mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406221 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2024, M. H A, représenté par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour, à défaut de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre l'autorisant à travailler et de lui permettre de déposer une demande de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est entaché de l'incompétence de son auteur ; il est insuffisamment motivé et entaché d'une erreur de droit tirée du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision d'éloignement méconnait le droit d'être entendu garanti par le droit de l'Union européenne dès lors qu'il n'a pas pu faire valoir, préalablement à son édiction, ses observations sur sa situation et en particulier sur son intégration sociale et les risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de Mme C et les observations de Me Huard, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. H A, ressortissant guinéen âgé de 25 ans, déclare être entré en France en janvier 2021. Sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 juin 2023, et son recours exercé devant la Cour nationale du droit d'asile a été rejeté pour irrecevabilité par une ordonnance du 16 novembre 2023. Par l'arrêté contesté du 22 juillet 2024, le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
4. En premier lieu, M. B E, chef du bureau asile contentieux éloignement, signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation à cet effet par un arrêté du 15 avril 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs n°38-2024-113. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté
5. En deuxième lieu, l'arrêté vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui le fondent en droit. Le préfet, qui expose la situation personnelle et familiale de M. A, n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à sa situation, mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé. Par ailleurs, la décision contestée relève que l'intéressé n'apporte aucun élément démontrant qu'il serait soumis à des risques personnels et réels de torture ou de traitement inhumains en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, l'arrêté contesté est suffisamment motivé au regard des exigences du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des mentions de l'arrêté, que le préfet a procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de M. A avant de prendre les décisions contestées. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit par suite être écarté.
En ce qui concerne la décision d'éloignement :
7. En premier lieu, le droit d'être entendu, garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, tout manquement au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu remettre, le 3 février 2023, la notice d'information et le guide du demandeur d'asile l'informant notamment de la possibilité de solliciter son admission au séjour à un autre titre et de la possibilité pour le préfet d'édicter une décision d'éloignement en cas de rejet de sa demande d'asile. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait été empêché de présenter ses observations avant que ne soit prise la décision litigieuse. Enfin, les éléments qu'il fait valoir dans la procédure, tenant à son intégration sociale, n'étaient pas de nature à influer sur le sens de la décision contestée au regard de ses motifs fondés notamment sur la brièveté de son séjour et à la persistance de liens familiaux et sociaux dans son pays d'origine. A ce titre, M. A ne produit pas d'éléments de nature à étayer les risques qu'il dit encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'éloignement en litige est intervenue à l'issue d'une procédure méconnaissant son droit d'être entendu.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ()" M. A déclare résider en France depuis trois ans sans toutefois l'établir. Il ne prétend pas avoir des attaches familiales en France. Par ailleurs, s'il se prévaut de son intégration sociale en France, il produit uniquement une promesse d'embauche datée du 20 novembre 2024 pour en attester. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée porte au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions à fins d'injonction et celles formées au titre de ses frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er :M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :Le surplus de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 :Les conclusions Me Huard tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. H A, à Me Huard et à la préfète de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme D F, première-conseillère,
- Mme Emilie Aubert, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
La rapporteure,
E. C
Le président,
M. GLa greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2406221
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026