Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406596

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406596
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET MEROTTO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension du permis de construire une école délivré par le maire de Ballaison le 27 juillet 2023. Les requérants invoquaient plusieurs moyens tirés de l’insuffisance du dossier de permis de construire et de la méconnaissance du plan local d’urbanisme, notamment en matière de volumétrie, de qualité architecturale, de plantations, de stationnement et d’accès. Le juge a estimé qu’aucun de ces moyens n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté, sans qu’il soit nécessaire d’examiner la condition d’urgence. La demande a donc été rejetée et les requérants ont été condamnés à verser 800 euros à la commune au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024, la SCI Betsch et Mme B épouse D, représentées par Me Bastid, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 27 juillet 2023 par lequel le maire de la commune a de Ballaison a accordé à sa commune un permis de construire une école, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Ballaison la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- le dossier de permis de construire est insuffisant au regard des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ainsi que frauduleux dès lors que les mentions des accès ne correspondent pas aux dernières informations de la commune données à ses administrés ;

- l'arrêté méconnaît l'article UE II.2 du plan local d'urbanisme relatif à la volumétrie des constructions dès lors que le volume des bâtiments projeté ne s'insère pas dans l'existant et l'environnement : il méconnaît l'article UE II.3 du plan local d'urbanisme relatif à la qualité architecturale des bâtiments ; il méconnaît l'article UE II.4.b relatif à la plantation d'un arbre de haute tige pour 4 places de stationnement ; il méconnaît l'article UE II.5 du plan local d'urbanisme, le nombre de places de stationnement (30) étant insuffisant ; il méconnaît l'article UE III.1.a relatif aux accès compte tenu du caractère qualifié de temporaire de la voie nouvelle créée et de l'insuffisance des accès pour les engins d'incendie et de secours ; la voie nouvelle créée méconnaît l'article UE III.1.b du plan local d'urbanisme.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 septembre 2024, la commune de Ballaison, représentée par Me Merotto, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérantes la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérantes ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- il n'existe aucun doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête en annulation enregistrée sous le n°2308183.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 17 septembre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :

- le rapport de Mme A ;

- les observations de Me Bastid , pour les requérantes qui fait valoir à l'audience qu'en tout état de cause la route des Voirons est insuffisante pour desservir le projet ;

- celles de Me Duret, pour la commune de Ballaison.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Ballaison a déposé le 27 mars 2023, une demande de permis de construire une école sur les parcelles cadastrées section E n°417 et 277. Par arrêté du 27 juillet 2023, le maire a délivré le permis de construire sollicité. Les requérantes demandent la suspension de son exécution en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions aux fins de suspension d'exécution :

2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

3. Aucun des moyens visés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté. Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative par les requérantes doivent dès lors être écartées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence et sur la fin de non-recevoir soulevée, tiré du défaut d'intérêt pour agir.

Sur les frais d'instance :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Ballaison, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Betsch et de Mme D le versement à la commune de Ballaison d'une somme de 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête présentée par la SCI Betsch et Mme D est rejetée.

Article 2 :La SCI Betsch et Mme D verseront à la commune de Ballaison une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Betsch en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la commune de Ballaison.

Fait à Grenoble, le 18 septembre 2024.

Le juge des référés,

J. A

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2406596