mardi 27 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406075 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2 |
| Avocat requérant | BASSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 et 21 août 2024 Mme B et M. D, représentés par Me Basset, demandent au tribunal :
1°) de leur accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 1er août 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration :
- à titre principal : de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de deux jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
- subsidiairement : de réexaminer leur situation dans un délai de deux jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros qui sera versée à Me Basset sur le fondement de l'article et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que la décision litigieuse :
- est entachée d'une insuffisance de motivation et défaut d'examen sérieux de leur situation ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car ils disposent d'un motif légitime pour avoir formé leur demande d'asile passé le délai de quatre-vingt-dix jours prévu par ces dispositions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2024 l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Grenoble a désigné M. Thierry, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry,
- et les observations de Me Basset, représentant Mme B et M. D.
A l'audience, Mme B et M. D ont redirigé leurs conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens contre l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B et M. D, ressortissants malgaches exposent qu'ils sont entrés en France régulièrement, munis d'un visa, le 22 décembre 2024 avec leur fille mineure d'un an. Ils demandent l'annulation de la décision du 1er août 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme B et M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision litigieuse vise les textes dont il est fait application et expose de façon suffisante les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme B et M. D. Ces indications qui constituent le fondement de la décision litigieuse permettent aux requérants d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, et alors même qu'elles ne reprennent pas l'ensemble des éléments propres à la situation des intéressés le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces produites que les requérants ont fait l'objet d'un entretien d'évaluation de leur vulnérabilité dont le compte rendu fait état de leur situation en France et de leurs besoins. Aucun élément du dossier ne permet d'établir que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas procédé à un examen particulier de leur situation. Ils ne sont dès lors pas fondés à se prévaloir d'un défaut d'un tel examen.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article () prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Le délai prévu 3° de l'article L. 531-27 du même code est de quatre-vingt-dix jours à compter de l'entrée en France du demandeur.
6. Mme B et M. D ne contestent pas qu'ils ont amplement laisser s'écouler ce délai avant de se présenter aux autorités compétentes pour former leur demande d'asile. Ils exposent qu'ayant investi dans une société à Madagascar avec d'autres personnes, les moyens de travail sensés permettre le lancement de l'activité de cette société ne sont pas arrivés et que la plainte qu'ils ont déposé consécutivement à cette situation leur a valu des menaces de mort. Suite à leur arrivée en France, ils indiquent avoir attendu en vain que leur situation personnelle s'améliore dans leur pays d'origine avant de former leur demande d'asile. Les requérants n'établissent par la production d'aucun élément la réalité de leur investissement ni celle des menaces dont ils déclarent avoir fait l'objet. En outre, à supposer établie la réalité de ces menaces, cette circonstance de ne faisait pas obstacle à ce que leur demande d'asile fût formée dans les quatre-vingt-dix jours qui ont suivi leur arrivée en France.
7. Dans ces circonstances, Mme B et M. D ne sont pas fondés à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni à demander l'annulation de la décision litigieuse.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Les conclusions à fin d'annulation de Mme B et M. D devant être rejetées, il s'ensuit que doivent l'être également, leurs conclusions à fin d'injonction, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
10. Ces dispositions faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions de Mme B et M. D en ce sens doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B et M. D sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :La requête de Mme B et M. D est rejetée.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme A B et M. C D, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Basset.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 août 2024.
Le magistrat désigné,
P. Thierry La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au l'Office français de l'immigration et de l'intégration en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°24060752
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026