vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407276 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SARL ARCHYS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, l'EURL Ambulance Sesame, représentée par Me Belaiche, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 9 août 2024 par lequel la directrice générale de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes a retiré définitivement l'agrément délivré à M. B E et Mme C A, en qualité de gérants de l'EURL Ambulance Sesame, pour effectuer des transports sanitaires terrestres ;
2°) de condamner l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes au versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- eu égard aux conséquences économiques et financières de l'arrêté contesté pour elle-même et pour ses salariés, la condition d'urgence est remplie ;
- l'arrêté en litige porte une atteinte grave à la liberté fondamentale d'entreprendre ;
- l'atteinte est manifestement illégale dès lors que la matérialité de certains manquements qui lui sont reprochés n'est pas établie, que l'arrêté en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et que la mesure prise à son encontre est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, représentée par Me Francia, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de l'EURL Ambulance Sesame à lui verser une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'urgence n'est pas caractérisée ;
- l'arrêté attaqué ne porte pas une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bedelet, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 26 septembre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme Bedelet, juge des référés ;
- les observations de Me Belaiche et de M. D A pour l'EURL Ambulance Sesame;
- les observations de Me Francia pour l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". La possibilité pour le juge des référés d'utiliser les pouvoirs particuliers prévus par l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonnée notamment à la condition qu'une atteinte grave et manifestement illégale ait été portée à une liberté fondamentale.
2. Si la liberté d'entreprendre est une liberté fondamentale, cette liberté s'entend de celle d'exercer une activité économique dans le respect de la législation et de la réglementation en vigueur et conformément aux prescriptions qui lui sont légalement imposées, tout spécialement lorsqu'elles poursuivent une exigence aussi impérieuse que la protection de la santé publique. Il en résulte que l'arrêté par lequel la directrice générale de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes a retiré définitivement l'agrément délivré à M. B E et Mme C A, en qualité de gérants de l'EURL Ambulance Sesame, pour effectuer des transports sanitaires terrestres, en raison de la méconnaissance de la réglementation applicable aux ambulances, d'un évènement indésirable grave associé aux soins survenu dans le cadre de la garde ambulancière le 2 mars 2024 et des délais de prise en charge des patients pendant la garde ambulancière, n'est pas de nature, en l'absence de circonstances particulières, qui n'apparaissent pas en l'espèce, à constituer une atteinte grave à une liberté fondamentale. Il s'ensuit, et sans qu'il soit besoin de rechercher si les autres conditions mises à l'application de l'article L 521-2 du code de justice administrative sont ou non remplies que les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 août 2024 doivent être rejetées.
3. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par l'EURL Ambulance Sesame doivent dès lors être rejetées.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes tendant à la condamnation de l'EURL Ambulance Sesame à ce même titre.
O R D O N N E
Article 1er :La requête de l'EURL Ambulance Sesame est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à l'EURL Ambulance Sesame, à l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes et au ministre de la santé et de l'accès aux soins.
Fait à Grenoble, le 27 septembre 2024.
La juge des référés,
A. Bedelet
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2407276
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026