Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407314

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407314
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Avocat requérantCANS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, saisi par M. A sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a constaté l'inexécution par le préfet de l'Isère d'une précédente ordonnance du 31 juillet 2024 lui enjoignant de réexaminer la demande de regroupement familial du requérant. Pour assurer l'exécution de cette injonction, le juge des référés a assorti celle-ci d'une astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter d'un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de la décision. L'État a également été condamné à verser 1 000 euros à M. A au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Cans, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa demande de regroupement familial dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui n'a pas produit de mémoire.

Vu :

- l'ordonnance du juge des référés n° 2405264 du 31 juillet 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Coutarel pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 octobre 2024, tenue en présence de Mme Zanon, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Coutarel, juge des référés ;

- et les observations de Me Cans, pour M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par l'article 2 de l'ordonnance n° 2405264 du 31 juillet 2024, la juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a enjoint au préfet de l'Isère de réexaminer la demande de regroupement familial de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de cette ordonnance.

2. Cette demande n'ayant pas été réexaminée à ce jour, malgré une demande adressée le 24 septembre 2024 par le conseil du requérant au préfet de l'Isère, M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assortir l'injonction prononcée dans l'ordonnance du 31 juillet 2024 d'une astreinte de 500 euros par jour de retard en vue d'en assurer l'exécution.

3. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. "

4. D'une part, si, eu égard à leur caractère provisoire, les décisions du juge des référés n'ont pas, au principal, l'autorité de la chose jugée, elles sont néanmoins, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires.

5. D'autre part, si l'exécution d'une ordonnance prononçant la suspension d'une décision administrative sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure de suspension demeurée sans effet par une injonction et une astreinte destinée à en assurer l'exécution.

6. En l'état de l'instruction, l'article 2 de l'ordonnance du 31 juillet 2024 n'ayant pas été exécuté par le préfet de l'Isère et ce dernier n'ayant pas déposé de mémoire en défense et n'étant ni présent ni représenté, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance.

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet de l'Isère de réexaminer la demande de regroupement familial présentée par M. A dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 7 octobre 2024.

La juge des référés,

A. COUTAREL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.