vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403737 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BORGES DE DEUS CORREIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mai 2024, M. C B, représenté par Me Borges de Deus Correia, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridique provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté n° 2024/74/315 du 29 mai 2024 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte journalière de 150 euros et, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail et de procéder à l'effacement de son signalement du fichier Schengen, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- l'arrêté est entaché de l'incompétence de son signataire ;
- il est entaché d'une méconnaissance du droit à être entendu ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- son état de santé fait obstacle à son éloignement ; le préfet aurait dû saisir le collège des médecins de l'OFII, ce qui entache la décision d'un vice de procédure ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
- la décision le privant de tout délai de départ volontaire est entachée d'un vice de procédure, d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation ;
- la décision lui interdisant le retour sur le territoire français est entachée d'une erreur de fait, d'une d'erreur d'appréciation, d'une insuffisante motivation et méconnait son droit à une vie privée et familiale qui s'exerce en France ; son état de santé et ses perspectives professionnelles constituent un motif humanitaire faisant obstacle à la mesure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2024, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés et présente une demande de substitution de base légale, la mesure d'éloignement pouvait également être prononcée en application du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étranger et du droit d'asile dès lors que l'intéressé n'a pas cherché à régulariser son droit au séjour.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Letellier,
- et les observations de Me Huard, substituant Me Borges de Deus Correia, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant tunisien âgé de 35 ans, serait arrivé en France le 8 mars 2010. Il a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de travailleur saisonnier du 17 septembre 2010 au 16 septembre 2013, puis du 14 février 2017 au 13 février 2018, en qualité d'étranger malade. Il a ensuite fait l'objet de mesures d'éloignement, notamment par arrêtés du 9 août 2018 et 15 novembre 2019. Aucune de ces mesures n'a été exécutée. Par arrêté du 29 mai 2024, le préfet de la Haute-Savoie l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a désigné le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'arrêté attaqué :
4. Par un arrêté du 15 décembre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs le même jour, le préfet de la Haute-Savoie a donné à Mme D A, adjointe à la cheffe de bureau de l'asile et de l'éloignement, délégation pour signer des actes limitativement énumérés parmi lesquels figurent les décisions relatives à l'éloignement et à l'interdiction de retour sur le territoire français des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
6. Le requérant soutient qu'il n'a pas été mis en mesure de décrire sa situation sur le territoire français avant adoption de l'obligation en litige notamment sur son ancienneté sur le territoire français, son état de santé, son insertion par le travail et les condamnations pénales anciennes prononcées contre lui. Toutefois, il ressort des mentions figurant dans le procès-verbal de son audition par les services de la police nationale, document transmis au préfet, qu'il a pu présenter toutes les observations qu'il jugeait utiles. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance, par cette obligation, de son droit d'être entendu doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et de la précision des mentions figurant dans l'arrêté en litige que, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet a procédé à un examen complet de sa situation. Le moyen tiré d'un défaut d'examen doit être écarté comme non fondé.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " L'étranger mineur de dix-ans ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ".
9. A la date de la décision attaquée, le requérant était âgé de plus de dix-huit ans. Par conséquent, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Savoie aurait dû saisir le collège des médecins de l'OFII avant de prononcer son éloignement. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté.
10. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
11. M. B est célibataire et sans charge de famille. Les liens avec son frère et son père qui vivent en France ne ressortent pas des pièces du dossier tandis qu'ayant vécu en Tunisie jusqu'à l'âge de 21 ans, il y conserve nécessairement des attaches, notamment sa mère qui y réside. S'il dit souffrir d'une pathologique psychiatrique lourde, il n'établit pas qu'il ne peut pas recevoir un traitement approprié en Tunisie. En outre, M. B ne fait état d'aucune attache particulière sur le territoire français alors qu'il prétend y résider depuis 2010. Il est défavorablement connu des services de police. Il a quitté l'emploi de manœuvre qu'il occupait depuis le mois de décembre 2023. Enfin, M. B a fait l'objet de deux obligations de quitter le territoire français après l'expiration de son dernier titre de séjour. Leur légalité a été confirmée par le tribunal et il ne les a pas exécutées, ce qui n'est pas le gage d'une bonne insertion dans la société française. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Savoie n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision le privant de tout délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Selon l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
13. Pour refuser à M. B un délai de départ volontaire, le préfet de la Haute-Savoie s'est fondé sur la triple circonstance que le comportement de l'intéressé constitue une menace grave pour l'ordre public, qu'il existe un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement dès lors qu'il s'est soustrait à l'exécution de précédentes mesures d'éloignement et qu'il ne présente pas de garanties suffisantes puisqu'il ne justifie pas de la possession de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, ni d'une résidence effective et permanente dans une habitation principale. Si les condamnations pénales prononcées contre M. B présentent une certaine ancienneté permettant de retenir qu'il ne constitue pas une menace grave pour l'ordre public, les deux autres motifs qui ne sont pas contestés par le requérant suffisaient au préfet de la Haute-Savoie pour le priver d'un délai de départ volontaire. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur d'appréciation et du vice de procédure tiré de la méconnaissance de l'article R. 40-29-1 du code de procédure pénale, ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et séjour des étrangers et du droit d'asile : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
15. La décision contestée mentionne notamment l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et comporte les considérations de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
17. Pour interdire à M. B de revenir en France pour une durée de deux ans, le préfet de la Haute-Savoie a retenu que l'intéressé présente une menace pour l'ordre public en énumérant les faits de nature délictuelle qu'il a commis en 2012 et 2013, qu'il a déjà fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement, qu'il ne justifie pas de liens particuliers avec sa famille résidant en France et qu'il conserve des attaches familiales en Tunisie. Ce faisant, le préfet de la Haute-Savoie n'a pas commis d'erreur de fait. A supposer même que l'intéressé ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, il reconnait la matérialité des faits qui lui sont reprochés qu'il tente de minimiser en les imputant à son état de santé. En outre, les perspectives d'emploi, lesquelles ne sont pas établies, et sa pathologie psychique ne constituent pas des circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées. Ainsi, il n'est pas fondé à soutenir qu'en prononçant à son égard une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Il n'est pas davantage fondé à soutenir, pour les mêmes motifs, que cette décision porterait une atteinte disproportionnée à son droit à sa vie privée et familiale pour les motifs énoncés au point 12.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 29 mai 2024 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent également être rejetées, de même que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er :M. B est admis au bénéfice de l'aide juridique provisoire.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Borges de Deus Correia et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le rapporteur,
C. Letellier
Le président,
M. SauveplaneLa greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026