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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2407374

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407374

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407374
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET BASTILLE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, l'association " Ligue pour la Protection des Oiseaux Auvergne-Rhône-Alpes " (LPO AuRA), représentée par Me Posak, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions par lesquelles la présidente de la fédération départementale des chasseurs de la Drôme a attribué trois plans de chasse individuels autorisant le prélèvement de trois tétras-lyres, pour la campagne 2024-2025, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de la fédération départementale des chasseurs de la Drôme une somme de 850 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

L'association soutient que :

L'urgence est caractérisée car les décisions litigieuses portent atteinte à la conservation du tétras-lyre espèce en forte régression ; qu'elles remettent en cause les intérêts défendus par l'association ;

Les moyens de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité des décisions sont

- les décisions litigieuses ne mentionnent pas le nom et la qualité de l'auteur de la décision, ne sont pas signées et ne sont pas datées ;

- la méconnaissance de la directive 2009/147/CE du 30 novembre 2009 relative à la conservation des oiseaux sauvages et de leurs habitats, notamment les articles 2 et 7 et des articles L. 420-1 et L. 425-6 du code de l'environnement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2024, la fédération départementale des chasseurs de la Drôme, représentée par le cabinet Bastille Avocats conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association LPO AuRA la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence de recours administratif préalable obligatoire ;

- la requête est irrecevable est irrecevable faute pour l'association requérante de distinguer entre les différentes décisions individuelles prises par le président de la fédération départementale des chasseurs et de démontrer que chacune est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'urgence n'est pas caractérisée et aucun des moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité des décisions.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 18 septembre 2024 sous le n°2407118 par laquelle l'association LPO AuRA demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Morand, greffier d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Posak, représentant l'association LPO AuRA ;

- les observations de Me Bonzy, représentant la fédération départementale des chasseurs de la Drôme.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par des arrêtés du 27 juin et 28 juin 2024, le préfet de la Drôme a fixé l'ouverture et la clôture de la chasse au tétras-lyre du 15 septembre au 11 novembre 2024 et a fixé le prélèvement maximum autorisé au titre du plan de chasse annuel pour l'espèce tétras-lyre. Le 12 septembre 2024, le président de la fédération départementale des chasseurs de la Drôme a attribué trois prélèvements de tétras-lyre. Par la présente requête, la LPO AurA demande au juge des référés la suspension de l'exécution de ces plans de chasse individuels.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. En l'état de l'instruction, notamment au regard de l'indice de reproduction de 1,5 jeunes par poule à l'échelle de la région bioclimatique " Préalpes et dépression intra-alpine du nord - zone de transition " et de la stabilité de cet indice au regard de l'année précédente, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige.

4. Par suite et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir ou sur l'urgence, les conclusions en suspension ne peuvent qu'être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées par l'association requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la fédération départementale de chasse au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la LPO AuRa est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée l'association LPO AuRA, à la fédération départementale des chasseurs de la Drôme et au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.

Copie en sera adressée au préfet de la Drôme.

Fait à Grenoble, le 25 octobre 2024.

La juge des référés,Le greffier,

A. AG. Morand

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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