mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407359 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LE COQ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Le Coq, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 13 juillet 2024 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer :
- une carte de séjour pluriannuelle " vie privée et familiale " dans les deux mois et dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler
- ou une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, d'adopter une décision explicite sur sa demande de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
5°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; elle est présumée en matière de refus de renouvellement de titre de séjour ; il n'a plus de revenu depuis la date à laquelle son contrat de travail a pris fin en raison de l'impossibilité d'obtenir le renouvellement de son titre de séjour ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
o elle méconnaît les articles L. 423-7 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
o elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
* les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2407361, enregistrée le 26 septembre 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant , signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 7 octobre 2024 à 11 heures 15.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, juge des référés
- et les observations de Me Le Coq, représentant M. B.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né en 1995, expose qu'il est entré en France en 2020, où il s'est marié, en février 2022, avec une ressortissante française et où il est devenu parent d'un enfant français le 8 janvier 2023. Il a déposé le 22 février 2024 à la préfecture de l'Isère une demande le renouvellement de son certificat de résidence algérien dont la validité d'un an expirait le 27 avril 2024. Aucun document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et de son droit au travail sur le territoire français ne lui a toutefois été remis. Il demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de son titre de séjour née du silence gardé par le préfet sur celle-ci.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. La condition d'urgence qui justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif est remplie lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.
5. Il n'est pas contesté que M. B a déposé sa demande renouvellement de son titre de séjour dans les délais requis et aucune pièce du dossier ne permet d'établir qu'il dispose à la date de la présente ordonnance d'un document lui permettant de justifier de son droit au séjour et au travail sur le territoire français.
6. Le préfet de l'Isère, qui n'a produit aucun mémoire en défense ni ne s'est présenté à l'audience, ne fait valoir aucun élément de nature à renverser la présomption d'urgence qui concerne la situation de M. B. Il n'est au demeurant pas contesté que M. B a perdu son emploi faute de disposer d'un document lui permettant de justifier de son droit au séjour et au travail en France. Dès lors, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est en l'espèce remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
7. M. B expose sans être contredit qu'il est marié avec une ressortissante française, qu'il a toujours travaillé depuis son entrée en France, qu'il est parent d'un enfant français dont il contribue à l'éducation depuis sa naissance. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est en l'état de l'instruction propre à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse.
8. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative sont satisfaites. Il y a lieu, par suite, de suspendre l'exécution de la décision du préfet de l'Isère refusant implicitement à M. B le renouvellement de son titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué au fond.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes de l'article L. 911-1 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
10. En vertu des dispositions précitées, il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des obligations provisoires qui en découlent pour l'administration.
11. Il ne ressort pas des pièces du dossier, ni n'est soutenu, que M. B a demandé le bénéfice d'un certificat de résidence valable dix ans, la suspension de la décision litigieuse n'implique pas dès lors qu'un tel certificat de résidence lui soit délivré. Les conclusions de M. B tendant à ce que lui soit délivré un certificat de résidence de dix ans doivent dès lors être rejetées.
12. La suspension de la décision litigieuse implique seulement que le préfet de l'Isère délivre, à titre provisoire un titre de séjour valable un an. Il y a lieu de prescrire l'exécution de cette mesure dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
13. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction, d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
14. Il y a lieu, sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à Me Le Coq, avocate de M. B, en application des dispositions de l'article de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions relatives aux les dépens :
15. En l'absence de dépens dans cette instance, les conclusions de M. B tendant à la condamnation de l'Etat au paiement des dépens ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :L'exécution de la décision implicite de rejet de la demande renouvellement de son titre de séjour née du silence gardé par le préfet de l'Isère sur celle-ci est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à M. B, à titre provisoire un titre de séjour valable un an un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 :L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me Le Coq en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur, et à Me Le Coq.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère
Fait à Grenoble, le 8 octobre 2024.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24073592
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026