Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406732
vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406732 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CANDON |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2024, le département de la Haute-Savoie, représenté par le président du conseil départemental, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion des occupants sans droit ni titre de la parcelle cadastrée section AL n° 91 et des autres parcelles du site dit des anciens bâtiments de l'IUFM à Bonneville, et l'évacuation de véhicules, caravanes et matériels ;
2°) d'autoriser le département de la Haute-Savoie à se faire assister par la force publique ;
3°) en cas de résistance, de condamner tout occupant au paiement d'une indemnité d'occupation d'un montant de 500 euros par jour et pour la période courant de la date du prononcé de l'ordonnance signifiée aux occupants à la date de libération effective des lieux occupés, outre les frais induits au titre des réparations des biens matériels dégradés à intervenir.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- il n'existe pas de contestation sérieuse faisant obstacle à l'expulsion.
Par des mémoires en défense enregistrés le 15 septembre 2024 et le 17 septembre 2024, Mme D E et M. A B, représentées par Me Candon, demandent dans leurs dernières écritures à bénéficier d'un délai de départ jusqu'au 22 ou 23 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques.
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 16 septembre 2024 en présence de M. Palmer, greffier :
- le rapport de M. Pfauwadel, juge des référés, qui a indiqué que la décision était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'autoriser le concours de la force publique pour l'exécution de la décision à intervenir ;
- les observations de Mme C, représentant le président du conseil départemental de la Haute-Savoie.
La clôture de l'instruction a été différée au 18 septembre à 12 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
3. Il ressort des pièces du dossier que des personnes de la communauté des gens du voyage se sont installé sur le terrain attenant aux anciens bâtiments de l'IUFM à Bonneville, parcelle cadastrée section AL n° 91, dont le département de la Haute-Savoie est propriétaire. Ces personnes ne justifient d'aucun titre les habilitant à occuper ce terrain faisant partie du domaine public du département, la demande d'expulsion présentée par celui-ci ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
4. Cette mesure présente un caractère d'urgence et d'utilité dès lors que le département justifie que des travaux doivent être entrepris sur cette parcelle dès le 24 septembre 2024.
5. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à tout autre occupant sans droit ni titre d'évacuer cette parcelle au plus tard le 23 septembre 2024, sous astreinte de 100 euros par jour de retard pour chaque véhicule et pour chaque caravane. Il n'appartient en revanche pas au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'autoriser le département de la Haute-Savoie à recourir à la force publique.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à tout occupant sans droit ni titre du terrain attenant aux anciens bâtiments de l'IUFM à Bonneville, parcelle cadastrée section AL n° 91, d'évacuer cette parcelle au plus tard le 23 septembre 2024, sous astreinte de 100 euros par jour de retard pour chaque véhicule et pour chaque caravane.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au département de la Haute-Savoie, à Mme D E, à M. A B et à tout occupant sans droit ni titre de la parcelle cadastrée section AL n° 91 à Bonneville.
Fait à Grenoble, le 20 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. Pfauwadel
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.