vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406813 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 septembre 2024 et le 25 septembre 2024, M. et Mme F et D la maison des collines, représentés par Me Clément, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 29 août 2024 par lequel le maire de la commune du Grand-Serre les a mis en demeure de retirer sans délai les obstacles à la circulation sur le chemin dit A 117 ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Grand-Serre la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- le chemin est un chemin privé et pas un chemin rural au sens de l'article L. 161-1 du code rural et de la pêche maritime ; la commune n'apporte pas la preuve qu'elle est propriétaire de ce chemin ;
- les injonctions faites aux requérants ne sont pas proportionnées aux buts poursuivis ;
- l'arrêté méconnaît leur droit à un recours effectif ;
- l'arrêté est fondé sur des motifs erronés en fait ;
- l'arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 septembre 2024, la commune du Grand-Serre, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- il n'existe aucun doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2406753.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 26 septembre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Clément, pour les requérants ;
- et celles de Me Masson, pour la commune du Grand-Serre.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de suspension d'exécution :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En l'espèce, il apparaît qu'à l'issue d'un litige quant aux droits d'utilisation d'un chemin desservant plusieurs propriétés privées et dont les requérants revendiquent la propriété, le maire de la commune du Grand-Serre a, sur le fondement de ses pouvoirs de police administrative, mis en demeure les requérants d'enlever les obstacles à la circulation présents sur ce chemin, que la commune considère comme relevant de la qualification de chemin rural, afin de permettre à Mme G, exploitante agricole, d'accéder à ses terres, considérant l'urgence sanitaire de faire évacuer les bêtes de son cheptel décédées des suites d'une épidémie de fièvre catarrhale ovine. Même si la commune a convenu de l'existence d'un autre chemin permettant l'accès à la propriété de Mme G, il n'apparaît pas dans les circonstances de l'espèce que le retrait des obstacles présents sur ce chemin d'accès, ce même s'ils entendent revendiquer la propriété de celui-ci, porterait une atteinte grave aux intérêts que les requérants entendent défendre justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de l'arrêté soit suspendue. Par suite, la condition d'urgence n'était pas remplie, il y a lieu de rejeter les conclusions des requérants présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les frais d'instance :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Grand-Serre, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme F et D la maison des collines le versement à d'une somme de 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête présentée par M. et Mme F et D la maison des collines est rejetée.
Article 2 :Les requérants verseront à la commune du Grand-Serre une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme F, à D la maison des collines et à la commune du Grand-Serre.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
Le juge des référés,
J. C
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2406813
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026