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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2405012

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405012

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2405012
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CLDAA LIOCHON ET DURAZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024 et un mémoire du 23 juillet 2024, la société à responsabilité limitée (SARL) Katirag Invest et la société à responsabilité limitée unipersonnelle (SARLU) SOPRIMM, représentées par Me D, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 15 mai 2024 du directeur général de Cristal Habitat portant acquisition de la propriété sise 12 avenue du Mont Saint-Michel à Barberaz, cadastrée A n° 468, au prix de 415 000 euros, libre de toute occupation, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 15 mai 2024 du directeur général de la société d'économie mixte locale Cristal Habitat portant acquisition de la propriété sise 12 avenue du Mont Saint-Michel à Barberaz, cadastrée A n° 468, au prix de 415 000 euros, sans commission et libre de tout occupation, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) de mettre à la charge de la société d'économie mixte locale Cristal Habitat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la condition d'urgence est présumée lorsque l'acquéreur demande la suspension de la décision de préemption qui l'évince de la transaction ;

- la preuve de l'affichage de la délibération instituant le droit de préemption et du respect des formalités prévues par l'article R. 211-3 du code de l'urbanisme devra être rapporté ;

- la preuve de la régularité de l'affichage des délibérations déléguant l'exercice du droit de préemption devait être rapporté ;

- l'incohérence sur la commission de 103 200 euros, incluse ou non dans le prix d'acquisition de 415 000 euros, affecte l'élément essentiel du prix et méconnaît l'article R. 213-8 du code de l'urbanisme ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le titulaire du droit de préemption doit être en mesure de justifier de la réalité d'un projet.

Un mémoire en intervention volontaire des consorts E a été enregistrée le 18 juillet 2024.

Ils font valoir qu'ils attendent le jugement au plus vite car leur mère a besoin du produit de la vente pour assumer ses charges dans un établissement pour personnes âgées dépendantes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, la société d'économie mixte locale (SEML) Cristal Habitat, représentée par Me Duraz, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des sociétés requérantes en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 9 juillet 2024 sous le numéro 2405014 par laquelle la SARL Katirag Invest et la SARLU SOPRIMM demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. G pour statuer sur les demandes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 24 juillet 2024 en présence de Mme Bourechak, greffier d'audience, M. G a lu son rapport et entendu Me Perrier substituant Me D, représentant la SARL Katirag Invest et la SARLU SOPRIMM, et Me Duraz, représentant la SEML Cristal Habitat.

A l'issue de l'audience, l'instruction a été prolongée jusqu'au 25 juillet à 17h.

Des pièces ont été enregistrées au greffe le 25 juillet à 15h37 pour la SEML Cristal Habitat et communiquées aux parties.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes d'une promesse unilatérale de vente en date du 14 février 2024, les consorts E promettaient de vendre à la SARL Katirag Invest, sous diverses conditions, un tènement immobilier comprenant une maison à usage d'habitation, un bâtiment à usage d'atelier, avec sol et terrain attenant, sis 12 avenue du Mont Saint-Michel à Barberaz (73000), cadastré section A n° 468, au prix de 430 000 euros et 103 200 euros de commission à la charge de l'acquéreur. La SARLU SOPRIMM étant intervenue comme intermédiaire dans la vente, la SARL Katirag Invest lui devait une rémunération de 103 200 euros à titre de commission. Le notaire en charge de l'acquisition a adressé une déclaration d'intention d'aliéner le 21 juin 2024 à la commune de Barberaz, bénéficiaire d'un droit de préemption urbain. Par une décision en date du 15 mai 2024, le directeur général de la SEML Cristal Habitat informait le notaire de sa volonté de préempter le bien au prix de 415 000 euros sans la commission de 103 200 euros. Par une décision du même jour, la société Katirag Invest a été informée de la volonté de la SEML Cristal Habitat de sa volonté de préempter le bien au prix de 415 000 euros sans donner d'information sur la commission due à la société SOPRIMM.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " A ceux de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " Enfin le premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "

3. En l'espèce, la condition d'urgence est présumée, s'agissant d'un acquéreur évincé. Elle n'est d'ailleurs pas contestée par la SEML Crital Habitat.

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par les sociétés requérantes n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions tendant à la suspension de la décision litigieuse.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions de la SEML Cristal Habitat tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de sociétés Katirag Invest et SOPRIMM est rejetée.

Article 2 :Les conclusions de la SEML Cristal Habitat tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Katirag Invest, à la SARLU SOPRIMM, à la SEML Cristal Habitat, à Mme F E, à M. C E, à M. D E et à Mme B A.

Fait à Grenoble, le 26 juillet 2024.

Le juge des référés,

M. G

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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