mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2404264 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Schürmann, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du préfet de l'Isère portant refus implicite de lui donner un rendez-vous pour qu'elle puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui donner un rendez-vous pour qu'elle dépose sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui remettre un récépissé avec autorisation de travail en attendant la fabrication et la délivrance du titre, dans un délai de 5 jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la présente ordonnance ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle justifie d'une situation d'urgence dès lors qu'elle n'est plus en capacité de subvenir aux besoins de sa famille dans la mesure où elle ne peut plus occuper un emploi, ni recevoir les aides sociales et que son projet professionnel de création d'une entreprise individuelle est suspendu ;
- malgré de nombreuses démarches, elle n'a pas pu obtenir de rendez-vous via le téléservice ANEF qui lui a délivré un message d'erreur ;
- le refus de lui accorder un rendez-vous porte atteinte à sa liberté d'aller et venir et à son droit de travailler ;
- cette décision est manifestement illégale dès lors qu'elle méconnaît les articles L. 433-1, L. 433-2, L. 433-3, R. 431-5, R. 431-12 et R. 431-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requérant ne justifie d'aucune situation d'urgence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution et notamment son préambule ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. L'Hôte pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 juin 2024, en présence de M. Morand, greffier :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,
- et les observations de Me Schürmann, représentant Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
2. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. () ". Aux termes de l'article R. 431-15-1 de ce code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. () ". L'arrêté du 31 mars 2023 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice impose d'effectuer au moyen de ce téléservice, à compter du 5 avril 2023, les demandes de cartes de séjour pluriannuelles délivrées en application des articles L. 423-7, L. 423-8 et L. 423-10 du même code.
3. L'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
4. Mme A, de nationalité mexicaine, s'est vue délivrer le 9 juin 2022 une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler, dont la validité a expiré le 8 juin 2024. Elle fait valoir que depuis cette date, l'impossibilité à laquelle elle se heurte d'obtenir un rendez-vous en préfecture, malgré ses nombreuses tentatives via le téléservice dédié, la place dans une situation financière et personnelle précaire.
5. Il résulte cependant de l'instruction que Mme A a obtenu son titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des dispositions citées au point 2 qu'elle devait dès lors déposer sa demande de renouvellement en ligne sur le téléservice ANEF qui, à condition que son dossier soit complet, lui aurait délivré immédiatement l'attestation dématérialisée prévue à l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La requérante ne justifie pas avoir entrepris une telle démarche par la production de captures d'écran démontrant l'absence de créneau disponible pour obtenir un rendez-vous en préfecture. Si elle fait valoir qu'elle a été destinataire d'un message d'erreur, elle ne démontre pas que ce message lui a été délivré après une tentative de déposer sa demande de titre en ligne et non à la suite d'un essai pour obtenir un rendez-vous.
6. Dans ces circonstances, la requérante, qui ne démontre pas être dans l'impossibilité de déposer sa demande en ligne par l'intermédiaire du téléservice ANEF, ne justifie d'aucune urgence nécessitant que le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ordonne des mesures propres à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée.
7. Compte tenu de l'absence d'urgence, il n'y a pas lieu d'admettre Mme A à l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Schürmann et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 19 juin 2024.
Le juge des référés,
V. L'HÔTE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026