mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2404766 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP DUCROT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024 et un mémoire du 16 juillet 2024, M. C A, Mme F A, Mme I A, M. B A, M. E A, Mme G A, Mme H J A représentés par la SELARL Ducrot Associés " DPA ", demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner la suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de l'arrêté du préfet de la Haute-Savoie du 18 juin 2024 portant cessibilité des parcelles nécessaires au projet d'aménagement d'équipements publics sur la commune de Saint-Germain-sur-Rhône ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est présumée s'agissant d'un arrêté de cessibilité ;
- il existe un doute sérieux concernant la légalité de la décision en litige :
L'exception d'illégalité de l'arrêté d'expropriation est recevable. Cet arrêté d'expropriation est illégal :
*il est signé par une autorité incompétente ;
*le dossier d'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique est incomplet : le dossier ne renseigne pas suffisamment les citoyens sur l'utilité du projet censé améliorer les conditions de stationnement et d'accueil des manifestations dans la salle des fêtes ; le public ne peut en conséquence opérer un bilan coût/avantage ; aucune variante n'est exposée rendant l'information du public partielle et insincère ;
*les conclusions du commissaire-enquêteur sont irrégulières ; le rapport n'indique pas l'avis personnel du commissaire-enquêteur qui s'est contenté de reprendre les arguments et explications du dossier sans critique et sans recherche ; son rapport est entaché d'une absence d'analyse de l'impact environnemental du projet, d'une absence d'analyse des variantes, de l'utilité publique du projet et du bilan de ce dernier ; il n'a pas répondu aux observations formulées par les requérants ;
*il est entaché d'une erreur de fait ;
* la déclaration d'utilité publique méconnait les règles d'urbanisme et les objectifs du PADD ; la création d'un parking de vingt-sept places sur un terrain agricole préservé en raison de la qualité de ses sols est contraire au PLU et à l'objectif de la loi ZAN limitant l'artificialisation ;
* l'utilité publique du projet n'est pas rapportée : le projet envisagé ne répond pas à l'intérêt général, n'est d'aucune utilité, le coût du projet est totalement disproportionné pour une commune de 600 habitants ; les aires de stationnement auront un impact négatif sur l'environnement, la nature et la qualité de vie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- au regard des enjeux majeurs de sécurité routière, de sécurité incendie et d'accès des services de secours qu'emporte le projet litigieux, ce dernier doit être regardé comme d'intérêt public et sa réalisation doit intervenir au plus vite ce qui remet en cause la présomption d'urgence des requérants ;
- il n'existe pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, la commune de Saint-Germain-Sur-Rhône, représentée par Me Poncin conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la commune rapporte l'existence d'une urgence à réaliser l'opération projetée et à exécuter l'arrêté de cessibilité critiqué ; un intérêt public s'attache à la mise en œuvre du projet et la présomption d'urgence invoquée par les requérants doit être écartée ;
- aucun des moyens n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2404765 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Barriol, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 16 juillet 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme Barriol, juge des référés ;
- les observations de Me Potronnat pour les requérants ;
- les observations de Me Poncin pour la commune de Saint-Germain-Sur-Rhône.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 avril 2024, le préfet de la Haute-Savoie a déclaré d'utilité publique le projet d'aménagements d'équipements publics (agrandissement du parking de la mairie et extension de la salle des fêtes et de ses stationnements) de la commune de Saint-Germain-Sur-Rhône, emportant la cessibilité en partie de la parcelle cadastrée section B n° 1331 situé au lieu-dit Beaumont appartenant à l'indivision A. Par un arrêté du 18 juin 2024, le préfet de la Haute-Savoie a déclaré cessible les parcelles nécessaires au projet d'aménagement d'équipements publics sur la commune de Saint-Germain-sur-Rhône. Les consorts A, susceptibles d'être expropriés, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté préfectoral du 18 juin 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
En ce qui concerne l'urgence :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Eu égard à l'objet d'un arrêté de cessibilité, à ses effets pour les propriétaires concernés et à la brièveté du délai susceptible de s'écouler entre sa transmission au juge de l'expropriation, pouvant intervenir à tout moment, et l'ordonnance d'expropriation de ce dernier, la condition d'urgence à laquelle est subordonné l'octroi d'une mesure de suspension en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée, en principe, comme remplie lorsque cette ordonnance n'est pas encore intervenue.
4. Eu égard aux conséquences difficilement réversibles qui s'attachent à l'expropriation envisagée et alors que le juge de l'expropriation n'a pas encore prononcé le transfert de propriété d'une partie de la parcelle des requérants, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision :
5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par les consorts A n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du préfet de la Haute-Savoie du 18 juin 2024 portant cessibilité des parcelles nécessaires au projet d'aménagement d'équipements publics sur la commune de Saint-Germain-sur-Rhône pour l'agrandissement du parking de la mairie et extension de la salle des fêtes et de ses stationnements. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune de Saint-Germain-Sur-Rhône au même titre.
O R D O N N E
Article 1er :La requête présentée par M. B A et autres est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la commune de Saint-Germain-Sur-Rhône présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B A au titre des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, au préfet de la Haute-Savoie et à la commune de Saint-Germain-Sur-Rhône.
Fait à Grenoble, le 17 juillet 2024.
La juge des référés,
E. Barriol
Le greffier,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2404766
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026