lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406900 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SENEGAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 septembre 2024, M. C, Mme G, Mme E, Mme D, Mme A, M. F, M. I, M. J et l'association UGA en commun, représentés par Me Stadler, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 6 septembre 2024 par laquelle l'université Grenoble Alpes (UGA) a refusé de leur transmettre les listes de courriels des personnels de l'université ;
2°) d'enjoindre à l'UGA de leur fournir les listes de diffusion sans modération de contenu dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'UGA la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- la décision méconnaît l'article 2 du statut de l'élu(e) du personnel de l'UGA du règlement intérieur du 16 juillet 2020 ;
- la décision porte atteinte à leur liberté d'expression garantie par les stipulations de l'article 10 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 septembre 2024, l'UGA, représentée par Me Senegas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute d'être dirigée contre une décision de refus ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- il n'existe aucun doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2406901 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 26 septembre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme B ;
- les observations de Me Stadler, pour M. C et autres ;
- celles de Me Mollion, pour l'université Grenoble Alpes qui fait valoir qu'en tout état de cause la requête est mal dirigée et qui excipe de l'illégalité de l'article 2 du statut de l'élu(e) du personnel de l'UGA du règlement intérieur du 16 juillet 2020.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requérants sont élus au conseil d'administration de l'université Grenoble Alpes et ont sollicité à plusieurs reprises l'accès à la liste des courriels des mandants telle que prévu à l'article 2 de l'annexe du règlement intérieur relatif au statut du personnel élu de l'UGA. Le 6 septembre 2024, le directeur général des services de l'UGA a implicitement refusé de communication la liste des courriels, proposant la mise en place d'un intranet pour permettre la diffusion d'informations par les élus au conseil d'administration. Les requérants demandent la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur la demande de suspension d'exécution :
2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. En l'espèce, l'UGA met en avant des difficultés techniques et juridiques, relatives à l'accès aux données personnelles, pour accorder aux requérants l'accès aux courriels des personnels de l'UGA. Si les requérants font état de difficultés internes à l'UGA nécessitant la pleine information des personnels avant la prochaine réunion du conseil d'administration le 24 octobre 2024, il n'est pas établi que seule la transmission des courriels des personnels aux élus puisse être à même de permettre aux élus d'informer les personnels de l'UGA alors qu'interrogés à l'audience sur ce point les représentants de l'UGA ont affirmé être en mesure de mettre en œuvre l'intranet dès la semaine prochaine. Dans ces conditions, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie et par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, les conclusions aux fins de suspension présentées par M. C et autres doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence les conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais d'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'UGA, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants le versement à d'une somme de 800 euros à l'UGA au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de M. C et autres est rejetée.
Article 2 :M. C et autres verseront à l'UGA une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. C, représentant unique, à l'université Grenoble Alpes et au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
Le juge des référés,
J. B
Le greffier,
L. Rouyer
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2406900
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026