jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2404750 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Schürmann, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des décisions du préfet de l'Isère refusant de lui donner un rendez-vous en préfecture, une attestation de prolongation d'instruction ainsi qu'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ou une attestation de prolongation de demande de titre de séjour le temps de l'examen par le tribunal administratif de sa requête en annulation dirigée contre la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la contribution de l'Etat.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'elle ne peut plus justifier la régularité de son séjour depuis le 15 novembre 2023 et ne peut plus travailler ni bénéficier des aides de la CAF, et ne peut plus subvenir à ses besoins ni à ceux de son enfant ;
- la décision refusant de renouveler son titre de séjour : n'est pas motivée malgré une demande de communication des motifs adressée le 6 juin 2024 ; méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; méconnaît l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle vit en France en situation régulière depuis dix-huit ans ; est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ; est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus d'attestation de prolongation : n'est pas motivé ; méconnaît l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus de lui donner un rendez-vous : n'est pas motivé ; est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 juillet 2024 sous le numéro 2404755 par laquelle Mme A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bailleul pour statuer sur la demande de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Rouyer, greffier d'audience, Mme Bailleul a lu son rapport et entendu les observations de Me Rouvier substituant Me Schürmann représentant Mme A, le préfet de l'Isère n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative contestée au fond lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Mme A, ressortissante du Kenya née en 1980, soutient, sans l'établir, être entrée en France en 2006 en tant que jeune fille au pair. Titulaire d'une carte de séjour portant la mention " étudiant " valable du 16 novembre 2022 au 15 novembre 2023, elle a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour, le 10 octobre 2023, qui a donné lieu à une décision de refus implicite à l'expiration du délai de quatre mois énoncé à l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Mme A n'établit pas, et n'allègue d'ailleurs pas, avoir déposé sa demande de renouvellement dans les délais prévus par les dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Néanmoins, elle justifie qu'elle est mère d'un enfant né en juillet 2023, qu'elle ne perçoit plus d'allocations familiales depuis le mois de mai 2024 et que le propriétaire du logement qu'elle occupe lui a adressé, le 6 mai 2024, une mise en demeure de s'acquitter d'une somme de 1 360 euros correspondant aux loyers des mois d'avril et mai 2024. Dans ces conditions, la décision par laquelle le préfet a implicitement refusé de lui accorder un titre de séjour, préjudicie de façon suffisamment grave et immédiate à sa situation. Par suite, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
6. Mme A qui a demandé au préfet par lettre du 6 juin 2024 de lui communiquer les motifs de refus de la décision implicite intervenue à l'expiration du délai de quatre mois, justifie d'une inscription en deuxième année de master au titre de l'année universitaire 2023-2024. Ainsi, en l'état de l'instruction les moyens tirés de ce que la décision de refus n'est pas motivée et, en l'absence de toute remise en cause en défense de la qualité d'étudiante de l'intéressée, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Par suite, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus du titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la demande de suspension des autres décisions attaquées.
8. L'exécution de la présente ordonnance implique que le préfet procède au réexamen de la situation de Mme A dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et lui délivre sans délai un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler, jusqu'à l'intervention d'une décision. Il n'y a pas lieu, en revanche, de prononcer une astreinte.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée par le conseil de Mme A en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Isère a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de réexaminer la situation de Mme A dans un délai d'un mois et de lui délivrer, sans délai, un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'à l'intervention d'une décision.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Schürmann et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 18 juillet 2024.
Le juge des référés,
C. Bailleul
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026