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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2406645

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406645

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406645
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLABORIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 et le 19 septembre 2024, le ministre de l'économie et des finances demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de mettre fin à la suspension d'exécution décidée par ordonnance n° 2403268 du 11 juin 2024.

Le préfet soutient qu'aucun des moyens n'est de nature à créer un doute sérieux dès lors qu'il justifie désormais du procès-verbal de la réunion le 26 mars 2024 du conseil de discipline permettant de confirmer la régularité de la composition du conseil et la motivation de l'avis.

Par un mémoire enregistré le 18 septembre 2024, M. C B, représenté par Me Laborie, conclut au maintien de la suspension et de l'injonction faite au ministre de le réintégrer ainsi qu'à la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- ce procès-verbal ne permet pas d'établir que ses observations écrites ont été transmises aux membres de la commission avant la séance ;

- que les représentants du personnel étaient uniquement des femmes et il demande la production du règlement intérieur ;

- que l'expert présent n'a pas été entendu et qu'il n'est pas mentionné qu'il a quitté la salle lors du délibéré ;

- les représentants du personnel ont eu un comportement déloyal en ne le soutenant pas en séances et qu'elles lui avaient proposé d'échanger en amont ;

- l'arrêté contesté est entaché d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et la sanction est disproportionnée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Triolet,

- les observations de M. A pour le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, qui indique notamment qu'il a quitté la salle avant le délibéré du conseil de discipline, après que les parties aient été reconduites ;

- les observations de Me Laborie en présence de M. B, qui a eu la parole en dernier.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

2. Par ordonnance du 11 juin 2024, la juge des référés a suspendu l'exécution de l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel la directrice générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a prononcé la sanction de révocation à l'encontre de M. B, inspecteur de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Cette ordonnance retient que, faute de produire le procès-verbal de la réunion du conseil de discipline, le moyen tiré de l'irrégularité de sa composition du conseil de discipline et du défaut de motivation de l'avis est le seul de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

3. L'administration a produit le procès-verbal de la séance du 26 mars 2024 de la commission administrative paritaire n°5 réunie en formation disciplinaire.

4. Au vu de l'élément nouveau que constitue ce procès-verbal, les moyens tirés de ce qu'il ne serait pas possible de vérifier la régularité de la composition du conseil de discipline ainsi que du défaut de motivation de l'avis ne sont plus de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

5. Les arguments nouveaux tournés contre ce procès-verbal ou en lien avec cette pièce nouvelle et tirés de sa production tardive, de l'absence de date, de ce qu'il ne permettrait pas de s'assurer de la communication des observations écrites présentées pour le requérant ou de l'absence au délibéré de M. A ne sont pas en l'état de l'instruction de nature à créer un doute sérieux. Il en est de même de l'argument tiré de l'absence d'homme parmi les représentants du personnel ou de la partialité des représentantes du personnel.

6. Le surplus des moyens, sans lien avec l'élément nouveau et déjà écartés, n'est pas de nature à créer un doute sérieux.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il doit être mis fin à la suspension ordonnée le 11 juin 2024.

8. Partie perdante, M. B ne peut prétendre à l'allocation d'une quelconque somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est mis fin aux effets de l'ordonnance de suspension n° 2403268 du 11 juin 2024.

Article 2 : Les conclusions de M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Grenoble le 23 septembre 2024.

La juge des référés,

A Triolet

La greffière,

J. Bonino

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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