LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2407372

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407372

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407372
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET BASTILLE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, l'association " Ligue pour la Protection des Oiseaux Auvergne-Rhône-Alpes " (LPO AuRA), représentée par Me Posak, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de la Drôme a ouvert la chasse au tétras-lyre et au lièvre variable pour la campagne 2024-2025 ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

L'association soutient que :

L'urgence est caractérisée car la décision litigieuse autorise le prélèvement d'espèces sauvages très vulnérables et en déclin ; que la période de chasse est en cours ;

Les moyens de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision sont :

- le vice de procédure en l'absence de publicité quant à la consultation du public et en ce que la notice d'information alors fournie n'évoquait pas les espèces en cause et ne fournissait pas le compte-rendu de la réunion de la CDCFS et était, dès lors, insuffisante ;

- la méconnaissance des articles R. 424-5 et R. 424-6 du code de l'environnement dès lors que les membres de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) n'ont reçu aucune pièce utile sur les deux espèces en litige avant de se prononcer ;

- la méconnaissance de la directive 2009/147/CE du 30 novembre 2009 relative à la conservation des oiseaux sauvages et de leurs habitats dès lors que le tétras-lyre et le lièvre variable sont des espèces en déclin dans la Drôme.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 10 octobre 2024, la fédération départementale des chasseurs de la Drôme, représentée par le cabinet Bastille Avocats conclut au rejet de la requête.

La fédération fait valoir que :

- son intervention est recevable ;

- l'urgence n'est pas caractérisée faute d'avoir contesté l'arrêté du 27 juin 2024, dès lors que cette chasse au tétras-lyre est très encadrée et brève, que cette espèce n'est pas classée comme menacée par l'UICN ; que la chasse au lièvre comme au tétras-lyre est peu pratiquée et brève ;

- aucun des moyens n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que l'urgence n'est pas caractérisée et qu'aucun des moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 2 septembre 2024 sous le numéro 2406603 par laquelle l'association LPO AuRA demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la directive 2009/147/CE du parlement européen et du conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Morand, greffier d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Posak, représentant l'association LPO AuRA ;

- les observations de Me Bonzy, représentant la fédération départementale des chasseurs de la Drôme

- les observations de Mme A, représentant le préfet de la Drôme.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 27 juin 2024, le préfet de la Drôme a fixé du 15 septembre au 11 novembre 2024 la période de chasse au tétras-lyre et au lièvre variable pour la campagne 2024-2025 et rappelé que cette chasse est conditionnée à la détention d'un plan de chasse individuel pour le tétras-lyre et à un prélèvement maximum autorisé limité par chasseur à trois lièvres par an et un lièvre par jour.

Sur l'intervention de la fédération départementale des chasseurs de la Drôme :

2. La fédération départementale des chasseurs de la Drôme, eu égard à son objet statutaire et à la nature de l'arrêté en litige, a intérêt au maintien de cet arrêté. Par suite, son intervention en défense doit être admise.

Sur les conclusions en suspension :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

4. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

En ce qui concerne le lièvre variable

S'agissant de l'urgence

5. Au soutien de l'urgence, la LPO AuRa fait valoir que l'arrêté litigieux autorise la chasse du 15 septembre au 11 novembre 2024 du lièvre variable (Lepus timidus), alors que l'espèce est en déclin. L'association requérante justifie que l'espèce est classée comme " quasi-menacée " sur la liste rouge des mammifères continentaux de France métropolitaine, caractérisant des espèces proches du seuil des espèces menacées ou qui pourraient être menacées si des mesures de conservation spécifiques n'étaient pas prises. Il ressort de la consultation de sites internet en libre accès que l'espèce est classée comme " vulnérable " sur la liste rouge des vertébrés terrestres d'Auvergne-Rhône-Alpes. Au vu de cet état de conservation, dès lors que la période de chasse est en cours et que la destruction est irréversible, l'exécution de l'arrêté en litige porte une atteinte grave et immédiate aux intérêts que l'association LPO AuRa s'est donnée pour objectif de défendre, sans que la fédération des chasseurs puisse se prévaloir du délai d'introduction de la présente requête. Par suite, la condition d'urgence, prévue par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est remplie.

S'agissant du moyen de nature à créer un doute sérieux :

6. Aux termes de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement dispose : " I. Le présent article définit les conditions et limites dans lesquelles le principe de participation du public, prévu à l'article 7 de la Charte de l'environnement, est applicable aux décisions, autres que les décisions individuelles, des autorités publiques ayant une incidence sur l'environnement lorsque celles-ci ne sont pas soumises, par les dispositions législatives qui leur sont applicables, à une procédure particulière organisant la participation du public à leur élaboration. () / II. Sous réserve des dispositions de l'article L. 123-19-6, le projet d'une décision mentionnée au I, accompagné d'une note de présentation précisant notamment le contexte et les objectifs de ce projet, est mis à disposition du public par voie électronique et, sur demande présentée dans des conditions prévues par décret, mis en consultation sur support papier dans les préfectures et les sous-préfectures en ce qui concerne les décisions des autorités de l'Etat () ". Il résulte de ces dispositions que la personne publique concernée doit mettre à la disposition du public des éléments suffisants pour que la consultation du public organisée, en vertu de ces dispositions, sur un projet ayant une incidence sur l'environnement, puisse avoir lieu utilement.

7. La note de présentation accompagnant le projet d'arrêté litigieux soumis à consultation du public, ne comporte aucune information sur la population du lièvre variable dans le département de la Drôme et son état de conservation. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté litigieux en ce qu'il fixe les périodes d'ouverture et de clôture de la chasse au lièvre variable.

S'agissant du tétras-lyre :

8. En l'état de l'instruction, aucun des moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse.

9. Il résulte de tout ce qui précède que l'exécution de l'arrêté en litige doit être suspendue en tant seulement qu'il permet de prélever des lièvres variables.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

10. Il y a lieu de condamner l'Etat à verser à l'association LPO AuRa une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'intervention de la fédération départementale des chasseurs de la Drôme est admise.

Article 2 : L'exécution de l'arrêté du 27 juin 2024 du préfet de la Drôme est suspendue en tant seulement qu'il autorise le prélèvement de lièvres variables.

Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à l'association LPO AuRa au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée l'association LPO AuRA et au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.

Copie en sera adressée au préfet de la Drôme.

Fait à Grenoble, le 25 octobre 2024.

La juge des référés,Le greffier,

A. BG. MORAND

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions