LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2403747

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2403747

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2403747
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCOLLANGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 mai et le 5 août 2024, M. B A, représenté par Me Collange, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel le préfet de la Drôme lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de cinquante euros par jour de retard passé ce délai, et à titre subsidiaire de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que le refus de titre de séjour :

- est entaché de l'incompétence de son signataire ;

- est insuffisamment motivé en fait ;

- est entaché d'une erreur de droit dès lors que l'usage illicite de stupéfiants n'entre pas dans le champ du 3° de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entaché d'une erreur de droit en ce que le préfet retient que sa présence constitue une menace pour l'ordre public alors que ses condamnations pénales sont anciennes et relèvent de faits ne présentant pas de gravité suffisante ;

- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il est un étranger protégé qui ne peut être expulsé en application de l'article L.631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

La décision fixant le pays de destination :

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et d'éloignement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les décisions contestées et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Aubert,

- et les observations de Me Collange, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A est un ressortissant marocain né le 6 septembre 1981. Le 1er mars 2024, il a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour temporaire valable du 30 mars 2023 au 29 mars 2024. Par l'arrêté contesté du 22 avril 2024, le préfet de la Drôme lui a refusé ce renouvellement et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

3. Il ressort du bulletin B2 de son casier judiciaire que M. A a été condamné à treize reprises entre 2000 et 2019, essentiellement pour des atteintes aux biens, le plus souvent des ventes à la sauvette, mais également pour deux faits de violences et un usage illicite de stupéfiants. Les derniers faits délictuels commis remontent à 2017, soit il y a près de sept ans. Par ailleurs, il n'est pas contesté que M. A est entré en France en 1994 au bénéfice d'un regroupement familial avec sa mère et qu'il y réside en situation régulière depuis trente ans. Le requérant, qui est célibataire et sans enfant, justifie avoir des liens intenses et stables avec ses deux sœurs, de nationalité française, et leurs enfants, mais également avec des amis qu'il connait depuis les années du collège, et avec les enfants de ces derniers. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait conservé des liens au Maroc, notamment avec son père qui y réside, alors qu'il a été élevé par sa mère en France depuis l'âge de treize ans. Le requérant justifie avoir travaillé dans le cadre de contrats en insertion en 2013-2014 puis dans le cadre de contrats de travail temporaire entre 2018 et 2024, avoir obtenu en 2023 le CACES l'autorisant à conduire des chariots à conducteur porté et avoir conclu un contrat de travail à durée indéterminée en qualité de chauffeur-livreur à compter du mois de juillet 2024. Au regard de l'intensité de ses relations personnelles, sociales et économiques en France, de l'ancienneté et de la nature des faits délictuels commis et de la garantie que représente l'insertion professionnelle de l'intéressé, le refus de renouvellement du titre de séjour porte au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A une atteinte disproportionnée aux buts qu'il poursuit en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

4. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour et, par voie de conséquence, des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Drôme délivre un titre de séjour " vie privée et familiale " à M. A. Il y sera enjoint dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sans qu'il soit nécessaire en l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

6. Sous réserve que M. A soit définitivement admis à l'aide juridictionnelle et que Me Collange renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à ce titre, la somme de 1 000 euros est mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas contraire, la somme de 1 000 euros est mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

7. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

8. En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er :M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 :L'arrêté du 22 avril 2024 du préfet de la Drôme est annulé.

Article 3 :Il est enjoint au préfet de la Drôme de délivrer à M. A un titre de séjour " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Article 4 :Sous réserve que M. A soit définitivement admis à l'aide juridictionnelle et que Me Collange renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros est mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Si M. A n'est pas définitivement admis à l'aide juridictionnelle ou s'il renonce à déposer une demande d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros est mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 :Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Collange et au préfet de la Drôme.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Sauveplane, président,

- Mme Letellier, première conseillère,

- Mme Aubert, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2024.

Le rapporteur,

E. Aubert

Le président,

M. SauveplaneLa greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions