ensemble des communes de la Haute-Savoie, au département de la Haute Savoie, à la direction départementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS), à la direction de l'habitat, l'urbanisme et des paysages (DHUP), mais aussi à l'union sociale pour l'habitat (USH) et la fédération des promoteurs immobiliers (FPI), leur indiquant que l'instruction du 5 mars 2024 est illégale en ce qu'elle prévoit une nouvelle pièce dans le cadre de l'instruction des permis de construire et la création d'une nouvelle procédure d'examen de la conformité des travaux, avec un nouveau motif de refus de délivrance de la DAACT et ne doit pas être appliquée ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La lettre du 5 mars 2024 du préfet de la Haute-Savoie est un acte faisant grief ;
- Il y a urgence à suspendre la lettre du 5 mars 2024 qui fragilise la confiance portée par les collectivités locales et les sociétés immobilière à la SAS Soho Habitat ;
- Il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 5 mars 2024 qui crée une nouvelle demande de pièce à sollicité par l'autorité compétente pour instruire le permis de construire et une nouvelle procédure d'examen de la conformité des travaux et d'un nouveau motif de refus de délivrance de la DAACT.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable : le courrier du 5 mars 2024 n'est pas un acte faisant grief ;
- il n'y a pas urgence ;
- aucun des moyens n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Vu :
- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 mai 2024 sous le numéro 2403098 par laquelle la SAS Soho Habitat demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 28 mai 2024 en présence de Mme Jasserand, greffier d'audience, M. B a lu son rapport et entendu Me Le Normand pour la SAS Soho Habitat et Mmes A et Fossorier pour le préfet de la Haute-Savoie.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " A ceux de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () "
2. Les documents de portée générale émanant d'autorités publiques, matérialisés ou non, tels que les circulaires, instructions, recommandations, notes, présentations ou interprétations du droit positif peuvent être déférés au juge de l'excès de pouvoir lorsqu'ils sont susceptibles d'avoir des effets notables sur les droits ou la situation d'autres personnes que les agents chargés, le cas échéant, de les mettre en œuvre. Ont notamment de tels effets ceux de ces documents qui ont un caractère impératif ou présentent le caractère de lignes directrices.
3. Par une lettre du 5 mars 2024 adressées aux maires du département de la Haute-Savoie et aux présidents d'établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière d'aménagement et d'autorisation d'urbanisme, le préfet de la Haute-Savoie a attiré l'attention des destinataires sur un montage concernant le conventionnement " Loc'Avantages " appliqué aux programmes en vente en l'état futur d'achèvement (VEFA). Le préfet a mentionné la société Soho Habitat comme un opérateur ayant approché les promoteurs immobiliers qui envisagent de vendre à des particuliers des logements soumis à une servitude de mixité sociale. Le préfet a estimé qu'il s'agissait d'un produit qui ne répondait pas, en ce qui concerne la construction de logements neufs, à l'ambition politique locale concernant la mixité sociale et la production de logements sociaux. Le préfet a invité les autorités chargées de délivrer les permis de construire à demander au pétitionnaire, au stade de l'instruction, d'identifier le bailleur social qui se portera acquéreur des logements et de préciser le type de logements sociaux prévus. Le préfet a rappelé que les logements conventionnés " Loc'Avantages " ne font pas partis des logements financés par un prêt aidé par l'Etat, tels qu'identifiés dans le code de l'urbanisme. Enfin, le préfet invite également les autorités chargées de délivrer les permis de construire de s'assurer, avant de délivrer la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux, de s'assurer que les termes du permis de construire sont respectés notamment s'agissant des règles de mixité sociale en vigueur.
4. Il ressort de l'instruction que la lettre du 5 mars 2024 n'a aucun caractère impératif ni ne présente le caractère de lignes directrices. Par suite, cette lettre ne peut pas faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
5. En tout état de cause, à supposer que la lettre du 5 mars 2024 du préfet de la Haute-Savoie puisse faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, la société Soho Habitat fait valoir, pour justifier l'urgence, d'une part les risques importants que les prescriptions contenues dans la lettre du 5 mars 2024 font peser sur les actes des collectivités locales, et d'autre part, qu'elle a pour effet d'évincer la société Soho Habitat en conservant le caractère social aux seuls logements ayant fait l'objet d'un agrément. Toutefois, ainsi qu'il a été déjà dit, la lettre du 5 mars 2024 n'a aucun caractère impératif ; elle n'a donc aucune incidence sur la délivrance des permis de construire par les collectivités territoriales ni sur l'activité de la société Soho Habitat, dans la mesure où la lettre du préfet n'a pas pour objet ni pour effet d'interdire le conventionnement " Loc'Avantages ". Par suite, les éléments invoqués ne caractérisent pas une situation d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SAS Soho Habitat ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de la SAS Soho Habitat est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Soho Habitat et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Savoie.
Fait à Grenoble, le 29 mai 2024.
Le juge des référés,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026