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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2406982

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406982

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406982
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSARL NOVAS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, M. D, représenté par Me Combes, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision verbale par laquelle le préfet de l'Isère a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir, et dans l'attente, de lui délivrer un récepissé l'autorisant à travailler, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- le refus d'enregistrement a été opposé par une personne incompétente à ce titre ; il a présenté un dossier complet au regard des dispositions des articles R. 431-11, R. 431-12, et R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que son annexe 10.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête en annulation enregistrée sous le n°2406981.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 1er octobre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :

- le rapport de Mme B ;

- les observations de Me Combes, pour M. D.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle :

1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. D provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la demande de suspension d'exécution :

2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

En ce qui concerne la condition d'urgence :

3. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant d'établir la réalité de circonstances particulières qui justifient que la condition d'urgence soit regardée comme remplie.

4. En l'espèce, M. D fait valoir, sans aucune contestation, qu'à la suite de l'injonction faite par ordonnance du 25 juin 2024 du juge des référés du tribunal puis, en l'absence d'exécution de cette ordonnance, de l'astreinte fixée par ordonnance du 27 août 2024, il a été convoqué pour déposer sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfants français le 9 septembre 2024 mais que, s'étant rendu à ce rendez-vous, un refus verbal d'enregistrement de sa demande de titre de séjour lui a été opposé, au motif de l'incomplétude du dossier faute de contenir une attestation du directeur de l'école et du médecin des enfants. M. D est dans l'impossibilité matérielle de déposer son dossier de demande de titre de séjour depuis de nombreux mois alors qu'il est père de deux enfants français et, ne pouvant travailler se retrouve, avec sa famille, dans une situation financière précaire. La condition d'urgence est ainsi remplie.

En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :

5. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que son dossier était complet au regard des articles R. 431-10 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'annexe 10 de ce code est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Par suite, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision de refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. D.

Sur les conclusions d'injonction :

6. La présente décision implique qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de fixer une nouvelle date de rendez-vous pour permettre à M. D de déposer son dossier de demande de titre de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Sur les frais d'instance :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 600 euros à verser à Me Combes au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er :M. D est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 :L'exécution de la décision de refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour du préfet de l'Isère est suspendue.

Article 3 :Il est enjoint au préfet de l'Isère de fixer une nouvelle date de rendez-vous pour permettre à M. D de déposer son dossier de demande de de titre de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Article 4 :L'Etat versera à Me Combes la somme de 600 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 5 :La présente ordonnance sera notifiée à M. D, à Me Combes et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

Le juge des référés,

J. B

Le greffier,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°240698

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