lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2405575 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | NDOYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juillet, Mme B A, représentée par Me Ndoye, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2024 par lequel le préfet de la Savoie a refusé le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 90 jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui délivrer un titre de séjour étudiant dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que le refus de titre de séjour est entaché d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle poursuit de manière réelle et sérieuse ses études dont elle justifie de la progression et d'une atteinte disproportionnée à sa liberté de travailler et d'entreprendre qui s'inscrit dans la nécessité de poursuivre ses études en droit pour devenir magistrat ou avocat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2024, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que ses moyens ne sont pas fondés.
Par une lettre du 23 septembre 2024, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible, en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, de fonder la décision sur deux moyens soulevés d'office, à savoir la méconnaissance du champ d'application de la loi (le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne s'applique pas au regard de l'existence de la convention franco-ivoirienne relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Abidjan le 21 septembre 1992, publiée par le décret n° 95-436 du 14 avril 1995, et en particulier son article 9) et la substitution de base légale (il convient d'appliquer l'article 9 de la convention franco-ivoirienne relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Abidjan le 21 septembre 1992, publiée par le décret n° 95-436 du 14 avril 1995 et non pas les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile).
Le 26 septembre 2024, Mme A a formé des observations sur les moyens soulevés d'office.
Le 30 septembre 2024 à 7h47, le préfet de la Savoie a formé des observations sur les moyens soulevés d'office.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 21 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention franco-ivoirienne relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Abidjan le 21 septembre 1992, publiée par le décret n° 95-436 du 14 avril 1995 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Ndoye, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante ivoirienne née le 7 septembre 1997, est entrée régulièrement en France le 19 septembre 2015 avec un passeport et un visa de long séjour " étudiant ". Elle s'est vue délivrer un titre de séjour en cette qualité jusqu'au 16 novembre 2023. Le 30 octobre 2023, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour étudiant, qui lui a été refusé par l'arrêté contesté du 3 avril 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour refuser de renouveler le titre de séjour étudiant de Mme A, le préfet s'est fondé exclusivement sur le défaut de progression de ses études.
3. Aux termes de l'article 9 de la convention franco-ivoirienne : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. () "
4. Il résulte de ces stipulations que le renouvellement du titre de séjour d'un étudiant originaire de Côte d'Ivoire est seulement subordonnée, outre la possession de moyens d'existence suffisants, à la poursuite effective des études.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a validé sa première année de licence de droit-administration économique et sociale à l'université de Savoie Mont-Blanc en cinq années, de 2015 à 2020. Elle a ensuite obtenu sa licence 2 de droit à l'issue de son année universitaire 2020-2021 et validé sa troisième année de licence de droit en trois années, de sorte qu'elle est, depuis l'été 2024, titulaire d'un diplôme de licence en droit. Elle justifie de son inscription en première année de Master- juriste d'affaire à l'Esam de Lyon pour l'année 2024-2025. Le parcours universitaire de la requérante, dont le caractère sérieux n'est pas contesté, manifeste ainsi une poursuite qui doit s'apprécier en tenant compte en premier lieu de l'impact de la maladie et du décès de ses parents survenus le 17 août 2021 pour sa mère et le 14 juin 2023 pour son père, mais également de sa nécessité de travailler pour financer ses études. Dans ces conditions, Mme A doit être regardée comme poursuivant effecivement ses études au sens et pour l'application de l'article 9 de la convention franco-ivoirienne. Par suite, le préfet de la Savoie a fait une inexacte appréciation des faits de l'espèce en refusant de lui renouveler, à la date du 3 avril 2024, son titre de séjour étudiant en raison du défaut de progression de son cursus.
6. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 3 avril 2024 du préfet de la Savoie.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 5 et l'absence d'éléments sur les moyens actuels d'existence de la requérante, la présente décision implique seulement que le préfet de la Savoie réexamine sa situation. Il sera enjoint d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin à ce stade d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Ndoye, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Ndoye de la somme de 1 000 euros.
DÉCIDE :
Article 1er :L'arrêté du préfet de la Savoie en date du 3 avril 2024 est annulé.
Article 2 :Il est enjoint au préfet de la Savoie de réexaminer la situation de Mme A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Ndoye une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Ndoye et au préfet de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme D E, première-conseillère,
- Mme Emilie Aubert, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
La rapporteure,
E. C
Le président,
M. FLa greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2405575
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026