vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2405060 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BORGES DE DEUS CORREIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juillet 2024, Mme A B épouse C, représentée par Me Borges de Deus Correia, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de renouveler son attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
* Sur la condition relative à l'urgence :
- l'urgence est présumée en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour ;
- cette décision la place en situation irrégulière et dans une situation de précarité ;
* Sur la condition relative au doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision méconnait les dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 45 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et celles de la directive 2004/38CE ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- la requête en annulation de Mme C sous le n° 2405059 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la directive 2004/38CE du 29 avril 2004 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ruocco-Nardo pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont régulièrement été convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juillet 2024 à 11h00 :
- le rapport de M. Ruocco-Nardo, juge des référés ;
- les observations de Me Borges de Deus Correia représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
Après avoir constaté l'absence du préfet de l'Isère ou de son représentant, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 11h15.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante tunisienne née le 6 septembre 1974, qui est entrée en France le 27 décembre 2009, a bénéficié de plusieurs titres de séjour en qualité de conjointe d'un citoyen de l'Union européenne, dont le dernier était valable du 16 janvier 2023 au 15 janvier 2024. Consécutivement à sa demande de renouvellement de son titre de séjour, une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 3 juillet 2024 lui a été délivrée le 4 avril 2024. Par la présente requête, elle demande la suspension de l'exécution de la décision implicite née le 4 juillet 2024 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de renouveler son attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En l'espèce, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
4. En premier lieu, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
5. En l'espèce, la requérante se prévaut de ce que la décision litigieuse a pour effet de la placer en situation irrégulière et de précarité et de la priver de prestations familiales. En l'absence de toute contestation en défense, la condition tenant à l'urgence doit être regardée comme remplie.
6. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que la requérante a bénéficié d'une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour valable du 4 avril 2024 au 3 juillet 2024 et que la dernière phrase du deuxième alinéa de cet article prévoit que celle-ci doit être renouvelée aussi longtemps qu'il n'a pas été statué sur la demande de titre de séjour.
7. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite refusant le renouvellement de l'attestation de prolongation de l'instruction dont Mme C a bénéficié.
8. L'exécution de la présente ordonnance implique que le préfet de l'Isère renouvelle l'attestation de prolongation de l'instruction dont elle a bénéficié dans un délai de 7 jours à compter de la notification de la présente ordonnance. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
9. Mme C ayant été provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son conseil peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Borges de Deus Correia, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Borges de Deus Correia de la somme de 1 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision implicite refusant le renouvellement de l'attestation de prolongation de l'instruction de la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme C est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de renouveler l'attestation de prolongation de l'instruction dont Mme C a bénéficié dans un délai de 7 jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'Etat versera à Me Borges de Deus Correia, avocat de Mme C, une somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse C, à Me Borges de Deus Correia et au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer.
Le juge des référés,
T. RUOCCO-NARDO La greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026