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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2404763

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2404763

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2404763
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMIRAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, M. A se disant Fouad Smail, représenté par Me Miran, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a pris à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an et l'a informé de son signalement au système d'information Schengen ;

3°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a assigné à résidence dans le département de l'Isère pour une durée de 45 jours avec obligation de pointage deux fois par semaine les mardi et jeudi à 10h ;

4°) de supprimer le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

5°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour une autorisation de travail ;

6°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A se disant Smail soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire sans délai avec interdiction de retour : est insuffisamment motivée en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

-l'obligation de quitter le territoire : est entachée d'un vice de procédure, faute pour le préfet d'avoir vérifié son droit au séjour en méconnaissance de l'article 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est illégale car son droit à être entendu, qu'il tient notamment de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux a été méconnu ; elle méconnait l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire : est illégale en ce que le préfet lui prête des velléités de ne pas vouloir respecter la mesure d'éloignement qu'il n'a pas et a pour conséquence de rompre brutalement les liens personnels qu'il a tissés ; elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de sa fille mineure qui est scolarisée ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

-l'interdiction de retour : est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire et de celle lui refusant un délai de départ volontaire ; elle est insuffisamment motivée car l'existence de circonstances humanitaires n'ont pas été examinées ; elle est disproportionnée et entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ; elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

-l'assignation à résidence : doit être annulée par voie de conséquence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par l'intéressé ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 5 juillet 2024 le rapport de Mme B, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 11h05.

Considérant ce qui suit :

1. M. A se disant Smail, ressortissant algérien né le 4 mai 1985, est entré en France, selon ses déclarations, le 13 octobre 2022 sous couvert d'un visa de court séjour valable du 4 octobre 2022 au 1er avril 2023. Par deux arrêtés du 2 juillet 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et l'a assigné à résidence dans le département de l'Isère pour une durée de 45 jours.

Sur la demande d'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En l'espèce, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté portant obligation de quitter le territoire sans délai avec interdiction de retour :

S'agissant de l'arrêté dans son ensemble :

3. L'arrêté attaqué énonce, avec une précision suffisante et dépourvue de caractère stéréotypé, les considérations de droit et de fait sur lesquelles repose la décision. Le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation du requérant, mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ".

5. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet de l'Isère a vérifié le droit au séjour du requérant avant l'édiction de la décision attaquée. La circonstance selon laquelle l'intéressé a été empêché de pouvoir prendre rendez-vous en préfecture pour régulariser sa situation depuis le début de l'année 2024, en raison de l'absence de créneaux permettant d'obtenir un rendez-vous sur le site internet de la préfecture de l'Isère, est à cet égard sans incidence.

6. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, rendu applicable aux États membres par l'article 51 de la même Charte : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 du même article : " Ce droit comporte notamment : - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". La Cour de justice de l'Union européenne a dit pour droit dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, que le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur ses conditions de séjour en France et les perspectives de son éloignement.

7. En l'espèce, M. A se disant Smail, a été mis à même, lors de son audition par les services de police le 2 juillet 2024, de présenter toutes les observations qu'il jugeait utile sur ses conditions de séjour en France et son possible éloignement. Il n'établit pas qu'il n'a pas pu présenter à l'administration d'autres éléments qui auraient pu influer sur le sens de la décision attaquée. En outre, alors qu'il déclare être entré en France le 13 octobre 2022, il a lui-même reconnu lors de son audition n'avoir effectué aucune démarche administrative afin de déposer une demande de titre de séjour depuis son arrivée en 2022, si bien qu'il ne pouvait ignorer la possibilité de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, compte tenu de ce maintien irrégulier sur le territoire français depuis plus de deux ans. Le moyen tiré du vice de procédure dont l'obligation de quitter le territoire français serait entachée doit donc être écarté.

