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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2406918

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406918

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406918
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHUARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, Mme E A B épouse D, représentée par Me Huard, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite née le 29 juillet 2024 par laquelle le préfet de l'Isère lui a refusé un titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de 2 mois, et dans l'attente, un récépissé de dépôt de sa demande de titre de séjour, l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 12 septembre 2024 sous le numéro 2406916 par laquelle Mme A B épouse D demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme A B épouse D, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

2. Mme A B a épousé le 5 septembre 2022, M. D, ressortissant tunisien titulaire d'une carte de résident. Elle est entrée en France le 1er janvier 2024 dans le cadre d'un regroupement familial. Elle a formé le 18 janvier 2024 une demande de titre de séjour en qualité de conjointe de français et s'est vu remettre une attestation de prolongation d'instruction qui a expiré le 11 mai 2024. Elle indique n'avoir pas été convoquée par l'office français de l'immigration et de l'intégration pour signer le contrat d'intégration républicaine de sorte que la plateforme Anef a clos sa demande le 29 mars 2024. Elle a déposé une nouvelle demande le même jour sans parvenir, malgré ses démarches, à se faire délivrer un document provisoire attestant de son droit au séjour. Elle demande de suspendre l'exécution du rejet implicite né le 29 juillet 2024.

3. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative contestée au fond lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. L'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter par une ordonnance motivée, sans procédure contradictoire écrite ou orale, une requête ne présentant pas un caractère d'urgence.

4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

5. Pour justifier de l'urgence à suspendre cette décision, Mme A B épouse D fait valoir qu'elle se trouve placée en situation irrégulière et qu'elle ne peut travailler pour subvenir aux besoins du foyer alors que son époux perçoit une allocation d'aide au retour à l'emploi depuis février 2024. Toutefois, Mme A B épouse D ne fait pas état d'aucun projet professionnel précis, étant rappelé que les ressources de son époux ont été estimées suffisantes pour permettre le regroupement familial. En outre, la décision dont elle se prévaut est récente et elle vient de signer le contrat d'intégration permettant de délivrer le titre. Dès lors, elle ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier d'une mesure provisoire. La condition d'urgence n'est ainsi pas remplie et les conclusions à fins de suspension doivent en conséquence être rejetées.

6. Le rejet des conclusions à fins de suspension fait obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions à fin d'injonction et à celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A B épouse D est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme A B épouse D est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E A B épouse D et à Me Huard.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 16 septembre 2024.

La juge des référés,

A. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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