mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2404214 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2024, Mme B C A, représentée par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le refus implicite du préfet de l'Isère de renouveler son titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour vie privée et familiale dans un délai de 2 mois et de lui délivrer un récépissé de dépôt de sa demande de renouvellement de son titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi de du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le refus de titre de séjour est entaché d'un défaut de motivation ;
- il méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet de l'Isère, à qui la requête a été communiquée, n'a pas défendu.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 4 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique du 12 novembre 2024, Mme Aubert a lu son rapport. Me Huard a présenté des observations pour Mme A. Le préfet de l'Isère n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C A, ressortissante surinamienne âgée de trente-cinq ans, a bénéficié de titres de séjour en sa qualité de parent d'enfant français entre le 17 février 2022 et le 16 février 2024. Le 2 février 2024, elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour. Une décision implicite de rejet de sa demande est née du silence gardé par l'administration sur sa demande.
Sur les conclusions d'annulation et d'injonction :
2. D'une part, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () " D'autre part, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par décret du 8 octobre 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
3. Mme B C A est la mère de 5 enfants, âgés de 6 à 14 ans, dont l'un au moins a la nationalité française. La requérante réside en France depuis plusieurs années en situation régulière, elle justifie d'un logement à son nom et travailler en contrat à durée indéterminée. Compte tenu de ces circonstances, le refus de titre de séjour porte au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte, qui est, en l'espèce, disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, cette décision est contraire aux stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. De surcroit et en tout état de cause, dès lors que la décision contestée aura pour effet de séparer l'enfant Orchio d'un de ses deux parents, de nationalités différentes, la requérante est fondée à soutenir que cet arrêté porte en outre atteinte à l'intérêt supérieur de son fils en méconnaissance des stipulations précitées de la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990.
5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de sa requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour.
6. Eu égard au motif d'annulation sur lequel il se fonde, le présent jugement implique nécessairement que le préfet de l'Isère délivre à Mme A un titre de séjour vie privée et familiale d'un an dans un délai de 2 mois et lui délivrer dans l'attente, sous 8 jours, l'attestation prévue au dernier alinéa de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique à verser à Me Huard, avocat de Mme A, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, sans qu'il soit besoin au préalable de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme A dès lors que cette dernière a déjà été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 octobre 2024.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a pas lieu d'admettre Mme A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle
Article 2 :La décision implicite de refus du titre de séjour de Mme A prise par le préfet de l'Isère est annulée.
Article 3 :Il est enjoint à la préfète de l'Isère de délivrer à Mme A un titre de séjour vie privée et familiale d'un an dans un délai de 2 mois et de lui délivrer sous 8 jours l'attestation prévue à l'article R.431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 4 :L'Etat versera à Me Huard une somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 :Le présent jugement sera notifié à Mme B C A, à Me Huard et à la préfète de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
-M. Sauveplane, président,
-Mme Letellier, première conseillère,
-Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
La rapporteure,
E. Aubert
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2404214
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026