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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2406722

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406722

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406722
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMIRAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2401984 du 25 avril 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a suspendu l'exécution de la décision du préfet de l'Isère en date du 15 décembre 2023 portant refus de délivrance d'un titre de séjour temporaire à Mme C épouse B et a enjoint au préfet de l'Isère de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois compter de la notification de l'ordonnance et, dans l'attente, de délivrer à Mme C épouse B une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance.

Par un mémoire enregistré le 10 juin 2024 (initialement enregistré sous le n°2401984), Mme C épouse B, représentée par Me Miran, a demandé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de l'ordonnance n°2401984 du 25 avril 2024, de prononcer une astreinte de 200 euros par jour de retard et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le préfet de l'Isère n'a pas exécuté l'ordonnance du 25 avril 2024.

Par mémoire enregistré le 28 juin 2024 (initialement enregistré sous le n°2401984), le préfet de l'Isère soutient qu'il a pris toutes les mesures nécessaires à l'exécution de l'ordonnance n°2401984 du 25 avril 2024.

Il fait valoir que Mme C épouse B n'a pas redéposé les documents nécessaires sur le site ANEF et qu'aucune attestation de prolongation d'instruction n'a donc pu lui être délivrée.

Par une lettre du 3 juillet 2024, le président du tribunal administratif a informé Mme C épouse B du classement administratif de sa demande.

Par une lettre enregistrée le 31 juillet 2024 (initialement enregistré sous le n°2401984), Mme C épouse B, représentée par Me Miran, demande de prescrire par voie juridictionnelle les mesures d'exécution de l'ordonnance citée ci-dessus, de prononcer une astreinte de 500 euros par jour de retard tant qu'une attestation de prolongation d'instruction autorisant son séjour et son travail ne lui a pas été délivrée, de prononcer une astreinte de 250 euros par jour de retard tant qu'une décision explicite ne lui a pas été notifiée et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le préfet de l'Isère n'a pas exécuté l'ordonnance du 25 avril 2024.

Par une ordonnance en date du 5 septembre 2024, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 17 octobre 2024, tenue en présence de M. Palmer, greffier, Mme Bedelet a :

- lu son rapport ;

- et entendu les observations de Me Miran pour Mme C épouse B qui fait valoir que le préfet de l'Isère n'a pas intégralement exécuté l'ordonnance du 25 avril 2024 : si Mme C épouse B s'est vue délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour avec autorisation de travail valable du 6 septembre 2024 au 6 mars 2025, le préfet de l'Isère n'a pas pris une décision expresse sur le droit au séjour de celle-ci.

Le préfet de l'Isère n'était ni présent ni représenté.

A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Aux termes de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification de classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent (), le président () du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. () L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet ".

2. Le conseil de la requérante a indiqué, au cours de l'audience, que celle-ci s'est vue remettre, depuis la notification de l'ordonnance n°2401984 du 25 avril 2024, un récépissé de première demande de titre de séjour avec autorisation de travail valable du 6 septembre 2024 au 6 mars 2025. La remise de ce récépissé implique que la requérante a adressé aux services de la préfecture un dossier complet et en particulier les documents mentionnés dans le mémoire du préfet de l'Isère du 28 juin 2024. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet de l'Isère a procédé au réexamen de la demande de titre de séjour de Mme C épouse B qui doit se manifester par une décision expresse sur le droit au séjour de l'intéressée, mesure également ordonnée par le juge des référés. Dans ces conditions, Mme C épouse B est fondée à soutenir que le préfet de l'Isère n'a pas intégralement exécuté l'ordonnance du 25 avril 2024.

3. Par suite, et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer à l'encontre du préfet de l'Isère, à défaut de justifier de cette exécution dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance, une astreinte de 50 euros par jour de retard jusqu'à la date à laquelle l'ordonnance du 25 avril 2024 aura reçu pleinement exécution.

4. L'Etat est condamné à verser une somme de 600 euros à Mme C épouse B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet de l'Isère, s'il ne justifie pas avoir, dans le délai de huit jours suivant la notification de la présente ordonnance, exécuté intégralement l'ordonnance du 25 avril 2024, et ce jusqu'à la date de cette exécution. Cette astreinte est fixée à 50 euros par jour à compter de l'expiration de ce délai.

Article 2 : L'Etat versera une somme de 600 euros à Mme C épouse B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la demande est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 24 octobre 2024.

La juge des référés,

A. Bedelet

Le greffier,

M. Palmer

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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