jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2404793 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, M. D, représenté par Me Schurmann, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 mai 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande de reconnaissance du statut d'apatride ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de lui reconnaitre la qualité d'apatride ;
3°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle et mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à son conseil qui renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation.
Par ordonnance du 29 juillet 2024, la requête a été dispensée d'instruction en application de l'article R. 611-8 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sauveplane,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du paragraphe 1er de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 : " Aux fins de la présente Convention, le terme " apatride " désigne une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation () ". Aux termes de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention. "
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions d'annulation :
4. Pour rejeter la demande de reconnaissance de la qualité d'apatride de M. D, né en 1990 à Tbilissi alors en République socialiste soviétique de Géorgie, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides s'est fondé sur le motif que, d'une part, M. D s'est volontairement placé en situation d'apatridie en renonçant à la nationalité géorgienne en présentant aux autorités géorgiennes le 21 septembre 2022 une demande de renonciation à la nationalité géorgienne en application de l'article 20 de la loi organique sur la nationalité géorgienne du 30 avril 2014 dont il a été donné acte par décret du président de la république du 17 octobre 2022 et, d'autre part, que ces dispositions conditionnent la renonciation à la nationalité géorgienne à la preuve de l'acquisition par l'intéressé d'une autre nationalité géorgienne.
5. Il résulte de son préambule que la convention du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides a pour objet de régler et d'améliorer la condition des apatrides, et de leur assurer l'exercice le plus large possible des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'article 1er de cette convention stipule que le terme "apatride" désigne " une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation ". Cette définition ne saurait s'appliquer aux personnes qui se seraient volontairement placées, à la faveur d'une disposition de la législation du pays dont ils étaient ressortissants, dans la situation d'être privés de leur nationalité, sans avoir préalablement obtenu la nationalité d'un autre Etat, et auraient ainsi cherché volontairement à se placer dans la situation définie par les stipulations précitées de l'article 1er de la convention du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides.
6. Il est constant que M. D a présenté une requête et renoncé à la nationalité géorgienne dont il a été donné acte par décret du président de la république du 17 octobre 2022. Par suite, il doit être regardé comme s'étant volontairement placé dans la situation d'être privé de sa nationalité. De surcroit, dans la mesure où l'article 20 de la loi organique sur la nationalité géorgienne du 30 avril 2014, dont la teneur et la portée ne sont pas contestées par le requérant, subordonne la renonciation de la nationalité géorgienne à la preuve de l'acquisition d'une autre nationalité étrangère, M. D doit être présumé avoir acquis une autre nationalité étrangère. En tout état de cause, le l b de l'article 18 de la loi organique sur la nationalité géorgienne du 30 avril 2014 permet l'octroi de la nationalité géorgienne par voie de rétablissement à des personnes dont la citoyenneté a été résiliée par la renonciation volontaire à la nationalité géorgienne. Dès lors, la décision contestée ne méconnaît ni les stipulations précitées de l'article 1er de la convention du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ni les dispositions de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et n'est pas davantage entachée d'erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 mai 2024 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Ainsi sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris les conclusions de son avocat tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er :M. D est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 :Le surplus de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de Me Schürmann tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et à Me Schürmann.
Copie en sera adressée à l'Office français de protection des refugies et apatrides.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme B E, première-conseillère,
- Mme C A, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
C. E
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026