mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2404151 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | TERRASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 12, 13 juin et 1er juillet 2024, M. A B, représenté par Me Terrasson, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 juin 2024 par lequel le préfet de la Drôme lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et de supprimer son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la Drôme de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et de supprimer son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 19 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- il accepte de lever le secret médical.
L'arrêté dans son ensemble est entaché d'incompétence.
Les décisions refusant de renouveler son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français :
- méconnaissent les articles L. 423-7, L. 425-9, L. 423-23 et L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- sont entachées d'une erreur de fait, dès lors que le préfet a commis une erreur en soutenant qu'un seul de ses trois enfants avait la nationalité française ;
- sont entachées d'un défaut de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 juillet 2024 la clôture d'instruction a été fixée au 3 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Vial-Pailler,
- et les observations de Me Coutaz, substituant Me Terrasson, représentant M. B.
Considérant de ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain, est entré en France en 1978 alors qu'il avait quatre ans. Condamné à de nombreuses reprises, il est actuellement incarcéré au centre pénitentiaire de Valence. Le 22 septembre 2023, M. B a demandé le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 6 juin 2024, le préfet de la Drôme a refusé de lui renouveler le titre demandé et l'a obligé à quitter le territoire sans délai.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le refus de renouvellement du titre de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1o Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ".. Si le préfet n'est tenu de saisir la commission que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par ces textes auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent, la circonstance que la présence de l'étranger constituerait une menace à l'ordre public ne le dispense pas de son obligation de saisine de la commission.
4. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () ".
5. Il est constant que M. B, ressortissant marocain, est entré en France en 1978, à l'âge de 4 ans. Il y réside depuis plus de 45 ans. Il a toutes ses attaches familiales en France. Une première carte de séjour lui a été remise en décembre 1992 et a été régulièrement renouvelée jusqu'au 15 octobre 2022. Ainsi, M. B remplissait effectivement les conditions de renouvellement de son titre de séjour et pour lui refuser ce renouvellement, le préfet de la Drôme s'est fondé sur la seule circonstance que sa présence constituait une menace pour l'ordre public. Par suite, alors même qu'il a considéré que la présence en France de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public, il appartenait au préfet de la Drôme de saisir la commission du titre de séjour préalablement l'édiction de la décision lui refusant un titre de séjour. Dès lors, M. B est fondé à soutenir qu'en s'abstenant de saisir cette commission, le préfet de la Drôme a commis une irrégularité l'ayant privé d'une garantie. Par suite la décision contestée doit être annulée pour ce motif.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de donner suite à sa demande de transmission de documents médicaux et d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. D'une part, compte tenu du moyen retenu, l'annulation de l'arrêté attaqué implique seulement que le préfet de la Drôme procède au réexamen de la situation de M. B, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, et qu'il lui délivre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
8. D'autre part, l'arrêté attaqué ne comportant pas d'interdiction de retour sur le territoire français ni de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, les conclusions à fin d'injonction visant à supprimer les données du requérant de ce système d'information sont irrecevables.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, la somme dont le conseil du requérant demande directement le versement en sa faveur en lieu et place de la part contributive de l'État.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 6 juin 2024 par lequel le préfet de la Drôme a refusé à M. B le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné, est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Drôme de procéder au réexamen de la situation de M. B dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Terrasson et au préfet de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Fourcade, première conseillère,
M. Villard, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le président, rapporteur,
C. VIAL-PAILLER
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
F. FOURCADELe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2404151
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026