mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2405087 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ALBERTIN |
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la décision par laquelle le président du tribunal à délégué à Mme Holzem les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Holzem,
- les observations de M. B et de Me Delchambre qui déclarent à l'audience se désister des conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle et soutiennent, par ailleurs, que l'arrêté est entaché d'erreurs de fait dès lors qu'il n'a pas fait l'objet d'une interpellation en raison d'une conduite sans permis, que l'obligation de quitter le territoire français de 2022 a fait l'objet d'une erreur d'adressage de sorte qu'il ne peut être regardé comme ne l'ayant pas réceptionnée et que son comportement ne peut être regardé comme une menace à l'ordre public.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant albanais né le 29 septembre 1987, est entré en France le 7 janvier 2019 accompagné de son épouse et de leur enfant mineur. Ils ont sollicité leur admission au séjour au titre de l'asile, demandes qui ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile et ont fait l'objet de mesures d'éloignement par des arrêtés du 23 septembre 2019 du préfet de la Drôme. La demande de réexamen présentée par M. B a également été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et le préfet de la Drôme a adopté une nouvelle mesure d'éloignement par arrêté du 10 août 2022. A l'issue d'un contrôle d'identité, M. B s'est vu notifier l'arrêté attaqué par lequel le préfet de la Drôme lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'un an. Par un arrêté du même jour, le préfet a assigné M. B à résidence. Ces requêtes présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Il y a lieu de donner acte du désistement de M. B, qui est pur et simple, de ses conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle.
3. Il résulte des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Drôme a considéré que le comportement de M. B constituait un " trouble " à l'ordre public. Il a retenu, d'une part, que M. B avait été interpellé conduisant sans permis et faisant usage d'un téléphone au volant. Cependant il résulte du procès-verbal du 10 juillet 2024 que seul l'usage du téléphone avait été constaté par les agents de police, M. B produisant par ailleurs son permis de conduire. D'autre part, il a retenu que M. B avait été interpellé le 30 juillet 2019 pour vol à l'étalage. Cependant, ni ce fait isolé, et pour lequel M. B n'a jamais été condamné, ni les faits d'usage du téléphone au volant ne sont de nature à établir que le comportement de M. B puisse représenter un " trouble " quelconque à l'ordre public. Dans ces conditions, et alors qu'il n'est pas établi que le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était pas fondé sur ce motif, le préfet de la Drôme a entaché son arrêté d'une erreur de qualification juridique des faits.
4. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 10 juillet 2024 du préfet de la Drôme portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'un an et fixant le pays de destination doit être annulé. Par voie de conséquence, l'arrêté du même jour assignant M. B à résidence doit également être annulé.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. B tendant à son admission à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les arrêtés du 10 juillet 2024 par lesquels le préfet de la Drôme a prononcé une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'un an, d'une part, et prononçant une assignation à résidence, d'autre part, sont annulés.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Drôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
J. Holzem
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2405087 ; 2405088
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026