8. En troisième et dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". M. A se disant Smail, justifie avoir une fille née le 12 juillet 2015, dont il indique avoir la garde, la mère de l'enfant, dont il est divorcé, résidant en Algérie selon ses déclarations. S'il se prévaut de la scolarisation de sa fille en CE2 et du fait que celle-ci bénéficie de soins médicaux en raison de sa maladie qui ne peut être soignée en Algérie, il ne produit, au soutien de ses allégations, aucun certificat médical concernant cet enfant, ni aucun certificat de scolarisation. En outre, le requérant, arrivé récemment en France à l'âge de 37 ans, s'y est maintenu en situation irrégulière. Enfin, il ne produit aucune pièce relative à son insertion amicale en France et allègue, sans en justifier, travailler en contrat indéterminée dans la restauration en qualité de chef cuisiner. Enfin, s'il indique être hébergé chez son frère, qui est titulaire d'une carte de résident de 10 ans, il n'en justifie pas davantage et il ressort au contraire du procès-verbal de son audition du 2 juillet 2024 qu'il a déclaré être hébergé, avec sa fille, chez son cousin. Dans ces circonstances, et alors même qu'il ne représenterait pas une menace pour l'ordre public et qu'il n'aurait jamais fait l'objet d'une condamnation pénale, ni d'aucune précédente mesure d'éloignement, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent dès lors être écartés.

S'agissant du refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () ".

10. En premier lieu, le requérant soutient que sa situation justifiait de lui accorder un délai de départ volontaire. Pour lui en refuser le bénéfice, le préfet s'est fondé sur les dispositions précitées de l'article L.612-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux motifs qu'il ne justifiait pas de son entrée régulière et qu'il n'a pas entamé de démarche administrative afin de solliciter un titre de séjour depuis son entrée en France en 2022. La circonstance qu'il a indiqué lors de son audition du 2 juillet 2024 vouloir se conformer à l'obligation de quitter le territoire français ne fait pas obstacle à l'application des dispositions précitées.

11. En second lieu, ainsi qu'il a été dit au point 8, il ne justifie pas de liens personnels intenses en France justifiant l'octroi d'un délai de départ volontaire. En outre, le requérant fait valoir que le refus de délai de départ " est contraire à l'intérêt supérieur de sa fille mineure, qui doit rompre brutalement sa scolarité, ses attaches en France et les soins médicaux dont elle bénéficie ", M. A se disant Smail n'établit pas l'existence des liens qu'il invoque, ni l'existence des soins médicaux pour sa fille qui ne pourraient être temporairement interrompus sans lui faire courir un risque vital. En outre, l'année scolaire 2024-2025 se termine le 5 juillet 2024. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le refus de délai de départ serait disproportionné, porterait atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'exception d'illégalité de la décision faisant obligation au requérant de quitter le territoire et le refus de départ volontaire, soulevée contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, doit être écartée.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ". Aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

14. La décision contestée fait application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et comporte les considérations de fait qui en constituent le fondement. Elle indique notamment que l'intéressé déclare être entré en France il y a seulement deux ans et qu'il ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

15. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit, le requérant ne peut se prévaloir d'attaches privée ou familiale d'une intensité particulière en France, en dehors sa fille mineure. Dans ces conditions, sa situation personnelle, telle qu'elle a été exposée précédemment, ne relève pas de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées et le préfet de l'Isère n'a, dès lors, pas commis d'erreur manifeste d'appréciation à cet égard, en ne s'abstenant pas de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, alors même que M. A se disant Smail ne présente pas une menace pour l'ordre public. Enfin, la durée d'un an ne présente pas, dans les circonstances de l'espèce, le caractère disproportionné invoqué.

16. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales invoqué contre l'interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté par les mêmes motifs que ceux exposés précédemment.

17. En cinquième et dernier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

18. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée aurait été adoptée en méconnaissance de l'intérêt supérieur de la fille de M. A se disant Smail, au sens des stipulations précitées, dès lors que cette décision n'a pas pour effet de la séparer de ce dernier. En outre, rien ne fait obstacle à une reconstitution de la cellule familiale en Algérie, qui est également le pays où vit la mère de l'enfant, ni à une scolarisation de cet enfant en Algérie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

En ce qui concerne la mesure d'assignation à résidence :

19. Il résulte de ce qui précède que l'exception d'illégalité de la décision faisant obligation au requérant de quitter le territoire et de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, soulevée contre l'arrêté portant assignation à résidence, doit être écartée.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que par, voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais d'instance :

21. M. A se disant Smail étant la partie perdante dans la présente instance, ses conclusions tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'aide juridictionnelle est accordée, à titre provisoire, à M. A se disant Smail.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant Fouad Smail, à Me Miran et au préfet de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

La magistrate désignée,

C. B

La greffière,

E. Berot-Gay

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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