jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403877 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juin 2024, Mme B, représentée par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite du 26 mai 2024 du préfet de l'Isère refusant de lui délivrer une carte de résident ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans dans un délai de deux mois, et dans l'attente, un récépissé de dépôt de sa demande de délivrance d'une carte de résident, l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision n'est pas motivée malgré une demande de communication des motifs ;
- la décision méconnait l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sauveplane,
- et les observations de Me Huard, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante originaire du Kenya née le 8 avril 1990 à Kissii Centre (Kenya), est entrée régulièrement sur le territoire français sous couvert d'un visa long séjour et s'est vue délivrer des titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " du 23 décembre 2018 au 22 décembre 2022. A l'expiration de son titre de séjour, elle a déposé le 30 décembre 2022 une demande de carte de résident sur le fondement de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en sa qualité de parent d'un enfants français et le préfet de l'Isère lui a remis un récépissé d'une première demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 29 juin 2023. Toutefois, son dernier récépissé qui expirait le 25 avril 2024 n'a pas été renouvelé. Elle a alors vainement demandé au préfet de l'Isère de lui communiquer les motifs de la décision implicite ayant refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions d'annulation :
4. Il ressort des pièces du dossier que le dernier titre de séjour de Mme B expirait le 22 décembre 2022 et qu'elle n'a présenté sa demande de renouvellement que le 30 décembre 2022, soit hors délai. Dès lors que sa demande de renouvellement a été présentée tardivement, la demande de Mme B tendant à la délivrance d'une carte de résident sur le fondement de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devait être regardée comme une première demande de titre de séjour d'un an. Le préfet lui a d'ailleurs délivré un récépissé correspondant à une première demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et non un récépissé correspondant à une demande de renouvellement avec changement de statut. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant.
5. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. "
6. Il est constant que Mme B est mère d'un enfant français dont elle a la charge depuis sa naissance. Le préfet ne conteste pas qu'elle continue à remplir les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur ce fondement. Par suite, Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision implicite du préfet de l'Isère refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français.
Sur les conclusions d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 6, il y a lieu d'enjoindre au préfet de délivrer à Mme B un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois et de lui délivrer dans un délai de 8 jours un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. Il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, la somme de 1 000 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous la réserve que Mme B soit admise définitivement à l'aide juridictionnelle et que Me Huard renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er :Mme B est admise provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 :La décision implicite du préfet de l'Isère du 26 mai 2024 est annulée.
Article 3 :Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à Mme B un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois et de lui délivrer dans un délai de 8 jours un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 4 :Sous la réserve que Mme B soit admise définitivement à l'aide juridictionnelle et que Me Huard renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros est mise à la charge de l'Etat en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Huard et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme D F, première-conseillère,
- Mme E C, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
C. F
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026