Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407379

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407379
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Avocat requérantSARL NOVAS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi par M. B d'une demande de liquidation de l'astreinte prononcée le 27 août 2024 à l'encontre du préfet de l'Isère pour inexécution d'une précédente injonction d'organiser un rendez-vous. Le tribunal a rejeté la demande, estimant que l'injonction avait été exécutée dès le lendemain de l'ordonnance ayant fixé l'astreinte, rendant celle-ci sans objet. Il a précisé que le refus d'enregistrement de la demande lors du rendez-vous constituait un litige distinct, déjà traité par ailleurs. La décision est fondée sur l'article L. 911-7 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 25 juin 2024, rendue sous le n° 2403632, la juge des référés a notamment enjoint au préfet de l'Isère de donner à M. B, sous trois jours, un rendez-vous, qui aura lieu dans un délai de quinze jours, afin qu'il puisse faire enregistrer sa demande.

Par une ordonnance du 27 août 2024, rendue sous le n° 2405764, la juge des référés a notamment assorti sa précédente injonction d'une astreinte de 200 euros par jour de retard si le préfet de l'Isère ne justifiait pas avoir exécuté l'ordonnance n°2403632 du 25 juin 2024.

Par une demande enregistrée le 13 septembre 2024, M. A B, représenté par la Sarl Novas Avocats, demande au tribunal de liquider l'astreinte fixée dans l'ordonnance n° 2405764 du 27 août 2024 et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au titre des frais de procès.

Il fait valoir qu'il a été convoqué en préfecture le 28 août 2024 mais qu'il s'est vu opposer un refus d'enregistrement illégal.

Vu les autres pièces du dossier.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 8 octobre 2024 à 14 heures 15, tenue en présence de Mme Bonino, greffière, Mme Triolet a lu son rapport et entendu les observations de Me Combes, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".

2. Il résulte des explications données par le requérant dans sa demande que l'injonction tendant à l'octroi d'un rendez-vous a été exécutée dès le lendemain de l'ordonnance du 27 août 2024. Par suite, l'ordonnance du 25 juin 2024 a été exécutée, sans qu'il y ait lieu de liquider l'astreinte prononcée le 27 août 2024.

3. Le fait que M. B n'a pas pu faire enregistrer sa demande lors de ce rendez-vous relève d'un litige distinct et au demeurant la juge des référés a suspendu l'exécution du refus alors opposé.

4. La demande de liquidation d'astreinte présentée par M. B est rejetée, de même que ses conclusions au titre des frais de procès.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte prononcée à l'encontre du préfet de l'Isère.

Article 2 : Les conclusions au titre des frais de procès sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère

Fait à Grenoble, le 9 octobre 2024.

La juge des référés,

A. Triolet

La greffière,

J. Bonino

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.