jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403686 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ALBERTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mai 2024, M. A B, représenté par Me Albertin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel le préfet de la Drôme a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de :
- lui délivrer le titre de séjour sollicité dans les deux mois qui suivront la notification du jugement à intervenir et dans l'attente de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
- ou bien de réexaminer son dossier dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et dans l'attente de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros qui sera versée à Me Albertin sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou directement à lui sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour :
o est entachée d'incompétence ;
o méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
o doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
o méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
Par ordonnance du 3 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 20 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Thierry, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né en 1979, demande l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel le préfet de la Drôme a rejeté la demande de titre de séjour qu'il avait formé le 15 mars 2024, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, M. Cyril Moreau, secrétaire général de la préfecture de la Drôme et signataire de l'arrêté en litige, avait reçu une délégation de signature consentie par arrêté du préfet de la Drôme du 14 mars 2024 régulièrement publié, lui donnant compétence pour signer les décisions de refus et de retrait de titres de séjour et les mesures d'éloignement du territoire français. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
5. M. B expose qu'il a quitté en 2010 le Maroc pour l'Italie où il a trouvé du travail et obtenu un titre de séjour. Bien qu'ayant obtenu en 2021 un titre de séjour valable dix ans sur le territoire italien où il est ainsi censé avoir fixé le centre de ses intérêts, il indique être entré en France le 9 janvier 2018, où il a travaillé, et ne l'avoir quittée que brièvement, en 2021. Les pièces produites par M. B ne permettent toutefois d'établir sa présence stable sur le sol français qu'à partir du début de l'année 2021. Après avoir travaillé à temps partiel pendant six mois non consécutifs pour l'entreprise " pain précieux ", il a conclu un contrat de travail à durée indéterminée et à temps plein avec la société " MMS pièces auto " et dont il produit les bulletins de salaire sur une période continue d'un an. M. B démontre ainsi une certaine intégration professionnelle. Toutefois, il est célibataire et sans enfant, n'est pas démuni de famille dans son pays d'origine, bien que l'un de ses frères vive en France, et ne fait pas état d'une intégration sociale ou amicale particulière. Dans ces circonstances, compte tenu de la durée assez brève de son séjour en France où il s'est installé après ses quarante ans, et de la courte durée de son travail à plein temps, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Drôme a entaché son appréciation d'une erreur manifeste dans l'application des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En troisième lieu, dans ces mêmes circonstances, il n'est pas non plus fondé à soutenir que la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède, qu'aucun des moyens soulevés par M. B contre la décision de refus de titre de séjour n'est fondé. Dès lors, M. B n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour.
8. Dans les circonstances rappelées au point 5, il n'est pas non plus fondé à soutenir que cette décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur les conclusions à fin d'injonction et sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les conclusions à fin d'annulation de M. B devant être rejetées, il s'ensuit que doivent l'être également, ses conclusions à fin d'injonction, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution.
10. Ses conclusions tendant à ce que soit mise à charge de l'Etat une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées, ces dispositions faisant obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Drôme
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. Hamdouch, premier conseiller,
Mme Paillet-Augey, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le président,
P. Thierry L'assesseur le plus ancien,
S. Hamdouch
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24036862
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026