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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2404269

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2404269

mercredi 26 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2404269
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 7
Avocat requérantMARGAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 juin 2024, M. B A, représenté par Me Margat, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté de la préfète du Rhône du 10 juin 2024 ayant ordonné sa remise aux autorités espagnoles ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile dans le délai de quarante-huit heures à compter du jugement à intervenir, de lui remettre un dossier de demande d'asile à remettre à l'OFPRA sous le même délai et de l'admettre au séjour sous les mêmes conditions en qualité de demandeur d'asile ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sa requête a été introduire dans le délai de recours contentieux ;

- il n'est pas établi qu'il ait bénéficié, dans une langue qu'il comprend, des informations prévues aux articles 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;

- il n'est pas établi qu'il ait bénéficié d'un entretien individuel dans les conditions prévues à l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- en l'absence de versement à la procédure contentieuse du compte-rendu de l'entretien, il devra être considéré que la préfète a méconnu l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'article 10 du règlement (CE) 1560/2003 dès lors que les autorités espagnoles n'ont pas confirmé leur responsabilité dans le délai imparti ;

- il appartient à l'autorité préfectorale d'établir qu'elle a saisi les autorités espagnoles d'une demande de prise en charge ;

- la décision de transfert est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait quant à sa vulnérabilité ;

- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas application de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- son transfert en Espagne entraînerait une violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. L'Hôte, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 572-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 juin 2024, en présence de Mme Rouyer, greffière :

- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,

- et les observations de Me Margat, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité mauritanienne, déclare être entré en France irrégulièrement le 9 février 2024. Il a sollicité l'asile le 16 février suivant. La consultation du fichier Eurodac a révélé qu'il avait été identifié en Espagne le 16 janvier 2024 à la suite d'un franchissement irrégulier de la frontière. La préfète du Rhône a alors saisi les autorités de ce pays d'une demande de prise en charge. L'Espagne ayant donné son accord implicite, elle a pris, le 10 juin 2024, un arrêté ordonnant la remise de l'intéressé aux autorités espagnoles. M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président (). " Eu égard à l'urgence qu'il y a à statuer sur le recours de M. A, il y a lieu de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

3. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative. ". Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application.

4. L'arrêté du 10 juin 2024 vise le règlement (UE) n° 604/2013, en particulier son article 13, ainsi que deux règlements portant modalités d'application du règlement n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable d'une demande d'asile. Il relève le caractère irrégulier de l'entrée en France de M. A. Il rappelle le déroulement de la procédure suivie lorsque le requérant s'est présenté devant les services de la préfecture en vue de demander l'asile. Il constate qu'il n'est établi ni que les autorités espagnoles auraient pris à l'encontre de l'intéressé une mesure d'éloignement mise à exécution, ni que celui-ci aurait quitté le territoire des Etats membres pendant une durée au moins égale à trois mois. Il mentionne que la consultation du fichier Eurodac a montré que M. A avait été identifié en Espagne le 16 janvier 2024 à la suite d'un franchissement irrégulier de la frontière. Il précise que les autorités espagnoles ont été saisie d'une demande de prise en charge en application de l'article 13 du règlement (UE) n° 604/2013. Ainsi, il énonce, avec une précision suffisante, les considérations de fait et de droit qui le fondent. La décision litigieuse satisfait, par suite, à l'exigence de motivation posée par les dispositions précitées.

5. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que la préfète du Rhône a procédé à un examen effectif de la situation de M. A.

6. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 que, dès qu'une demande de protection internationale est introduite dans un Etat membre, les autorités compétentes de cet Etat doivent délivrer au demandeur l'ensemble des informations énumérées aux a) à f) de cet article, par écrit, dans une langue que l'intéressé comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Pour ce faire, elles doivent lui remettre la brochure mentionnée au paragraphe 3 de l'article 4.

7. Au cas d'espèce, M. A s'est vu remettre, le 16 février 2024, les deux brochures d'information A " j'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et B " je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ". Si, contrairement à ce que soutient la préfète du Rhône, ces deux documents n'étaient pas rédigés en langue soninké que le requérant a déclaré comprendre, mais en langue française, elles lui ont été traduites oralement par un interprète en soninké dès lors qu'en tout état de cause, l'intéressé a déclaré ne pas savoir lire. Ainsi, M. A a bénéficié des informations prévues par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

8. En quatrième lieu, à la différence de l'obligation d'information instituée par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013, l'obligation d'information préalable à la prise d'empreintes prévue par les dispositions de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des États membres relevant du régime européen d'asile commun. Le droit d'information des demandeurs d'asile contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection. Par suite, le requérant ne peut utilement faire valoir, pour contester la décision litigieuse, qu'il n'a pas reçu les informations concernant l'application du règlement n° 603/2013.

9. En cinquième lieu, en vertu de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013, le demandeur d'asile doit bénéficier d'un entretien individuel avant que ne soit prise la décision de transfert. Cet entretien doit être mené dans une langue qu'il comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend, par une personne qualifiée en vertu du droit national, dans le respect de la confidentialité.

