lundi 2 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406136 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PORET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 août 2024, M. A, représenté par Me Marie Poret, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née le 3 août 2024 du silence gardé par le préfet de l'Isère sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère :
- à titre principal : de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l'attente, une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures à compter de la décision à venir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
- à titre subsidiaire : de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours et, dans l'attente de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou à défaut une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de la décision à venir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa situation est urgente ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse qui :
o est entachée d'un défaut de motivation ;
o méconnaît les articles R. 431-15-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
* les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2406137, enregistrée le 13 août 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 27 août 2024 à 10h30.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, juge des référés ;
- et les observations de Me Lucie Poret, substituant Me Marie Poret, représentant M. A.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien, expose qu'il est entré sur le territoire français en 2019 à l'âge de quinze ans, où il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance et a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle. Un titre de séjour, valable pour une durée d'un an, l'autorisant à travailler lui a été délivré le 27 avril 2022, qui a été renouvelé pour une nouvelle période de validité s'achevant le 27 juin 2024. Bien qu'il en ait sollicité le renouvellement dans les délais et selon les formalités requis et en dépit de ses démarches, aucun document lui permettant de justifier de ses droits au séjour et au travail sur le territoire français ne lui a été remis. Il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision implicite de rejet, née le 3 août 2024 du silence gardé par le préfet de l'Isère, sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. La condition d'urgence, qui justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif, est remplie lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Cette condition d'urgence est en principe réalisée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour.
4. Le préfet de l'Isère, qui n'a pas produit de défense, ne fait valoir aucun élément relatif à la situation de M. A propre à renverser la présomption d'urgence qui découle du refus de renouveler son titre de séjour. Au demeurant M. A ne dispose plus du droit au travail depuis que la validité son titre de séjour est arrivée à son terme le 27 juin 2024 alors qu'il bénéficie d'un contrat de travail, lequel risque ainsi d'être suspendu à tout moment. Dans ces circonstances, la décision litigieuse porte, aux intérêts personnels M. A, une atteinte suffisamment grave et immédiate pour caractériser une situation d'urgence aux sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
5. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse.
6. Il résulte de ce qui précède, que les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative sont satisfaites. Il y a lieu, par suite, de suspendre l'exécution de la décision l'arrêté du préfet de l'Isère du 3 août 2024 jusqu'à ce qu'il soit statué au fond.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes de l'article L. 911-1 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
8. En vertu des dispositions précitées, il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des obligations provisoires qui en découlent pour l'administration.
9. Compte tenu du motif de suspension retenu, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère de délivrer, à titre provisoire, à M. A, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, un titre de séjour l'autorisant à travailler valable jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête au fond n°2406137. Dans l'attente, il lui délivrera, dans un délai de huit jours, à compter de cette même notification, un document l'autorisant à séjourner et travailler sur le territoire français valable jusqu'à ce que lui soit délivré le titre de séjour. Il n'y pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces dispositions, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros qu'il paiera à la M. A, au titre des frais non compris dans les dépens que ce dernier a exposés.
O R D O N N E :
Article 1er :L'exécution de la décision implicite de rejet, née le 3 août 2024 du silence gardé par le préfet de l'Isère, sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer, à titre provisoire, à M. A, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, un titre de séjour l'autorisant à travailler valable jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête au fond n°2406137 et, dans l'attente, dans un délai de huit jours, à compter de cette même notification un document l'autorisant à séjourner et travailler sur le territoire français valable jusqu'à ce que lui soit délivré le titre de séjour.
Article 3 :L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 :La présente ordonnance sera notifiée à M. C au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Poret.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère
Fait à Grenoble, le 2 septembre 2024.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24061362
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026