mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2405494 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | VIAL-GRELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 23 juillet 2024 et le 8 août 2024, M. B A, représenté par Me Vial-Grelier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de suspendre la récupération des indus mis à sa charge ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui rembourser les sommes récupérées à tort depuis décembre 2023 en recouvrement des indus réclamés dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Isère et de la caisse d'allocations familiales de l'Isère une somme de 900 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'elle a suspendu le recouvrement des indus d'aide personnalisée au logement, de revenu de solidarité active, de primes et d'aides exceptionnelles dès qu'elle a été saisie du recours gracieux de M. A jusqu'à la notification du rejet implicite le 13 mars 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2024, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun prélèvement n'a été affecté au remboursement des indus litigieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a fait l'objet d'un contrôle réalisé par un agent assermenté de la caisse d'allocation familiales de l'Isère mettant en évidence dans son rapport du 16 octobre 2023 qu'il ne respectait pas les conditions de résidence, qu'il n'avait pas déclaré son mariage ni les revenus perçus par sa femme. Un indu de 20 881,36 euros lui a été notifié le 11 décembre 2023 relatif à un indu d'aide personnelle au logement de 7 020,88 euros de juin 2021 à novembre 2023, un indu de revenu de solidarité active de 13 355,58 euros relatifs à la période de juin 2021 à novembre 2023, deux indus de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2021 et 2022 de 304,90 euros et d'aide exceptionnelle de solidarité de décembre 2021 et septembre 2022 de 200 euros. Par un courrier du 19 décembre 2023, parvenu à l'administration le 23 décembre 2023, M. A a présenté un recours préalable. La caisse d'allocations familiales a confirmé le bien-fondé de l'indu et a rejeté son recours préalable par décision implicite du 13 mars 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Il résulte de cette disposition que le juge des référés peut ordonner toutes mesures utiles lorsque la mesure demandée est urgente, utile, qu'elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et que l'obligation de se plier à la mesure sollicitée n'est pas sérieusement contestable.
3. S'agissant du revenu de solidarité active, l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles prévoit que " Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif ". S'agissant de la prime d'activité, l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale prévoit que " Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et ces demandes ont un caractère suspensif ". Il ressort de ces dispositions combinées que la récupération d'un indu, correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active et de prime d'activité, est suspendue dès que son bien-fondé est contesté par un recours administratif et contentieux. La suspension commence dès réception de la demande et prend fin à la notification de la décision administrative ou du jugement.
4. Lorsque la loi attache un caractère suspensif à l'exercice d'un recours administratif ou contentieux, l'exécution de la décision qui fait l'objet de ce recours ne peut plus être poursuivie jusqu'à ce qu'il ait été statué sur ce recours. Si, malgré cela, l'administration poursuit l'exécution de la décision en dépit d'un recours, c'est alors sans faire obstacle à l'exécution de cette décision, en principe déjà paralysée, en vertu de la loi, par l'effet même du recours, que le juge des référés peut, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, prescrire à l'administration, à titre provisoire dans l'attente d'une décision se prononçant sur le bien-fondé du recours, toutes mesures justifiées par l'urgence propres à faire cesser la méconnaissance du caractère suspensif du recours.
5. Tel est le cas, en particulier, lorsque la collectivité débitrice du revenu de solidarité active ou l'organisme chargé du service de celui-ci poursuit le recouvrement d'un indu de cette prestation, par retenues sur les montants à échoir de ladite prestation ou d'autres prestations sociales, en méconnaissance du caractère suspensif attaché aux recours administratifs et contentieux par l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles précité. Le juge des référés peut alors, sur le fondement de l'article L. 521-3, non seulement ordonner qu'il soit mis fin aux retenues à venir dans l'attente qu'il soit statué sur le recours, mais aussi enjoindre le reversement des sommes qui ont été à tort retenues en méconnaissance du caractère suspensif du recours.
En ce qui concerne la demande de suspension des retenues :
6. Il résulte de l'instruction que la suspension des retenues sur les prestations sociales perçues par M. A est effective au jour de l'ordonnance. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à ce que le juge ordonne à la caisse de suspendre les retenues sur ses prestations actuelles.
En ce qui concerne la demande de restitution des sommes retenues :
S'agissant du mois de décembre 2023 :
7. Il résulte de l'instruction qu'un rappel de droit d'aide personnalisée au logement pour les mois de juillet à novembre 2023 pour un montant de 1 197,40 euros est venu en compensation de l'indu de cette prestation. La créance de M. A n'est par suite pas certaine.
S'agissant du mois de février 2024 :
8. Il résulte de l'instruction que la retenue pour le mois de février 2024 de 79,50 euros a fait l'objet d'un remboursement par les services de la caisse d'allocations familiales de l'Isère en avril 2023, antérieurement à l'enregistrement de la requête.
S'agissant du mois de mars 2024 :
9. Il résulte de l'instruction que la retenue pour le mois de mars 2024 de 79,50 euros a été effectuée le 27 du mois et que la décision de rejet de son recours date du 13 mars. Dès lors, la retenue est postérieure à la phase de recours amiable. La créance de M. A n'est par suite pas certaine.
S'agissant des mois d'avril, de mai et de juin 2024 :
10. Il résulte de l'instruction que les retenues pour le mois d'avril 2024 de 359 euros, de mai 2024 de 159 euros et de juin 2024 de 159 euros ont été effectuées postérieurement à la décision de rejet de son recours préalable du 13 mars 2024 mais antérieurement à la saisine du tribunal administratif, le 23 juillet 2024. La créance de M. A n'est par suite pas certaine.
S'agissant du mois de juillet 2024 :
11. Il résulte de l'instruction que pour la retenue de juillet 2024 de 159 euros, celle-ci a fait l'objet d'un remboursement le 25 juillet suivant. La créance de M. A n'est par suite pas certaine.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à ce que le juge ordonne à la caisse de suspendre les retenues sur ses prestations actuelles.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Vial-Grelier, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, à la caisse d'allocations familiales de l'Isère et au département de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 25 septembre 2024.
Le juge des référés,
J.P. WYSS
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de l'Isère chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026