jeudi 5 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406107 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LEVANTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 août 2024, la société civile immobilière (SCI) Clos Fleuri, représentée par Me Levanti, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté n° PC 74180 24 B0004 du 3 juin 2024 du maire de la commune de Messery refusant un permis de construire à la SCI Clos Fleuri, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la commune de Messery de délivrer le permis de construire sollicité sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Messery une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le premier motif tiré de l'incomplétude du dossier n'est pas de nature à justifier le refus de permis de construire dès lors que le maire pouvait apprécier à l'aide des autres pièces du dossier de permis de construire l'ensemble des critères énumérés à l'article R431-4 du code ;
- le second motif tiré de ce que le projet ne justifierait pas du nombre suffisant de place de stationnement n'est pas de nature à justifier le refus de permis de construire dès lors que la nouvelle construction n'emporte aucune création de places de stabulation supplémentaires et les 70 places de stationnement déjà existantes sont largement suffisantes ;
- le troisième motif tiré de l'atteinte à l'intérêt des lieux n'est pas de nature à justifier le refus de permis de construire dès lors qu'elle a obtenu l'autorisation de l'Etat de déroger à l'article L. 121-8 du code qui n'est accordée que sous réserve que l'installation ne soit pas de nature à porter atteinte à l'environnement et aux paysages ;
- le motif tiré de l'absence de régularisation des travaux anciens déjà réalisés n'est pas de nature à justifier le refus de permis de construire dès lors qu'il s'agit d'une construction neuve.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2024, la commune de Messery conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun moyen n'est de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 juillet 2024 sous le n° 2405645 par laquelle la SCI Clos Fleuri demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné M. B pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 4 septembre 2024 en présence de Mme Jasserand, greffier d'audience, M. B a lu son rapport et entendu Me Levanti pour la SCI Clos Fleuri et M. A, maire de la commune de Messery.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Clos Fleuri est propriétaire d'un important tènement immobilier, situé en zone A du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Messery, sur lequel sont édifiés divers bâtiments nécessaires au fonctionnement d'un centre équestre destiné au dressage et à l'entrainement de chevaux de saut d'obstacle. La SCI Clos Fleuri a obtenu le 16 septembre 2013 un permis de construire un hangar agricole sans toutefois mener les travaux à terme. Le maire de la commune de Messery a alors indiqué à la société le 27 octobre 2016 que le permis de construire était désormais caduc et a invité la société à déposer une nouvelle demande de permis de construire. Un refus a toutefois été opposé à cette nouvelle demande de permis de construire qui a été annulé par un jugement du tribunal administratif du 29 juin 2021 et enjoint à la commune de réexaminer la demande de permis de construire. Le maire de la commune de Messery a toutefois opposé un nouveau refus le 2 novembre 2021 au motif que la société pétitionnaire n'avait pas obtenu l'accord préalable de la CDNPD pour déroger à l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme relatif à l'urbanisation continue. La dérogation ayant été obtenue par arrêté du préfet du 23 janvier 2024, la société requérante a déposé une ultime demande de permis de construire qui a été refusée par l'arrêté contesté du 3 juin 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " A ceux de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () "
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite. () Lorsqu'une personne autre que celles mentionnées à l'alinéa précédent défère une décision relative à un permis de construire ou d'aménager et assortit son recours d'une demande de suspension, le juge des référés statue sur cette demande dans un délai d'un mois. "
4. La présomption d'urgence posée par l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ne s'applique qu'aux recours dirigés contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire mais ne s'applique pas, en revanche, aux refus de permis de construire. Il revient donc au pétitionnaire qui conteste un refus de permis de construire qui lui a été opposé, de justifier de la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. En principe, cette condition d'urgence doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. Il résulte de l'instruction que la demande de permis de construire de la SCI Clos Fleuri a été déposée le 28 avril 2017. Un premier refus tacite de permis de construire est intervenu le 23 août 2017, confirmé par une décision du 26 juillet 2018 refusant la délivrance d'un certificat de permis de construire tacite. Ces deux décisions ont été annulées par un jugement définitif du tribunal administratif de Grenoble du 29 juin 2021. La SCI Clos Fleuri a alors confirmé sa demande de permis de construire auprès de la commune qui a opposé un nouveau refus le 2 novembre 2021. La SCI Clos Fleuri a alors demandé au préfet une autorisation au titre de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme pour compléter sa demande de permis de construire. L'accord du préfet est intervenu le 23 janvier 2024. Malgré cette décision favorable du préfet, le maire de la commune de Messery a opposé un troisième refus par la décision attaquée du 3 juin 2024. Cet ultime refus du maire de la commune de Messery intervient donc plus de 7 ans après le dépôt de sa demande de permis de construire. Par suite, eu égard à la longueur de la procédure, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie dans les circonstances de l'espèce.
En ce qui concerne la condition tendant à l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
7. Il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que le maire de la commune s'est fondé sur trois motifs pour refuser le permis de construire : d'une part, l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire qui ne permet pas d'apprécier la conformité du projet, d'autre part, le projet est de nature à porter atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants et de paysages naturels et, enfin, la demande de permis de construire ne régularise pas des travaux et aménagements réalisés précédemment sans autorisation.
8. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce qu'aucun des motifs opposés par la commune de Messery ne permettait de justifier légalement le refus de permis de construire est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, il y a lieu de faire droit à la demande de suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Messery du 3 juin 2024.
Sur les conclusions d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes de l'article L. 911-1 de ce code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
10. Il résulte de ce qui précède que lorsque le juge des référés, saisi de conclusions à fins de suspension, décide d'ordonner des mesures conservatoires, celles-ci ne produisent leurs effets que dans l'attente du jugement au fond de la requête à fin d'annulation de la décision contestée.
11. En l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Messery de délivrer un permis de construire à titre provisoire à la SCI Clos Fleuri pour les travaux mentionnés dans le dossier n° PC 74180 24 B0004, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision, sans qu'il soit besoin à ce stade, de prononcer l'astreinte de 500 euros par jour de retard demandée par la SCI Clos Fleuri.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Messery la somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :L'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Messery du 3 juin 2024 est suspendue.
Article 2 :Il est enjoint au maire de la commune de Messery de délivrer, à titre provisoire, le permis de construire correspondant à la demande n° PC 74180 24 B0004 sollicité par la SCI Clos Fleuri, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : La commune de Messery versera la somme de 1 500 euros à la SCI Clos Fleuri en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la SCI Clos Fleuri est rejeté.
Article 5 :La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Clos Fleuri et à la commune de Messery.
Fait à Grenoble, le 5 septembre 2024.
Le juge des référés,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026