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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2404714

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2404714

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2404714
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantMATHIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 juillet et 9 août 2024, Mme B A, représentée par Me Matis, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2023 par lequel le préfet de la Savoie lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie à titre principal de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les deux jours à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée et, de ce fait, a été prise en l'absence d'examen de sa situation personnelle ;

- elle n'a pas été prise suite à l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), lequel doit avoir été émis sur la base d'un rapport médical et conformément à l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les articles L. 612-8 et L. 612-10 et est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'elle ne représente pas une menace à l'ordre public et qu'elle n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du fait de discriminations, du risque de violence de son mari à son encontre et du danger du fait du risque de ne pas pouvoir bénéficier d'un accès aux soins de qualité et adapté en cas de retour en Géorgie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2024, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

La procédure a été communiquée à l'OFII qui, en sa qualité d'observateur, a produit, le 6 août 2024, des pièces.

Mme B A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Derollepot, premier conseiller,

- et les observations de Me Mathis, avocate de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante géorgienne née le 14 octobre 1999, est entrée en France le 13 mai 2023 accompagnée de sa fille, sa mère et son frère. Le bénéfice d'une protection au titre de l'asile lui a été refusé par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 18 octobre 2023, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 18 avril 2024. Le 25 juillet 2023, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 27 décembre 2023 dont elle demande l'annulation, le préfet de la Savoie a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté en litige expose, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait relatives à la situation personnelle de Mme A, sur lesquelles se fonde la décision attaquée. Elles permettent à l'intéressée d'en comprendre le sens et la portée à leur seule lecture et ainsi de les contester utilement, comme au juge d'en contrôler les motifs. La circonstance que l'arrêté ne mentionne pas les circonstances que la requérante invoque est, en tout état de cause, sans influence sur sa motivation dès lors que l'intéressée ne saurait utilement, s'agissant de la régularité formelle de l'arrêté contesté, critiquer le bien-fondé des motifs sur lesquels la décision repose. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision manque en fait. Compte tenu de cette motivation, la décision en litige n'est pas davantage entachée d'un défaut d'examen sérieux de la situation personnelle de la requérante.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu () d'un rapport médical établi par un médecin de l'office () ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège à compétence nationale () est composé de trois médecins (). Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège ". L'arrêté du 27 décembre 2016 précise les conditions de déroulement de la procédure à l'issue de laquelle est émis l'avis du collège de médecins de l'OFII.

4. Il ressort des pièces du dossier que la demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade présentée par Mme A a fait l'objet d'un avis émis par le collège de médecins de l'OFII le 11 décembre 2023. Cet avis comporte l'ensemble des mentions exigées par l'arrêté du 27 décembre 2016. L'autorité administrative a également produit le bordereau de transmission du directeur général de l'OFII qui certifie que le rapport du médecin instructeur, établi le 23 novembre 2023, a été transmis le 24 novembre suivant au collège de médecins dont la composition était par ailleurs régulière. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.

5. En troisième lieu, pour refuser le titre de séjour sollicité par Mme A, le préfet de la Savoie s'est, s'agissant de l'état de santé de l'intéressée, prononcé en raison de l'avis du collège de médecins de l'OFII selon lequel, si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut est susceptible d'entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, celle-ci peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il ressort des pièces du dossier que Mme A souffre d'une connectivite mixte nécessitant un traitement médicamenteux par Plaquenil, Prednisone, Méthotrexate, Spéciafoldine, Pantoprazole, Nefedipine, Imovane et Tardyferon. Toutefois, il ne résulte pas des certificats médicaux qu'elle produit, que le traitement que son état de santé requiert, ne pourrait être administré dans son pays d'origine, comme l'a estimé le collège des médecins de l'OFII, ni que son état de santé aurait évolué depuis l'émission de cet avis. S'il ressort des pièces médicales produites par la requérante, dont plusieurs postérieures à la décision attaquée, que son état de santé est susceptible d'évoluer du fait d'une pathologie imprévisible, et que son traitement est régulièrement modifié, elle ne démontre pas, par la production d'un seul document traduit signé d'un médecin-professeur de la clinique Aversi portant sur le traitement du lupus érythémateux systémique, l'indisponibilité des suivis médicaux et traitements pharmaceutiques rendus nécessaires par sa pathologie. La requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet a fait une application erronée des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de titre de séjour serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

7. Mme A était en France depuis moins de huit mois à la date de l'arrêté attaqué. Sa mère fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et elle ne justifie pas avoir noué de liens intenses et stables sur le territoire français. Si sa fille est scolarisée en France, elle l'est depuis moins d'un an. Par ailleurs, il résulte de qui a été dit au point 5 que son état de santé ne peut être regardé comme faisant obstacle à ce qu'elle mène une vie privée normale en Géorgie et il ne ressort pas des pièces produites qu'elle y serait en danger en raison d'un risque d'y subir des violences de la part de son mari. Enfin, Mme A n'établit pas être isolée en Géorgie, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans et où elle peut reconstituer la cellule familiale avec sa fille mineure. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de séjour porte à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été édictée, en méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni qu'elle serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour pour soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait elle-même illégale.

9. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui a été prise consécutivement à la décision portant refus de séjour, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour en application de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté.

10. En dernier lieu, il résulte des circonstances exposées aux points 5 et 7 que l'obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme A.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

11. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français pour soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait elle-même illégale.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

13. Pour la mise en œuvre de ces dispositions, il incombe à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve la personne étrangère concernée. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressée au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de cette personne sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont elle a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de la personne intéressée sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

14. La décision, qui vise l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique les raisons pour lesquelles Mme A peut faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français, est suffisamment motivée.

15. En dernier lieu, il ressort des termes de la décision en litige que le préfet de la Savoie a examiné préalablement l'ensemble de la situation de Mme A, notamment au regard de la durée de sa présence sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France. La requérante, qui déclare être entrée en France le 13 mai 2023 à l'âge de 23 ans, ne justifie d'aucun lieu personnel et familial en France, sa mère se trouvant dans la même situation administrative qu'elle, alors qu'elle n'établit pas être démunie de telles attaches en Géorgie où elle pourra reconstituer la cellule familiale avec sa fille mineure. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, et en dépit de l'absence de menace pour l'ordre public et de l'absence de précédente mesure d'éloignement, le préfet de la Savoie n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français pour soutenir que la décision fixant le pays de destination serait elle-même illégale.

17. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

18. Mme A soutient qu'elle a des craintes pour sa vie et son intégrité physique en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, elle n'établit par aucune pièce probante la réalité et l'actualité des risques qu'elle dit encourir personnellement en cas de retour en Géorgie, alors que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA puis par la CNDA. Dès lors, le préfet de la Savoie n'a pas méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en fixant le pays de destination.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A aux fins d'annulation dirigées contre l'arrêté du 27 décembre 2023 par lequel le préfet de la Savoie a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination duquel elle est susceptible d'être éloignée doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

20. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions visées ci-dessus font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er :La requête est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Mathis et au préfet de la Savoie.

Délibéré après l'audience du 9 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Permingeat, première conseillère,

M. Derollepot, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

Le rapporteur,

A. Derollepot

Le président,

T. Pfauwadel

La greffière,

L. Rouyer

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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