Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406655

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406655
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantHUARD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a examiné la demande de Mme B visant à suspendre le refus implicite du préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. En cours d'instance, le préfet a finalement délivré l'attestation sollicitée, valable du 12 septembre au 11 décembre 2024, autorisant la requérante à séjourner et travailler en France. Par conséquent, le juge a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte. Les articles L. 521-1 du code de justice administrative et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été appliqués.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Huard, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution du refus implicite du préfet de l'Isère du 27 août 2024 de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction, l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme B soutient :

- que l'urgence est justifiée ; elle se trouve dans une situation irrégulière depuis l'expiration de son titre de séjour le 27 août 2024 et peut à se titre se voir opposer une décision d'éloignement à tout moment ; elle a sollicité le renouvellement dès le 11 juin 2024, de sorte qu'une attestation de prolongation d'instruction aurait dû lui être délivrée une fois son titre expiré, ce qui n'a pas été le cas ; elle se voit privée de son droit au séjour et de son droit au travail ; elle est mère d'un enfant français, titulaire d'un CDI et se trouve dans une situation précaire car elle risque une suspension de son contrat de travail à compter du 23 septembre 2024 ; elle risque de ne pas pouvoir participer à la session d'examen du 16 septembre 2024 pour le titre professionnel d'assistant de vie aux familles et elle risque de perdre son logement ; ainsi, la décision litigieuse impacte gravement sa situation et ses intérêts dans la mesure où elle l'empêche de poursuivre son insertion en France, et nuit à sa stabilité personnelle ;

- qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; les articles R. 431-15-1, R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont méconnus ; la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 septembre 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

L'urgence n'est plus caractérisée ; il a, en effet, délivré à l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction ; la requérante ne justifie aucunement de quelconques diligences restées infructueuses tendant à se voir délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 4 septembre 2024 sous le numéro 2406654 par laquelle, Mme A B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vial-Pailler, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 septembre 2024 à 11H15 :

- le rapport de M. Vial-Pailler.

- les observations de Me Huard, représentant Mme A B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'aide juridictionnelle :

1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En défense, le préfet de l'Isère fait valoir que postérieurement à l'enregistrement de la requête, il a délivré à la requérante une attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable du 12 septembre 2024 au 11 décembre 2024. Cette attestation autorise la présence en France de Mme B et lui permet d'exercer une activité professionnelle. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension du refus de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction et sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, à cette autorité de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction, l'autorisant à travailler.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme B titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte présentées par Mme B.

Article 3 : Les conclusions présentées par Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, à Me Huard et au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 18 septembre 2024.

Le juge des référés,

C. Vial-Pailler

Le greffier,

G. Morand

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.