lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407176 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PERDRIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2024, Mme B E et Mme C E, représentées par Me Ekinci, demandent au juge des référés :
1°) de mettre fin aux effets de l'ordonnance n°2402816 du 23 mai 2024, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ;
2°) de condamner Mme A D au versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- le vice retenu par la juge des référés dans son ordonnance n°2402816 a été régularisé par le permis de construire modificatif du 21 août 2024 ;
Par un mémoire, enregistré le 1er octobre 2024, la commune de Le Pont-De-Beauvoisin, représentée par Me Chaussade, demande au juge des référés :
1°) de mettre fin aux effets de l'ordonnance n°2402816 du 23 mai 2024, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ;
2°) de condamner Mme A D au versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le vice retenu par la juge des référés dans son ordonnance n°2402816 a été régularisé par le permis de construire modificatif du 21 août 2024 ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2024, Mme A D, représentée par Me Perdrix, conclut au rejet de la requête et la condamnation in solidum Mme B E et Mme C E à lui verser une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le vice retenu par la juge des référés dans son ordonnance n°2402816 n'a pas été régularisé par le permis de construire modificatif du 21 août 2024 ;
- le permis de construire délivré le 21 août 2024 ne constitue pas un permis de construire modificatif ; il méconnaît l'article AU 10 du règlement du plan local d'urbanisme et 10 du règlement du lotissement dès lors que les plans de façade est et ouest ne contiennent toujours pas de cotes de hauteur (hors celle allant jusqu'au faitage) alors même qu'il s'agit des parties du projet où le terrain naturel est le plus bas et que les plans du permis de construire modificatif ne sont pas à l'échelle ce qui empêche de vérifier les cotes de hauteur.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés n°2402816 du 23 mai 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bedelet, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 3 octobre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme Bedelet, juge des référés ;
- les observations de Me Ekinci pour Mme B E et Mme C E ;
- les observations de Me Pereira-Chevallier pour la commune de Le Pont-De-Beauvoisin ;
- les observations de Me Perdrix pour Mme A D.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, Mme B E et Mme C E ainsi que la commune de Le Pont-De-Beauvoisin demandent la levée de la suspension du permis de construire délivré par le maire de Le Pont-De-Beauvoisin le 24 juillet 2023 et de la décision du 16 octobre 2023 portant rejet du recours gracieux, qui avait été décidée par l'ordonnance n°2402816 du 23 mai 2024 en se prévalant du permis de construire modificatif délivré à Mme B E et Mme C E le 21 août 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
3. Lorsque le juge des référés a ordonné la suspension de l'exécution d'un permis de construire sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative en relevant l'existence d'un ou plusieurs vices propres à créer un doute sérieux quant à sa légalité et qu'il est ensuite saisi d'une demande tendant à ce qu'il soit mis fin aux effets de cette suspension dans le cadre de la procédure régie par l'article L. 521-4 du même code, au motif qu'un permis modificatif ou une mesure de régularisation, produit dans le cadre de cette nouvelle instance, régularise le ou les vices précédemment relevés, il appartient à ce juge, pour apprécier s'il est possible de lever la suspension du permis ainsi modifié, après avoir mis en cause le requérant ayant initialement saisi le juge du référé suspension, de tenir compte, d'une part, de la portée du permis modificatif ou de la mesure de régularisation sur les vices précédemment relevés et, d'autre part, des vices allégués ou d'ordre public dont le permis modificatif ou la mesure de régularisation serait entaché et qui seraient de nature à y faire obstacle.
4. Aux termes de l'article AU 10 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la hauteur maximale des constructions : " La hauteur des constructions est mesurée à partir du sol existant avant travaux jusqu'au dessus de la sablière ou de l'acrotère (). Dans les secteurs AUd la hauteur des constructions ne peut excéder 6 m sur sablière () ". Aux termes de l'article 10 du règlement du lotissement relatif à la hauteur maximale des constructions : " La hauteur des constructions est mesurée à partir du sol existant avant travaux jusqu'au dessus de la sablière ou de l'acrotère. La hauteur des constructions ne peut excéder 6 m sur sablière () ".
5. Il résulte des motifs de l'ordonnance n°2402816 du 23 mai 2024 que la juge des référés a retenu le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article AU 10 du règlement du plan local d'urbanisme et 10 du règlement du lotissement comme de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire délivré le 24 juillet 2023.
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que les pièces du permis de construire modificatif, en particulier de la pièce PCMI5 " Façades " que la hauteur de la construction entre le sol existant avant travaux et la sablière n'excède pas 6 mètres. Dès lors, le moyen tiré de ce que le permis de construire délivré le 24 juillet 2023 méconnaît l'article AU 10 du règlement du plan local d'urbanisme et 10 du règlement du lotissement n'apparait plus de nature à justifier la suspension de l'exécution de ce permis et de la décision du 16 octobre 2023 rejetant le recours gracieux de Mme A D.
7. En second lieu, pour soutenir qu'il n'y a pas lieu de mettre fin à la suspension de l'exécution du permis de construire du 24 juillet 2023 et de la décision du 16 octobre 2023 rejetant son recours gracieux, Mme A D soutient que le permis de construire délivré le 21 août 2024 ne constitue pas un permis de de construire modificatif et méconnaît l'article AU 10 du règlement du plan local d'urbanisme et 10 du règlement du lotissement dès lors que les plans de façade est et ouest ne contiennent toujours pas de côtes de hauteur (hors celle allant jusqu'au faitage) alors même qu'il s'agit des parties du projet où le terrain naturel est le plus bas et que les plans du permis de construire modificatif ne sont pas à l'échelle ce qui empêche de vérifier les cotes de hauteur.
8. Aucun de ces moyens n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire modificatif délivré le 21 août 2024.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B E et Mme C E ainsi que la commune de Le Pont-De-Beauvoisin sont fondées à demander qu'il soit mis fin à la suspension de l'exécution du permis de construire délivré le 24 juillet 2023 et de la décision du 16 octobre 2023 rejetant le recours gracieux de Mme A D.
Sur les frais de procès :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accueillir les conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er :Il est mis fin à la suspension de l'exécution du permis de construire délivré le le 24 juillet 2023 et de la décision du 16 octobre 2023 rejetant le recours gracieux de Mme A D.
Article 2 :Les conclusions des parties tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme B E, à Mme C E, à la commune de Le Pont de Beauvoisin et à Mme A D.
Fait à Grenoble, le 7 octobre 2024.
La juge des référés,
A. Bedelet
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2407176
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026