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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2405404

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405404

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2405404
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantROUVIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de Mme B, ressortissante comorienne, qui contestait les refus implicites de renouvellement de son récépissé et de son titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était plus remplie, le préfet ayant convoqué l'intéressée pour lui délivrer un titre de séjour valable dix ans. La requête a été rejetée, ainsi que les demandes d'injonction et d'astreinte. La décision s'appuie sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Rouvier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution des décisions implicites refusant d'une part, la délivrance d'un récépissé et d'autre part la délivrance d'un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir, de remettre à la requérante un récépissé de demande de titre de séjour, assorti d'une autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 750 euros, à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est désormais en situation irrégulière sur le territoire français, ne peut plus travailler et ne dispose plus de couverture médicale pour poursuivre ses soins ;

- il y a un doute sérieux quant à la légalité de la décision portant refus de renouvellement de récépissé, laquelle est :

* insuffisamment motivée ;

* méconnait les articles R. 431-12 et R. 431-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

- Il y a un doute sérieux quant à la légalité de la décision portant refus de renouvellement d'un titre de séjour, laquelle est :

* insuffisamment motivée ;

* méconnait les articles L. 423-7 et L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er aout 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.

Le préfet fait valoir qu'il a délivré à l'intéressée un rendez-vous le 6 aout 2024 à 13h50 aux fins de retirer son titre de séjour valable du 12 septembre 2023 au 11 septembre 2033, réceptionné en préfecture le 3 juillet 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 15 juillet 2024 sous le numéro 2405228 par laquelle Mme A B demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Fourcade pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 5 août 2024 au cours de laquelle ont été entendus en présence de Mme Berot-Gay, greffier d'audience :

- le rapport de Mme Fourcade, juge des référés ;

- les observations de Me Terrasson, substituant Me Rouvier, représentant Mme A B.

Le préfet de l'Isère n'était ni présent ni représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante comorienne, née le 31 décembre 1975 est entrée sur le territoire français en 1999 et est mère de deux enfants français. Après avoir bénéficié de plusieurs titres de séjour, elle s'est vue délivrer le 12 septembre 2013 une carte de résident valable 10 ans dont elle a demandé le renouvellement sur le fondement de l'article L.423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle a été mise en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler valable jusqu'au 23 mai 2024. Par la présente requête Mme A B demande au juge des référés de suspendre l'exécution d'une part de la décision implicite refusant de renouveler son récépissé à compter du 23 mai 2024 et d'autre part de la décision implicite de refus de renouvellement de son titre de séjour né du silence gardé pendant plus de 4 mois sur sa demande.

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Compte tenu de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu, par application des dispositions précitées, d'accorder provisoirement à Mme A B le bénéfice de l'aide juridictionnelle.

3. Aux termes de l'article L.521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ()".

4. En l'espèce, le préfet de l'Isère a délivré un rendez-vous à l'intéressée le 6 août 2024 à 13h50 aux fins de lui délivrer son titre de séjour valable du 12 septembre 2023 au 11 septembre 2033 et réceptionné en préfecture le 3 juillet 2024. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie à la date de la présente ordonnance.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées tout comme, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme A B au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B, à Me Rouvier et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 5 aout 2024.

Le juge des référés,

F. Fourcade

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2405404

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