LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2405207

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405207

mercredi 7 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2405207
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique 1
Avocat requérantDIOUF-GARIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A, ressortissant marocain, contestant un arrêté préfectoral d’obligation de quitter le territoire français sans délai, assorti d’une interdiction de retour de deux ans. Le juge a estimé que l’arrêté était suffisamment motivé et que le préfet avait procédé à un examen complet de la situation, sans erreur de fait. Il a considéré que la mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale de l’intéressé (article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme), compte tenu de ses liens familiaux limités en France et de son passé judiciaire pour violences conjugales. Enfin, le refus de délai de départ volontaire et l’interdiction de retour ont été jugés conformes aux articles L. 612-1, L. 612-2 et L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête enregistrée le 15 juillet 2024 et un mémoire complémentaire du 25 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Diouf, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté n° 2024-GT 262 du 13 juillet 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation, d'erreur de fait et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le refus de délai de départ volontaire méconnait les dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; un délai de départ volontaire aurait dû lui être accordé ;

- l'interdiction de retour est entachée de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- il peut justifier de circonstances humanitaires, au sens des dispositions de l'article L. 612-6, ce dont le préfet s'est abstenu d'apprécier ; les dispositions de l'article L. 612-10 ont été méconnues.

Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier ;

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le magistrat désigné a, au cours de l'audience publique du 6 août 2024, à 11h30, appelé l'affaire et a présenté son rapport. Me Margat, qui substitue Me Diouf, a présenté des observations pour M. A. Le préfet de l'Isère n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B A.

Sur les conclusions en annulation :

2. M. B A, ressortissant marocain âgé de 40 ans, déclare être entré en France en 2019. Un titre de séjour lui a été remis, valable du 26 janvier 2023 au 25 janvier 2024, au titre de la vie privée et familiale. Il n'a pas demandé le renouvellement de la carte de séjour temporaire. Le 12 juillet 2024, il a été interpellé par les services de la police nationale de Grenoble pour des faits de violences conjugales et menaces de mort sur son épouse. Par arrêté du 13 juillet 2024, le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, le préfet de l'Isère mentionne, outre les considérations de droit sur lesquelles il s'est fondé, l'absence de demande de renouvellement de titre de séjour par M. A, sa durée de présence en France et sa situation personnelle et familiale. L'arrêté attaqué est ainsi suffisamment motivé et répond aux exigences de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que l'arrêté ne mentionne pas les éléments qui lui sont favorables n'est pas de nature à retenir que l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et de la précision des mentions figurant dans l'arrêté en litige que, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet a procédé à un examen complet de sa situation. Le moyen tiré d'un défaut d'examen doit être écarté comme non fondé. Il en va de même du moyen tiré de l'erreur de fait qui n'est pas étayé.

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

6. M. A déclare résider en France depuis 2019. Toutefois, en dehors de son frère qui l'héberge, il ne justifie pas de liens familiaux sur le territoire national. Il est séparé de son épouse depuis près d'un an et il est connu défavorablement des services de police pour des faits réitérés de violences conjugales, de menaces de mort sur conjoint et de viol sur conjoint, et ce depuis 2019. Les quelques attestations de sympathie rédigées à son endroit ne traduisent pas des attaches familiales ou amicales suffisantes. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le requérant ne justifie pas de liens familiaux intenses, stables et pérennes sur le territoire tandis qu'il a passé l'essentiel de sa vie au Maroc où il conserve nécessairement des attaches. La circonstance qu'il occupe un poste d'employé polyvalent dans un magasin d'alimentation depuis 2022 n'est pas suffisante pour caractériser une insertion dans la société française. Ainsi, eu égard aux conditions du séjour du requérant en France, le préfet de l'Isère n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris l'arrêté attaqué et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision le privant de tout délai de départ volontaire :

7. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour () sans en avoir demandé le renouvellement () ".

8. Il est constant que le titre de séjour de M. A a expiré le 25 janvier 2024. L'intéressé n'établit ni même n'allègue en avoir demandé le renouvellement. Ainsi, le risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français est établi en application de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et M. A ne fait pas état de circonstances particulières qui s'y opposeraient. Cela suffisait au préfet de l'Isère pour le priver de tout délai de départ volontaire, même s'il justifie d'un emploi et d'un hébergement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté. Pour les motifs énoncés au point 6, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

10. En premier lieu, la mesure d'éloignement n'étant entachée d'aucune illégalité, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

11. En deuxième lieu, pour interdire à M. A de revenir en France pour une durée de deux ans, le préfet de l'Isère a retenu que l'intéressé n'avait fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement mais qu'il n'a pas demandé le renouvellement de son titre de séjour, que sa durée de présence en France est relativement faible par rapport au temps passé au Maroc où le requérant a dit avoir conservé des liens familiaux et qu'il présente une menace pour l'ordre public. Ce faisant, le préfet de l'Isère a analysé la situation de M. A au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit.

12. En dernier lieu, la circonstance qu'il occupe un emploi et qu'il souhaite divorcer ne constituent pas des circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées. En outre, à supposer même que M. A ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, il reconnait la matérialité des faits de violences conjugales qui lui sont reprochés qu'il tente de minimiser. Ainsi, il n'est pas fondé à soutenir qu'en prononçant à son égard une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet de l'Isère a méconnu les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas davantage fondé à soutenir, pour les mêmes motifs, que cette décision porterait une atteinte disproportionnée à son droit à sa vie privée et familiale.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais du litige doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Diouf et au préfet de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 août 2024.

Le magistrat désigné,La greffière,

Mme D Mme C

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions