jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2404639 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | SARL NOVAS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juin et 12 juillet 2024, Mme C D, représentée par Me Combes, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2024 notifié le même jour par lequel le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de procéder au réexamen de sa situation, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de supprimer toute mention du fichier Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée et a été prise sans un examen particulier de sa situation ;
- est entachée d'erreur de fait s'agissant des conditions d'entrée sur le territoire et la présence de sa famille sur le territoire ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.
La décision portant interdiction de retour sur le territoire :
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- méconnaît des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Le préfet de la Savoie a produit des pièces qui ont été enregistrées le 10 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 juillet 2024 :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Combes, assistée de Mme A, élève avocate, représentant Mme D,
- et de M. E, interprète en langue bosniaque.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D, ressortissante bosnienne née le 1er octobre 1967 est entrée en France le 26 juin 2024 selon ses déclarations. Par l'arrêté attaqué du 27 juin 2024, le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre Mme D, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article 20, paragraphe 1, de la convention du 19 juin 1990 d'application de l'accord de Schengen : " Les étrangers non soumis à l'obligation de visa peuvent circuler librement sur les territoires des Parties contractantes pendant une durée maximale de trois mois au cours d'une période de six mois à compter de la date de première entrée, pour autant qu'ils remplissent les conditions d'entrée visées à l'article 5, paragraphe 1, points a), c), d) et e) ". Aux termes de l'article 3, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 2018/1806 du Parlement européen et du Conseil du 14 novembre 2018 : " Les ressortissants des pays tiers figurant sur la liste de l'annexe I sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres. ". Aux termes de l'article 4, paragraphe 1, du même règlement : " Les ressortissants des pays tiers figurant sur la liste de l'annexe II sont exemptés de l'obligation prévue à l'article 3, paragraphe 1, pour des séjours dont la durée n'excède pas 90 jours sur toute période de 180 jours ". Il résulte de ladite annexe II que les ressortissants bosniens détenant un passeport biométrique en cours de validité sont dispensés de visa pour les séjours n'excédant pas quatre-vingt-dix jours sur toute une période de cent quatre-vingts jours au sein de l'espace Schengen.
4. Mme D fait valoir, sans être contredite, qu'elle est entrée en France le 27 juin 2024, munie de son passeport biométrique, celui-ci étant alors en cours de validité et comporte un tampon de sortie de Bosnie du 26 juin 2024, tel que cela ressort des pièces du dossier. Il ressort également des pièces du dossier que Mme D est venue sur le territoire afin de visiter sa fille qui vient d'avoir son troisième enfant et disposait de 2 000 euros afin de couvrir les frais de son voyage. Dès lors, Mme D est fondée à soutenir que le préfet de la Savoie a méconnu les dispositions susvisées en l'obligeant à quitter le territoire au motif de son entrée irrégulière.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire sans délai, ainsi que, par voie de conséquence, la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation prononcée au point 5 implique uniquement mais nécessairement que, par application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il soit enjoint au préfet de la Savoie de supprimer, du système d'information Schengen, le signalement de Mme D aux fins de non admission. Il y a lieu de lui impartir, pour ce faire, un délai d'un mois courant à compter de la date de notification du jugement. Les autres conclusions à fin d'injonction sont rejetées.
Sur les frais du litige :
7. Il y a lieu, sous réserve de l'admission définitive de la requérante à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 900 euros à Me Combes, avocate de Mme D, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à la requérante par le bureau d'aide juridictionnelle, la même somme sera directement versée à Mme D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Mme D est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du préfet de la Savoie du 27 juin 2024 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Savoie de supprimer le signalement de Mme D aux fins de non-admission du système d'information Schengen dans le délai d'un mois courant à compter de la date de notification du jugement.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme D à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à la somme de 900 euros à son conseil, Me Combes, en application des dispositions de l'article de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour cette dernière de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme D, la même somme lui sera versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Me Combes et au préfet de la Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
F. B
La greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026