10. Il ressort des pièces du dossier que M. A a bénéficié, le 16 février 2024, d'un entretien individuel au cours duquel il a pu faire valoir, par l'intermédiaire d'un interprète en langue soninké, toutes observations utiles. Le compte-rendu de l'entretien indique qu'il a été conduit par un agent qualifié de la préfecture de Paris. En l'absence de toute preuve contraire, cette mention suffit à regarder cet agent comme ayant eu la qualité de " personne qualifiée en vertu du droit national " au sens des dispositions précitées. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'entretien n'aurait pas été mené dans des conditions ne respectant pas sa confidentialité. En outre, l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 n'exige pas que le résumé de l'entretien individuel mentionne l'identité et la qualité de l'agent chargé de conduire cet entretien. Il précise, dans son paragraphe 6, que le résumé de l'entretien individuel mené avec le demandeur d'asile peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. Ce document ne saurait être regardé comme une correspondance au sens de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, l'agent qui établit ce résumé n'est pas tenu d'y faire figurer son prénom, son nom et sa qualité. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé des garanties prévues par l'article 5 du règlement du 26 juin 2013, ou de celles prévues à l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration.

11. En sixième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. L'État membre auprès duquel une demande de protection internationale a été introduite et qui estime qu'un autre État membre est responsable de l'examen de cette demande peut, dans les plus brefs délais et, en tout état de cause, dans un délai de trois mois à compter de la date de l'introduction de la demande au sens de l'article 20, paragraphe 2, requérir cet autre État membre aux fins de prise en charge du demandeur. / Nonobstant le premier alinéa, en cas de résultat positif ("hit") Eurodac avec des données enregistrées en vertu de l'article 14 du règlement (UE) n° 603/2013, la requête est envoyée dans un délai de deux mois à compter de la réception de ce résultat positif en vertu de l'article 15, paragraphe 2, dudit règlement. / Si la requête aux fins de prise en charge d'un demandeur n'est pas formulée dans les délais fixés par le premier et le deuxième alinéas, la responsabilité de l'examen de la demande de protection internationale incombe à l'État membre auprès duquel la demande a été introduite. ". Aux termes du paragraphe 7 de l'article 22 du même règlement : " L'absence de réponse à l'expiration du délai de deux mois mentionné au paragraphe 1 et du délai d'un mois prévu au paragraphe 6 équivaut à l'acceptation de la requête et entraîne l'obligation de prendre en charge la personne concernée, y compris l'obligation d'assurer une bonne organisation de son arrivée. ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 10 du règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers : " Lorsque, en vertu de l'article 18, paragraphe 7, ou de l'article 20, paragraphe 1, point c), du règlement (CE) n° 343/2003, selon le cas, l'État membre requis est réputé avoir acquiescé à une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge, il incombe à l'État membre requérant d'engager les concertations nécessaires à l'organisation du transfert. / 2. Lorsqu'il en est prié par l'État membre requérant, l'État membre responsable est tenu de confirmer, sans tarder et par écrit, qu'il reconnaît sa responsabilité résultant du dépassement du délai de réponse. L'État membre responsable est tenu de prendre dans les meilleurs délais les dispositions nécessaires pour déterminer le lieu d'arrivée du demandeur et, le cas échéant, convenir avec l'État membre requérant de l'heure d'arrivée et des modalités de la remise du demandeur aux autorités compétentes. ".

12. Il ressort des pièces du dossier que les autorités espagnoles ont été saisies d'une demande de prise en charge le 22 février 2024, soit dans le délai de deux mois prévu à l'article 21 du règlement, et à défaut de réponse dans le délai de deux mois prévu à l'article 22, ont donné leur accord implicite le 22 avril suivant. Les dispositions de l'article 10 du règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 ont uniquement pour objet de fixer les modalités d'exécution matérielle de la mesure de transfert. Elles sont sans incidence sur la légalité de cette décision.

13. En septième lieu, aux termes du paragraphe 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entrainent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme responsable. ". Aux termes de l'article 17 du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ".

14. Les dispositions précitées doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.

15. Si M. A fait valoir qu'il a subi en mai 2024 une intervention chirurgicale pour une pathologie cardiaque et qu'il bénéficie depuis d'une pentathérapie, il ne démontre pas, par les pièces médicales qu'il produit, que son état de santé ferait obstacle à son transfert en Espagne. Notamment, le certificat médical dont il se prévaut, en date du 23 mai 2024, se borne à préconiser le maintien de son traitement en France et à évoquer, en termes généraux, un risque de rupture de son suivi médical en cas de transfert, mais ne fait état d'aucun élément précis de nature à établir que l'intéressé ne serait pas en état de voyager ni qu'il ne pourra pas recevoir en Espagne les soins appropriés. La circonstance que les autorités espagnoles n'aient pas répondu explicitement à la demande de prise en charge ni n'ait confirmé leur responsabilité comme il leur incombait de le faire en application du paragraphe 2 de l'article 10 du règlement (CE) n° 343/2003, ne suffit pas à établir l'existence d'un doute sérieux quant à la prise en compte par ces dernières du traitement médical que requiert la pathologie du requérant. M. A ne peut utilement faire valoir qu'il a déposé une demande de délivrance d'un titre de séjour pour raison de santé, dès lors que cette demande a été présentée le 13 juin 2024, soit postérieurement à la décision contestée et qu'en tout état de cause, une telle demande n'a aucunement pour effet d'interdire à l'autorité préfectorale de prendre à l'égard de l'intéressé une décision de transfert. Ainsi, en édictant une telle mesure, la préfète du Rhône n'a ni fondé sa décision sur des faits matériellement inexacts, ni commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'usage de son pouvoir discrétionnaire résultant de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

16. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être énoncés, les moyens tirés de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doivent être écartés.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A aux fins d'annulation et d'injonction doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Margat et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.

Le magistrat désigné,

V. L'HÔTE

La greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2404269

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