lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET BASTILLE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2024, l'association One Voice, représentée par Me Gossement, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions du 6 septembre 2024 par lesquelles la présidente de la fédération départementale des chasseurs de l'Isère a attribué 22 plans de chasse individuels autorisant le prélèvement de 32 perdrix bartavelle et 50 plans de chasse individuels autorisant le prélèvement de 113 tétras-lyres, pour la campagne 2024-2025, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la fédération départementale des chasseurs de l'Isère une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association soutient que :
L'urgence est caractérisée car les décisions litigieuses portent atteinte à la conservation du tétras-lyre et de la perdrix bartavelle, espèces très vulnérables ; qu'elles ont des conséquences irréversibles ; que la période de chasse est déjà ouverte ; qu'elles remettent en cause les intérêts défendus par l'association sans qu'aucun intérêt général ne les justifie ;
Les moyens de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité des décisions sont
- le défaut de base légale en l'absence d'un plan de chasse préfectoral annuel du tétras-lyre et de la perdrix bartavelle fixant les quotas maximaux autorisés pour la chasse de ces espèces ;
- le vice de procédure en l'absence de participation du public ;
- la méconnaissance de l'article R. 425-6 du code de l'environnement dès lors que les décisions litigieuses n'ont pas été précédées de plusieurs avis ;
- la méconnaissance de la directive 2009/147/CE du 30 novembre 2009 relative à la conservation des oiseaux sauvages et de leurs habitats, notamment les articles 2 et 7 et des articles L. 420-1 et L. 425-6 du code de l'environnement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 septembre et le 1er octobre 2024, la fédération départementale des chasseurs de l'Isère, représentée par Me Bonzy conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'association One Voice la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence de recours administratif préalable obligatoire ;
- la requête est irrecevable est irrecevable faute pour l'association requérante de distinguer entre les différentes décisions individuelles prises par le président de la fédération départementale des chasseurs et de démontrer que chacune est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'urgence n'est pas caractérisée et aucun des moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité des décisions.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 18 septembre 2024 sous le n°2407118 par laquelle l'association One Voice demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bonino, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Grenet, représentant l'association One voice ;
- les observations de Me Bonzy, représentant la fédération départementale des chasseurs de l'Isère.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les fins de non-recevoir :
1. En premier lieu, il résulte des articles L. 425-6 et L. 425-8 du code de l'environnement que le plan de chasse, arrêté par le préfet, prend en compte les orientations du schéma départemental de gestion cynégétique et fixe le nombre minimum et maximum d'animaux à prélever sur les territoires de chasse. L'article R. 425-3 du même code précise que lorsqu'une espèce de gibier est soumise à un plan de chasse dans un territoire, la chasse de cette espèce ne peut être pratiquée que par les bénéficiaires des plans de chasse individuels attribués aux demandeurs par le président de la fédération départementale.
2. Aux termes de l'article R. 425-9 du code de l'environnement : " Des demandes de révision des décisions individuelles peuvent être introduites auprès du président de la fédération départementale des chasseurs. Pour être recevables, ces demandes doivent être adressées par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par un envoi recommandé électronique au sens de l'article L. 100 du code des postes et des communications électroniques, dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification des décisions contestées ; elles doivent être motivées. Le silence gardé par le président de la fédération départementale des chasseurs dans un délai d'un mois vaut décision implicite de rejet. "
3. Les dispositions de l'article R. 425-9 du code de l'environnement instaurent un recours administratif préalable obligatoire pour les bénéficiaires des décisions individuelles qui en sont les destinataires. Cependant elles n'ont pas pour effet d'obliger une association de défense de l'environnement, qui entend les contester, à saisir le président de la fédération de chasse d'un recours préalable et motivé contre chacune de ces décisions, de plus fort en l'absence de plan de chasse arrêté par le préfet. La fin de non-recevoir doit être écartée.
4. En second lieu, la circonstance que l'association requérante ne se prévale pas de moyens propres à chacune des décisions individuelles est sans incidence sur la recevabilité de sa requête.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne l'urgence :
6. Le tétras-lyre et la perdrix bartavelle figurent à l'annexe I (espèces à conserver) et à l'annexe II (espèces chassables) de la directive 2009/147/CE. Ces espèces sont classées, depuis 2016 et malgré les efforts de conservation mis en avant par la fédération de chasse, comme " quasi-menacées " sur la liste rouge des espèces menacées en France.
7. Si la fédération défenderesse se prévaut de la stabilité de la population du tétras-lyre pour les Alpes internes du nord, l'observatoire des galliformes de montagne souligne son fort déclin depuis les années 90, la nécessité d'une " attention particulière " ainsi que les fortes incertitudes qui entourent les estimations récentes. L'office national pour la conservation de la faune sauvage pointe également des incertitudes quant à l'effectif des populations de perdrix bartavelle.
8. Dès lors que la période de chasse est en cours, que l'effectif des populations est incertain et que la destruction est irréversible, l'exécution de l'arrêté en litige porte une atteinte grave et immédiate aux intérêts que l'association One Voice s'est donnée pour objectif de défendre.
9. Par suite, la condition d'urgence, prévue par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
10.En l'état de l'instruction, le moyen tiré du défaut de base légale est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées. Par suite, il y a lieu d'ordonner la suspension de leur exécution.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11.Partie perdante, la fédération des chasseurs de l'Isère ne peut prétendre à l'allocation d'une quelconque somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de la condamner à indemniser l'association requérante au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution des 22 plans de chasse individuels à la perdrix bartavelle et des 50 plans de chasse au tétras-lyre attribués le 6 septembre 2024 par la présidente de la fédération départementale des chasseurs de l'Isère est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée l'association One Voice, à la fédération départementale des chasseurs de l'Isère et au ministre de la transition écologique.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 7 octobre 2024.
La juge des référés,La greffière,
A. AJ. Bonino
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026