lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2405648 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Schurmann, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite de rejet du préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction l'autorisant à travailler sans délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet du préfet de l'Isère de lui renouveler son titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au Préfet de L'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour en attendant la fabrication et la délivrance dudit titre de séjour, sans délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la présente ordonnance prise
4°) d'enjoindre au Préfet de L'Isère sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la présente ordonnance prise, de renouveler son titre de séjour dans un délai de 5 jours, et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, assorti d'une autorisation de travail, dans le même délai ;
5°) de mettre à la charge du préfet de l'Isère la somme de 1 500 euros à verser à Me. Schurmann sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée ; il est en situation irrégulière depuis l'expiration de son titre de séjour le 3 juillet 2024, ne peut plus travailler, se trouve privé de toutes ressources financières et est par suite en précarité financière ; il ne peut plus se déplacer librement ;
- le refus de délivrer une attestation de prolongation de l'instruction porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté fondamentale de travailler, de se déplacer et de mener une vie familiale normale.
La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bourion pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 29 juillet 2024 à 15h40
Au cours de l'audience publique tenue le 29 juillet 2024 en présence de M.Morand , greffier d'audience. Mme Bourion a lu son rapport et entendu Me Schurmann représentant M. B ; le préfet n'était ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen, né le 13 septembre 2003, est entré en France selon ses déclarations, le 28 octobre 2019 alors qu'il était mineur et a été placé à l'aide sociale à l'enfance. Il a signé au titre des années 2023-2024, un contrat d'apprentissage avec une société de construction de structure en béton en qualité d'apprenti alternant et a bénéficié d'une carte de séjour temporaire valable du 4 juillet 2023 au 3 juillet 2024. Toutefois, en raison de l'absence de disponibilité de créneau de rendez-vous sur le site de la préfecture, il n'a pu obtenir le renouvellement de son titre de séjour.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Lorsqu'il est saisi sur le fondement des dispositions citées ci-dessus et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, résultant de l'action ou de la carence de cette personne publique, il appartient au juge des référés de prescrire les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte, dès lors qu'existe une situation d'urgence caractérisée justifiant le prononcé de mesures de sauvegarde à très bref délai. Le juge des référés peut ordonner à l'autorité compétente de prendre, à titre provisoire, des mesures d'organisation des services placés sous son autorité, dès lors qu'il s'agit de mesures d'urgence qui lui apparaissent nécessaires pour sauvegarder, à très bref délai, la liberté fondamentale à laquelle il est gravement, et de façon manifestement illégale, porté atteinte.
En ce qui concerne le cadre juridique :
4. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2 ". Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise.() ".
5. Il ressort des pièces du dossier que depuis le 16 avril 2024, soit dans le délai prescrit pour la présentation d'une demande titre de séjour, M. B a effectué pas moins d'une vingtaine de démarches pour solliciter sur le site de la préfecture un rendez-vous en vue du renouvellement de son titre de séjour. En dépit de ses démarches, sa demande n'a pu être enregistrée.
En ce qui concerne l'atteinte manifestement grave et illégale à une liberté fondamentale :
6. Le droit pour un étranger admis à demander le renouvellement de son titre de séjour, d'être muni par l'autorité administrative d'une attestation de prolongation de l'instruction ou d'un récépissé justifiant la régularité de sa situation et, le cas échéant, de son droit au travail ouvert selon la législation en vigueur, constitue une liberté fondamentale dès lors que ce document conditionne l'exercice de plusieurs libertés fondamentales, notamment le droit d'aller et venir et le droit au travail.
7. En l'espèce, l'impossibilité de prendre rendez-vous en préfecture de l'Isère empêche M. B d'obtenir le renouvellement de son titre de séjour. Cette absence de récépissé de son dépôt de demande et de renouvellement de son titre de séjour porte une atteinte manifestement grave et illégale à sa liberté fondamentale d'aller et venir et à sa liberté fondamentale de travailler.
En ce qui concerne l'urgence :
8. M. B établit que son titre de séjour a expiré le 3 juillet 2024 et qu'il est désormais en situation irrégulière. La décision litigieuse refuse le renouvellement du titre de séjour de M. B. Ainsi, la condition d'urgence est présumée satisfaite. En l'absence de toute contestation sur ce point en défense, cette condition est remplie. Par suite la condition d'urgence doit être regardée comme remplie dans les circonstances de l'espèce.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 3 jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard et une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour.
Sur les frais du procès :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du préfet de l'Isère, partie perdante, la somme de 1 000 euros à verser à Me Schurmann en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à M. B un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 3 jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard et une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour.
Article 2 :Le préfet de l'Isère versera à Me. Schurmann une somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Schurmann et au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère
Fait à Grenoble, le 29 juillet 2024.
Le juge des référés,
I. Bourion
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2405648 2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026